‹ Étude sur Georges MichelChapitre 29 sur 123 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l’ennemie des hommes. Il se trompe parfois, il heurte le bon sens de la logique, il abonde en àpretés jusqu’à les rendre opaques et dures,, il est plus que lourd, plus que profond , il empâte outre mesure ses harmonies, il les maçonne sans raison, il fait des ciels noirs comme de l’encre ou des nuages gris vaguement équilibrés pour l’ensemble du tableau; mais il est toujoure peintre, et ses audaces sont celles d’un œil qui outrepasse sa vision et qui, d’un cœur chaud, s’exalte dans la contemplation des choses sublimes.

C’est dans cette dernière manière surtout que nous aimons Michel, parce que là il est lui, et qu’il y dégage un sentiment très vif du paysage; une symphonie, souvent bornée, il est vrai, mais une symphonie réelle des spectacles pathétiques de la nature.

Nous l’examinerons sur les peintures de ses trois époques, mais nous ne le verrons dans toute sa plénitude qu’avec les œuvres de sa vieillesse; c’est à ce moment qu’heureux de son isolement et confiant dans ses forces, il sut formuler des pages éloquentes au milieu du désert qu’il s’était conquis.

Page 1