LART DE L ÉCRIVAIN
iwanc 1. Très rare esl VAuftakl de trois syllabes : er waere \ hiderbe hôvesch unde iviz 2. Lachmarin admet parfois un Auflakl Irisyllabique, afin de rester fidèle à sa théorie du pied de deux syllabes. Mais avec M. Paul, nous croyons que le pied peut se composer d'une Hebung et de deux Senkungen, et nous ne scandons pas comme le veut Lachmann : sie bietent \ sich zuo iuwern vûezen 3, mais sie biétent sich z'imoern vuezéfiy etc. Cette accentuation restreint considérablement le nombre des vers contenant un Auftaki de trois syllabes. A mesure que le rythme devenait plus pur (il ne s'agit ici que de la poésie lyrique;, VAufiakty qui tantôt était absent, tantôt se composait de deux syllabes, s'est réduit à une seule syllabe : Hartmann a observé cette règle dans nombre de vers *.
La fin du vers peut être masculine (stumpf) ou féminine (klingend). Il esl à remarquer que les poètes allemands du moyen âge considèrent comme masculine une fin de vers composée de deux syllabes, dont la première est brève et la seconde contient un e muet : lèse : wése, hàben : iràgen, etc. De même des mots de trois syllabes, dont la première esl brève et dont les deux autres contiennent un e muet : Ilageyxe : degene forment une fin de vers masculine. La rime féminine esl constituée par une syllabe longue suivie d'une syllabe ayant un e muet : hœren : senden. Ces deux syllabes sont chacune en Hebung,
Lachmann pense que Hartmann a fréquemment fait usage du vers acalalectique (c'est-à-dire dans lequel la dernière syllabe est en Senkung : ex. ich engàll es ê' so se' \ re); M. Paul estime qu'il y a là une façon vicieuse de scander, et que le vers de Hartmann est toujours catalectique. Les raisons qu'il donne sont assez fortes pour que nous adoptions son opinion ».
Nous n'entrerons pas dans les détails concernant l'usage des rimes. Dans la poésie épique, elles se suivent, en allemand connue en français, deux à deux, sauf lorsque le poète veut obtenir un effel d'harmonie par la répétition de plusieurs rimes formées par des mots identiques ou de même racine. Hartmann
1. Iv., 2929. — 2. Iv., 3752. — 3. Iv., 2170. — 4. Saran, op. c, p. 33 et ss.— 5. Paul. (irdr. 2\ p. m) ci s.
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s'esl plu quelquefois à ces jeux de rimes. 11 a fait usa^e de la rime grammaticale, consistant dans l'emploi du même mol revêtant des formes grammaticales diflférentes *. Ailleurs, il rime un certain nombre de vers par deux mots semblables 2. 11 est Tun des premiers qui se soient astreints à n'admettre que des rimes pures, souci que n'avait pas encore Veldeke 3.
Quant à Taccent, Hartmann s'est soumis aux règles acceptées avant lui. Comme les bons poètes, il met l'accent sur le ge du participe des verbes étrangers : ér was gézimierét *. 11 faut aussi signaler sa tendance à accentuer les mots étrangers sur la dernière syllabe : Arhh^ Iweirij etc....
Nul, parmi les poètes du temps de Hartmann, ne s'est autant que lui soucié de la pureté du rythme. Il évite d'accumuler les Senkungen autour de la première Ilebung s. Il se garde du choc des consonnes à l'avant-dernière syllabe, lorsqu'elle est en Senknng 6. Il s'est même astreint à certaines règles que les poètes postérieurs n'ont pas observées. Ainsi une Hebung après une syllabe brève contenant un e non accentué, n'est admise par lui que si une Senimng existe au milieu du mot : ufjenemé gevilde, ou si la Senkung suivante est terminée par n 7. H évite encore de se servir à la dernière Senkung du prétérit des verbes de la conjugaison faible en ^— et en c), — dont la voyelle radicale est longue, ne se permettant en cet endroit que le prétérit des verbes dont le radical se termine par une liquide ou par un t, ou par une autre consonne combinée avec / «.
Cependant, il est certaines libertés que Hartmann a prises et qui ont été considérées plus tard comme des fautes. Il n'a pas reculé devant l'affaiblissement de la voyelle à la rime, licence dont il existe des exemples, mais qui parait néanmoins étrange : ich versténes 'J; il a fait rimer Uri('7i avec ich sien to ; il emploie coumie pied entier un mot enclitique ou le second terme de
1. V. Iv., 2005 ft .ss. ; /. Hih-hL, 1785 et ss. ; (Jrég., <)(>7 ci ss. — 2. Grég » 611 et ss. Il a été parlé, do la rinio nihrtrnd plus haut, t'iiap. IV, 5. — 3. V. rnde : rinde^ vcld : shilt, priester : incisfer, otc. . — 4. Kr., 735; v. Pfeiffor, (ienn,, 11, 445 et ss. — 5. Laclim., :iu Itr,, 309. — 6. W'ackern.-Toischer, op. c, p. 37. — 7. Lachni., zu hr., 6575. — 8. Zarncko, Das Nibl., CXXV. — 1». V Lachm., zu ///•., 2]]^. - 10. Iv., 41^4.
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composition d'un mol : in sinesvater lani ^^der allé kûnec Lac -. Enfin, il lui est arrivé parfois de faire rimer une voyelle longue avec une brève 3.
De la poésie lyrique de Hartmann, il n'y a, au point de vue de la versification, rien à dire qui n'ait déjà été signalé. 11 s'est conformé aux lois en usage à son époque *. Comme ses prédécesseurs et contemporains, il a subi l'influence de la poésie provençale et française. 11 a emprunté aux troubadours et aux trouvères, ou bien aux Minnesinger, ses prédécesseurs, l'harmonieux entrelacement et les combinaisons savantes des rimes ^, la tripartition des strophes, la régularité du mètre, etc.... Nous trouvons même chez Hartmann une poésie composée en dactyles de quatre pieds 6. Bien que ce ne soit pas notre poète qui ait introduit ce mètre en Allemagne, puisque déjà Veldeke, Hausen et Johannsdorf en ont fait usage, on peut voir par là une preuve de son souci de varier la forme de ses poèmes.
En résumé, la versification a accompli avec Hartmann de grands progrès. L'allure lourde, saccadée, gênée du vers ancien fait place à un mouvement plus régulier, plus souple, plus doux à l'oreille. La rime a égalemenl gagné à être maniée par cet habile et consciencieux artiste : grâce à lui, elle a acquis une pureté inconnue auparavant.
1. Er., 28&i. — 2. Er., 2904. — 3. Cette négligence se constate aussi chez Wolfram (V. Wiener : French Words in Wolfram von Eschenbach, American Journ. of Philol. 16, n» 3, p. 328 et s.).— 4. Le lecteur français en trouvera l'exposé dans le Walther von der Vogehveide de M. Lange (p. 362 et 88.). — 5. V. M. S. P., 207 : 11, les rimes a b a b c c d e f f d e. -- 6. M. S. F., 215: 14.