Wilmanns, Z. f. d. .1., 14, p. 144 et sa
POÉSIES LVRIOUES. 87
portail à son mailre i ; pour un Iroisième, ce mot a dans le même poème trois significations différentes 2.
Contre celle dernière manière de voir, nous ferons valoir que le clair et précis Hartmann ne peut avoir eu Tinlention d*envelopper sa pensée de façon aussi sublile. 11 se plaît, il est vrai, à jouer avec les mots, mais non sur les mois, et n'a certainement pas voulu abuser le lecteur comme on le prélend.
On a opposé à la seconde interprétation des arguments si convaincants 3, que nous pouvons nous dispenser de nous y arrêter.
Reste la première hypolhèse, qui, le plus aisément et le plus naturellement, résout toutes les difficultés. L'amour divin s'est emparé du poète, qui lui a juré obéissance comme à un véritable suzerain. Il compare ce qu'il a fait pour cet amour avec ce que font les autres Minnesinger, et les engage à l'imiter. Pour lui, il abandonne son pays et franchit les mers; aulremenl, ni Saladin ni son armée ne le détermineraient à quitter la Franconie. 11 souhaite à ses confrères en poésie d'être sous l'influence du même pouvoir. Cette interprétation a de plus pour elle l'analogie de deux poèmes français de Conon de Béthune, que Hartmann a probablement connus. L'un d'eux met en opposition l'amour charnel et l'amour divin :
Dame, lonc temps ai fait vostre servise, La merci Dieu ; c'or n'en ai mais talent :
Si m'est au cors une autre amor emprise Qui me requiert, et allume, et esprent Et me semont ô!amer si haltoment, Que j'el ferai, ne peut être autrement 4,
L'autre, du même auteur, montre une semblable fierté du poète, qui vante son dévouement à la cause sainle :
Bien me déusse targicr De chansons faire et de dis et de chans,
Quant il m'estuet alongnior De la millour de toutes les vaillans.
Et si puis bien faire voire ventance Que je fais plus pov Dieu que nus amans 5.
1. Paul, P. B. B., I, p. 535 et ss. — 2. Saran, op. c, p. 26 et ss. — 3. Grève, op. c, p. 27 et s. — 4. Dinaux : Trouvères artésiens, p. 396. — 5. Dinaux, op. c, p. 398 et s.
Nous ne pouvions nous dispenser d'entrer dans ces détails, quelque minime qu'en paraisse Tintérèt au premier abord. Il fallait rendre à Hartmaim ce qui est à Hartmann. Nous sommes également obligé de jeter un coup d'œil sur les poésies qui lui ont été faussement allribuées, et de donner les raisons pour lesquelles nous les éliminons de son œuvre.
Le poème 212 : 37 — 213 : 28 a paru, à juste titre, suspect à M. Wilmanns *, qui n'a cependant pas osé le déclarer apocryphe. M. Burdach se montre disposé à le refusera Hartmann 2. Ces deux critiques invoquent à peu près les mêmes raisons : exposition ardente qui contraste avec le calme habituel de Hartmann, tournures d'une singulière originalité, enfin idées et locutions qui sont de la poésie populaire, et que réprouve la poésie courtoise. Il est difficile de contester la valeur de ces arguments. M. Saran, qui en a lenlé la réfutation, laisse la question ouverte, tout en penchant pour l'authenticité 3. 11 n'est pas, d'ailleurs, exacl, comme M. Saran Taffirme, que Hartmann soit un contemporain de Hausen, ni qu'il ait écrit ses poésies avant tt90; l'influence de Keinmar sur Hartmann, nous l'avons déjà fait remarquer, prouve que ce dernier n'a commencé à faire œuvre de poète que depuis 1190 environ.
La chanson du messager (214 : 34 — 21S : 13), qui a longtemps été considérée comme une œuvre de Hartmann, lui a été contestée parM. Paul *, qui l'attribue à Walther delà Vogelweide. Les motifs qu'il donne, ainsi que ceux de M. Kauflfmann &, qui partage la même opinion, ont assez do poids pour nous décider à adopter cetle manière de voir. La poésie en question a d'ailleurs peu d'importance (au moins pour ceux qui ne reconnaissent pas dans chaque strophe de Hartmann une allusion à un fait réel). Elle ne se dislingue par aucun trait personnel, et l'auteur, quel qu'il soit, s'est contenté d'imiter un modèle courant en Allemagne 6, et dont une variété se rencontre dans la poésie portugaise t.
