‹ Étude sur Georges MichelChapitre 56 sur 123 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

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O mes amis! vivons en bons chrétiens.

C’est le parti, croyez-moi, qu’il faut prendre,

A son devoir il faut enfin se rendre.

Dans mon printemps j’ai hanté des vauriens,

A leurs désirs ils se livraient en proie.

Souvent au bal, jamais dans le saint lieu, Soupant, couchant chez des filles de joie Et se moquant des serviteurs de Dieu.

Qu’arrive-t-il? la mort, la mort fatale,

Au nez camard, à la tranchante faulx.

Vient visiter nos diseurs de bons mots,

La fièvre ardente, à la marche inégale

Fille du Stix, huissière d’Atropos

Porte le trouble en leurs petits cerveaux.

A leur chevet, une garde, un notaire Viennent leur dire, allons, il faut partir.

Où voulez-vous, monsieur, qu’on vous enterre ? Lors, un tardif et foible repentir Sort à regret de leur mourante bouche L’un appelle à son aide Saint Martin L’autre Saint Roch, l’autre Sainte Nitouche On psalmodie, on braille du latin On les asperge, hélas le tout envahi Au pieds du lit se tapit le malin Ouvrant la griffe et lors que l’âme échappe Du corps chétif, au passage il la happe Puis vous la porte au fin fond des enfers Digne séjour de ces esprits pervers.

Après cela, ne peut-on pas se dire ce que madame Standish disait de M. de Beau vau :

« Tant de gens se croient religieux sans l’être, qu’il est permis d’espérer que d’autres le sont sans le savoir. »

Qu’il nous suffise de trouver en Michel un artiste sincère et passionné, un cœur ému et un homme de bonne foi, et que d’autres le soumettent au Jugement des Morts de l’antique Égypte.

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