ÉPOQUES. RARETÉ DE SES TABLEAUX SIGNES. — INFLUENCES DE RUYSDAEL
DE HUYSMANS DE MAL1NES, DE DEMARNE, PUIS DE REMBRANDT. — LA RÉFORME DE L’ART EN FRANCE ET EN ANGLETERRE. — CARACTÈRES PROPRES DES TROIS ÉPOQUES DE MICHEL.
n’avons rencontré qu’une seule peinture portant la signature de G. Michel, et jamais il ne nous est arrivé de surprendre une date ou un document précis qui pût déterminer nettement l’époque exacte où Michel a exécuté un travail.
Si le récit de sa veuve, à propos de l’indifférence de Michel sur le signalement de ses peintures, n’est pas aussi exactement réel qu’on pourrait le penser, il n’en est pas moins vrai que la marque matérielle distinctive de son œuvre, la signature et la date sont, à peu de chose près, toujours absentes, et lorsqu'il s’agit de fixer l’époque de son travail, on est obligé de se livrer à un examen de comparaison qui nous laisse souvent dans un vague fort difficile à éclairer.
Michel ne portait pas en lui cette satisfaction de l’école
es phases des travaux de Michel, ses diverses manières de sentir et de peindre, ne sont point difficiles à constater -, mais il est plus malaisé d’en fixer les époques. Car dans le cours de nos recherches, qui datent de plus de trente années, nous
GEO R G E S MICHEL
davidienne qui se complaisait à fournir sur chacune de ses œuvres la fameuse formule : Romœ, ou bien Parisiis , faciebat ou pingebat David, 1 8. . .
11 restait en notre artiste populaire de la bonhomie des vieux « peintiers » français. Il se croyait plutôt un bon ouvrier à la tâche qu’un artiste inspiré.
En présence de cette indigence de documents, essavons toutefois de nous guider au milieu de la prodigieuse quantité de peintures et de dessins qui n’a laissé que la marque de ses labeurs, de ses tentatives et de son talent.
Pour recomposer l’homme, il est important de le retrouver dans les âges divers de sa vie et de voir ses métamorphoses successives. Michel est un exemple frappant et consolant à la fois : il a commencé par être médiocre et plagiaire, ensuite il est devenu plus sérieux-, l’âge mûr l’a fait réfléchir et élargir ses idées, enfin il s’est montré original et passionné dans sa vieillesse, et c’est là qu’il a su déployer tout l’ensemble de ses facultés. Michel n’a été vieux que dans ses premières années-, son grand âge lui a donné la verdeur et la robustesse des vieux chênes. Il a toujours progressé.
Nous pensons que l’œuvre de Michel peut se classer en trois manières ou en trois époques :
La première, l’époque de sa jeunesse ou des Salons nationaux de la République et du premier Empire ;
La seconde, celle des tentatives d’indépendance et des travaux qui semblent donner un précurseur à l’école des paysagistes modernes, temps d’épreuves, de tâtonnements, qu’il est très intéressant d’étudier en lui, parce qu’on y sent le premier cri d’insurrection contre un art qui expirait dans la prétention, la faiblesse et la mauvaise discipline.
La troisième époque est celle où Michel, devenu maître de lui, insouciant plus que jamais du jugement public, fait de l'art pour lui-même et pour lui seul, là où il se livre à tous ses rêves, à ses fantaisies et à ses vertigineux caprices .
C’est l’époque la plus intéressante, car le peintre se trouve