1. Z. f. (l. A.f 14, p. 152. — 2. Reimnar und Walther, p. 78. — !î. Saran, (»p. c, p. 77 et ss. — 4. /*. Ji. B., II, p. 173 et ss. — 5. Ivauffmann, op. iv. p. 5 «»t s. — t). Diotni., M. S. F.. 32: 13,;^: 14: Moinloh, M. S. F., 11 : 14;Uemm., 178: 1. — 7. Jcauroy, op. c, p. 107.
Suivant l'exemple de Haupt, la plupart des critiques ont retranché des poésies de Hartmann les strophes, p. 3â0 du M%nnemng$frûhling, Malgré l'avis do Barlsch ^ de M. Bech 2 et de M. Schreyer 3, on admet que Hartmann n'en est pas Fauteur. Elles lui sont reconnues, il est vrai, par deux manuscrits (B et C), mais comme ces deux manuscrits onl puisé à la même source, ils ne comportent qu'un témoignage. Il est incontestable, d'autre part, que certaine exclamation * et certaine idée 5 ne sonl pas dans le Ion ordinaire de Hartmann, qui montre généralement moins de vivacité et plus de retenue en parlant de sa dame.
Hartmann a-t-il chanté dans ses poésies ses propres aventures amoureuses? Gœlhe a donné à son autobiographie le titre « Fiction et vérité : » est-ce fiction, est-ce vérité, est-ce enfin un mélange de fiction et de vérité, comme chez Gœlhe, que nous rencontrons chez Hartmann? Cette question a une haute importance, puisque si l'on admet qu'il ait enveloppé d'une forme poétique les événements de sa vie sentimentale, on trouvera dans les œuvres lyriques un moyen d'établir leur chronologie. 11 suffira, en effet, et c'est là le moyen usité, de grouper les poèmes suivant l'ordre qu'affectent les péripéties d'une liaison réelle : déclaration, allégresse de l'amour exaucé, incidents, rupture.
La plupart des critiques allemands ne paraissent pas avoir douté de la sincérité du poète, ni de la réalité des faits qu'il présente dans ses vers. MM. Wilmanns, Heinzel, Naumann, Schreyer, Grève, Kauffmann ont admis comme certain que les poésies de Hartmann étaient l'expression de choses vécues et, s'en servant comme de documents sûrs, ils ont construit savamment l'édifice de la chronologie de ses poèmes, indiquant l'année, la saison, pour ne pas dire le jour, où telle ou telle strophe a été composée. 11 faut reconnaître que bien qu'ils partent tous du même principe, ils n'arrivent pas à la même
1. Germ., III, p. 484. — 2. Ed. do Hartmann, H, p. 3S et ss. — 3. Schroyer, op. c, p. 31. — 4. Seht des tacte cin heiden niht. — 5. Sine icil mich niht gewern — Das ich ir gelige bi.
00 ÉTUDE SUR HARTMANN n*AUE.
conclusion. Les uns admellenl telles dates, les autres des dates différentes *; les uns ne trouvent qu'une seule liaison dans la vie amoureuse de Hartmann 2, d'autres en découvrent plusieurs ^. Ceci est déjà de nature à nous inspirer quelque inquiétude. Si Hartmann a laissé paraître dans ses poésies un reflet de sa vie réelle, il semblerait qu'on dût aisément distinguer s'il s'adresse à une ou à plusieurs dames, s'il a donné une seule fois son cœur, ou si, amant volage, il a offert son amour en plusieurs endroits. Mais ces difficuUés et ces contradictions ne sont guère capables de déconcerter les partisans de la théorie de la vérilé historique des poésies de Hartmann. Lorsqu'ils sont embarrassés, d'ailleurs, ils recourent à des procédés d'une extrême commodité. Le système de l'un d'eux ne concorde pas avec les chansons de femme : il déclare simplement que ce genre lyrique est dépourvu de fonds réel *. Pourquoi, dira-t-on, celui-là seulement? Un autre est gêné dans sa biographie par une poésie : là, dit-il, le poète s'est livré à un jeu d'imagination : inutile d'y chercher trace de choses vécues &.
Peu nombreux sont les critiques qui ont reconnu la vanité de ces travaux i>. 11 en est cependant qui avouent qu'une extrême circonspection s'impose dans l'emploi des renseignements que nous offrent les poésies pour connaître la vie du poète. M. Lehfeld a renoncé à reconstruire la vie de Hausen d'après ses œuvres lyriques 7. M. Burdach a démontré, au sujet de Reinmar, qu'on s'expose à de graves erreurs en cherchant pour chacune des situations qui se rencontrent dans les poésies une concordance avec la réalité s. < Les chansons des poètes, a dit Haupt, ne sont pas toujours une image fidèle de leur caractère ; la poésie amoureuse du moyen âge se conforme peu à peu à une coutume universellement acceptée et manque fréquemment
1. L'un v:i jusqu'à contostor à Hariinann une poosic, parce quo dans la vie do Hartmann Icllo qu'il l'arrange, il n'y a pas de place pour ces vers. Kauffniann, op. c, p. 7. — 2. Srlirejer, op. c, p. 24 et s.; CVreve, op. c, p. 38; Kauffniann, p. 42 et s.; Bech , hv.«, introd., p. vi et ss. — 3. Wihnanns, /. /*. d. A. y 14, p. 144 et ss.; Hoinzel, / /'. d. .1., 15, p. 125 et ss. — 4. IvaulTniann, op. c , p. 23 et 8s. — 5. Wilmanus, Z. f. d. .1., 14, p. 151. — 6. V. notamment Burdach, .1. f. d. A., 12, p. 103. — 7. I\ li. B., II, p. 363. — 8. lieinmar und Walt fier, p. 27.
d*indivîdualilé K i Apropos deReinmar, \f. Wilmanns (qui a élé plus hardi avec Hartmann) se demande avec inquiétude si Ton est autorisé à voir dans les poésies des Minneiingery dont le principal devoir était de distraire leur entourage, le récit de leurs aventures 2. M. Jeanroy, citant une chanson de l'empereur Frédéric H, constate avec quel scepticisme nous devons accueillir les indications que nous donnent les poètes sur leur vie 3. Pour Hartmann, ceux-là mêmes qui ne pensent pas que ce soit une tentative chimérique de reconstituer la vie en se servant des œuvres ont recommandé la prudence. « Ce n'est, dit M. Bech, que pour un petit nombre de poèmes que nous pouvons déterminer avec certitude s'ils reposent sur une fiction ou s'ils se rapportent à des événements réels de la vie 4. « 11 me paraît dangereux, déclare M. Grève, de voir sous chaque poésie un fait réel ^. »
Il y a lieu, en effet, de se montrer sceptique. Comme le reconnaît Girard de Valenciennes, certains poètes chantent « par usaige. » Gace Brûlé avoue qu'il fait une chanson sur commande «. Morungen aussi nous apprend qu'il en est plus d'un qui feint des émotions qu'il n'éprouve pas ?. Nous savons que l'homme le plus à l'abri des attaques de la passion devait, dès qu'il composait des vers, prétendre que l'amour fait les délices de la vie, sans d'ailleurs en croire un mot ». Les lecteurs ou auditeurs des Minnesingerne s'y trompaient pas : Morungen et Ueinmar laissent deviner que leurs protestations d'amour ne trouvent pas créance auprès du public ^, Reinmar est forcé de déclarer aux incrédules que ce n'est pas en manière de passe- temps qu'il fait des vers to. Pas plus que les contemporains nous n'ajoutons foi à cette affirmation. Nous pensons des Minnesinger ce qu'Ovide disait de lui-même : leurs vers sont loin de ressembler à leur vie, et la plupart de leurs ouvrages ne sont que fictions et men-
1. M. s. F., p. 227 et s. — 2. A. f. d. A., I, p. 153 et s. — 3. Jeanroy, op. c, p. 169. r- •*• K<1- Je Hartmann, III, p. xi. — 5. Op. c, p. 38 et s. — C. Warkern., Altfr. L u. L. p. 10. — 7. Mor., M. S. F.. 132 : 14 et ss. — 8. Tel est le cas de Moniot, poète artésien un peu postérieur à Hartmann. Dinaux : Trouvf^res artésiens, p. 326. - 9. M. S. F., 133 : 21; 197 : 10. — 10. M. S. F., 166 : 11.
songes ingénieux qui ont beaucoup plus dit que lauleur n'eût osé faire ^ Nous avons montré plus haut quelle part de convention, de tradition, d'imagination, entrait dans leurs œuvres. Quelques-uns des troubadours ont réellement aimé et souflfert de leur amour, les Minnesinger paraissent surtout en avoir vécu. Vainement ils essaient de nous apitoyer sur leurs prétendues douleurs : on sent que le métier n'est pas étranger à leur inspiration 2.
Ce qui est hors de doute, c'est qu'ils ont parfois mis leur talent poétique au service d'autrui. Ainsi Reinmar exprime, au nom de Tamante de Léopold d'Autriche, le chagrin qu'elle éprouva de la mort de ce prince. Soutiendra-l-on qu'ici il épanchait son propre cœur? Dans toutes les chansons de femme le poète simule des émotions qui lui sont étrangères. Quelle garantie avons-nous qu'il n'agit pas de même lorsqu'il prétend parler en son propre nom? On a dit que Hartmann avait composé son /. nuchlein pour obéir à la mode : qui nous assure qu'il n'a pas aussi écrit ses poésies lyriques pour se conformer au bon ton? Ne dit-il pas lui-même que le héros de son Pauvre Henri, entre autres qualités sociales, savait composer des chansons d'amour 3, ce qui prouve qu'il considérait la poésie comme une sorte d'art d'agrément? En admellant même que quelques-unes des œuvres lyriques qui nous sont restées soient des poésios de circonstance, qu'elles soient l'expression de faits réels, qu'elles résultent d'un choc amoureux, qui fera le départ entre celles-là et les autres? Oii cesse la fiction, où conunence la réalité?
11 serait surprenant qu'on puisse trouver dans des poésies sincères les contradictions que nous relevons dans celles de Hartmann. L'apôlre de la constance, celui qui met la fidélité au-dessus de toutes les vertus * et qui a vraisemblablement conformé sa vie à ses maximes, nous apprend d'un ton dégagé que son
1. Cro<l(? niihi, moros distant a carininp nostri; — Vita vorcrunda osi, Mnsa
jocosa, inihi ; — Majrnaquc pars oporuin inondai et lifta ineoruni — Plus
silii permisit ooinpositoro suo {Tristes, liv. Il, 353 ot ss.). — 2. W'ilnianns :
Walfher r. d. T'., p. KiO; Bur<lach : lieinm. u. Walther, p. 1>. — 3. 1». H.,
71. 4. M. s. F.. 2()7 : 35: 212 : 35 ot s.; /. lUichL, 1101» ot ss.
POÉSIES LYRIQUES. Olî
inconstance lui a fait perdre sa dame i.Nous ne le croyons pas. Eût-il été capable de cette légèreté qu'il ne s'en fût pas vanté. Autre contradiction. Dans Tun de ses poèmes, il dit que la femme qu'il aime * depuis qu'il chevauche le bâton » a refusé d'entendre ses aveux 2 ; ailleurs, il affirme que la dame qui, « depuis son enfance, a été sa couronne, » lui a procuré une heure de délices 3. 11 s'agit évidemment de la même femme, Hartmann n'ayant pas aimé simultanément deux dames depuis son enfance. Si les poésies de Hartmann reposaient sur une base réelle, il aurait donc été d'abord éconduit, puis écouté favorablement. Mais la lecture de la .seconde pièce donne l'impression d'une déclaration exaucée dès la première fois qu'elle a été faite.
S'il avait été un amant véritablement épris, nous pensons qu'il aurait laissé percer un Ion plus amer et plus attendri dans les vers où il se plamt d'être repoussé. 11 a servi sa dame pendant de longues années et n'a recueilli que froideur et dédain. On s'attend à une explosion de désespoir et de colère. Rien de tel. 11 souhaite à l'ingrate honneur et bonheur 4, attribue son insuccès à son inexpérience, à sa sottise ^ ; il prendra sa part du bien comme du mal qui seront le lot de la dédaigneuse ^K Est-ce là le langage d'un véritable amant? On objectera que cette réserve était commandée par les mœurs courtoises. Nous voyons cependant d'autres poètes exprimer plus vigoureusement leurs souffrances et Hartmann lui-même montrer une singulière hardiesse dans ses strophes de femme.
Comment expliquer encore que Harhnann, l'homme pieux par excellence, ail, s'il ne nageait en pleine fantaisie, allié si étrangement l'amour et la religion? La poésie dans laquelle il déclare que sa passion a été exaucée constituerait le plus étrange mélange de libertinage et de piété. Sans aller aussi loin que certains commentateurs et prétendre qu'il s'agisse ici des dernières faveurs "7, il faut bien convenir qu'entre le poète et la dame il y a un commerceillicite.il reconnaît en effet qu'il Ta trouvée sans gardien et que c'est grâce à cette circonstance
1. M. s. F., 212 : 5. — 2. M. S. F., 206 : 10 cl ss. — 3. M. S. F., 215 : 24 oi ss. — 4. M. S. F., 207 : 23 ol ss. — 5. M. S. F., 10 et ss. — 0. M. S. F., 2<)7 : 2:3 Cl ss. — 7. Sohrcycr. op. o.. p. 2.S.
6i ÉTUDE SUR HARTMANN D'aUE.
qu'il a pu renlrelenir librement *. C'est donc vraisemblablement une femme mariée. Comment, dès lors, concevoir qu'il ose, à la fin de son poème, la mettre ainsi que son honneur sous la protection de Dieu? Qui croira, de la part de Hartmann, à une telle perversion du sens moral ?
Mais nous avons de Hartmann lui-même deux précieux aveux qui vont nous éclairer sur la foi qu'on doit avoir dans ses déclarations amoureuses. Ses poèmes (ïlvain et de Grégoire ont été, personne ne le conteste, écrits après ses œuvres lyriques. Or, dans Ivain, il reconnaît que l'amour ne l'a jamais touché 2; dans Grégoire, il déclare n'avoir pas encore éprouvé grande joie ni amer chagrin 3. Aurait-il fait ces déclarations si sa jeunesse avait été traversée par les amours sans espoir que son /. Bûchlein et ses chansons nous laissent supposer ?
H suffit d'ailleurs de quelque attention pour voir combien toute cette poésie du Minyiesang repose sur la convention et la tradition, combien elle est en dehors des choses réelles, des mœurs véritables du temps. Cette femme (n'oublions pas qu'il s'agit d'une femme mariée 4), qui annonce que ses amis la mettent en demeure de choisir entre elle et son amant, a-t-elle jamais pu exister ? Est-ce que l'invraisemblance d'une telle situation, où une femme se compromettrait ainsi vis-à-vis du monde et se mettrait, de gaielé de cœur, hors la loi et la société, ne saute pas aux yeux ? Est-ce que ces gardiens, sorte d'eunuques de harem, qui tiennent la femme en chartre privée ♦», sont autre chose qu'un motif poétique, un souvenir des médisants et des maris jaloux de la poésie française? Est-ce que le messager chargé des offres d'amour n'est pas un personnage traditionnel, la dernière incarnation de la confidente des anciennes chansons?Estce que le singulier alliage de morale et d'amour, d'honneur et de séduction qui revient à chaque instant dans le Minnesang n'est pas la chose la moins naturelle, la plus inconcevable ? Est-ce que, enfin, pour ne parler que de Hartmann, l'humble
1. M. S. F., 215 : 14 ot ss. — 2. Dich'n geriiorte nie win tneUtcrschoft, dit Minne au poète, 3(H5. — 3. (îré}^^, 7S1> t't ss. — 4. Wilinanns : Walther r. d. r., p. 161. — 5. Mor., M. S. F., 136 : 25. D'après oo passa|.'o do Morun^ircn, on ^^\rdc jaloiisonioni ]a roiniiK», no lui porniottaut que de rares sorties.
ministérial qu'il était aurait osé, en réalité, dire aux nobles dames, dans la société desquelles il avait Thonneur de vivre, qu'il élait exaspéré de leurs airs dédaigneux et qu'il allait porter ses hommages aux vilaines ^ ?
La plupart des poésies galantes des lUinnesinger ne sont qu'un jeu poétique. Peut-èlre, dans la foule de ces poêles, s'en est-il trouvé qui ont été sérieusement épris, dont le cœur a véritablement saigné el qui ont écrit leurs chansons en versantde vraies larmes. Nous avons nous-méme noté chez Hartmann certains accents émus qui semblent témoigner de la sincérité de l'inspiration. Mais qui peut affirmer que dans ces vers l'auteur ne nous fait pas illusion par une très grande virtuosité? Si même certaines poésies nous exposent des événements vécus, comment tracer la ligne de démarcation entre le vrai et le faux. Témotion jaillie des profondeurs de l'âme et la variation brillante exécutée sur un thème connu? Comment, surtout, se fonder sur des données aussi incertaines pour déterminer l'ordre chronologique d'une série de poésies ?
On a récemment essayé d'un autre moyen pour fixer la date des poèmes de Hartmann. M. Saran, faisant une étude minutieuse du rythme de ces œuvres, a prétendu voir dans l'emploi de YAufiaki « un critère infaillible. M. Vogt 3 a fait justice de ce procédé, qui se présente avec l'air d'une rigueur mathématique et qui n'est, au fond, qu'un Irompe-l'œil *. Nous ne répéterons pas les critiques de M. Vogt : nous les compléterons par une simple réflexion. S'il est vrai que Hartmann se soit, à un moment donné, rendu compte de la nécessité ou simplement du mérite de la régularisation de ÏAuftakt, on peut être assuré qu'il avait assez d'intelligence, de talent et de conscience, qu'il
1. M. S. F., 216 : 29 et ss. — 2. Syllabe ou groupe do syllabes précédant, au débat du vers, la Ilehung ou syllabe accentuée. — 3 Zeistch. f. d. PhiL, 24, p. 238 et ss. — 4. M. Vogt fournit la preuve, par un exemple curieux, de l'incertitude des critères tirés du rythme. Pour le //. Bilchl.^ M. Saran trouve, au point de vue de l'usage de la Senkung (absence de la Senkung entre deux mots différents), un total de 64. M. Vogt en a compté 87. Se fondant sur le résultat obtenu par lui, M. Vogt constate parité entière entre le /. et le //. Bdchl., alors que M. Saran voit une très grande différence entre l'un et l'autre de ces poèmes au point de vue de la versification.
HARTM.\NN. 5
élail assez mailre de la langue pour réaliser dès ce jour ce perfectionnement. Nous devrions nous trouver subitement en présence du poème parfait ou presque, à ce point de vue. 11 est contre tout sens commun de croire que le poète ait graduellement dosé Tamélioration et ajouté un nouveau progrès à chaque nouvelle chanson.
Ni le contenu ni la forme ne nous fournissent donc des éléments certains pour daler les poésies de Hartmann. Il nous faut, jusqu'à nouvel ordre, renoncer à en établir la chronologie.
Nous nous sommes demandé plus haut si Hartmann, dans ses poésies lyriques, avait fait preuve d'originalité. L'analyse de ses poèmes nous a montré qu'il n'en est rien. Nous avons vu qu'il n'a pas su s'affranchir de l'influence de ses devanciers, dont il est resté tributaire aussi bien pour les idées que pour la f;içon dont il les a exprimées.
Nous retrouvons chez lui la mélancolie qui est de rigueur chez les Minnesinger. De ses poésies, une seule célèbre l'amour heureux. Et encore, l'idéal de félicité dont se réjouit l'amant ne semble pas ôlre très élevé. En revanche, toutes les autres, comme le dit le poète, portent la livrée d'hiver. Soit qu'il gémisse de se voir banni du cœur de sa dame *, soit qu'il se fâche de ne pouvoir rompre le joug qui lui pèse 2, soit que, loin de sa beauté, il évoque avec de sombres pressentiments l'accueil qui lui sera fait au retour '^, soit que, désespéré d'un éternel refus, il souhaile fuir la vue de l'inflexible qui lui refuse son amour ^, soit, enfin, qu'il prenne congé de ceux à qui il a voué une inébranlable affeclion 5, le ton de sa poésie est l'affliction. Un crêpe voile sa lyre, et ce ne sont que des accents de deuil qui s'échappent de sa poitrine. S'il est vrai, comme il le dit dans Érec 6, qu'il se plaise à rire, il a réservé sa gaieté pour la vie réelle et pour ses œuvres non lyriques. Que cet élalage de tristesse soit un hommage à la mode régnante, que ce soit un masque em-
1. M. s. F., 205 : 1 et ss. — 2. M. S. F., 207 : 35 et ss. — 3. M. S. F., 212 : 13 et 88. - 4. M. S. F., 213 : 29 et ss. — 5. M. S. F., 21-1 : 12 et ss — t). H., Er., 7514.
prunté, il est impossible d'en douter quand on songe à la sérénité, à rhumour aimable, au ton enjoué de ses autres poèmes.
Avec la mélancolie, le poète a aussi accueilli l'attirail féodal, le costume du Minnesang. Chez lui, comme chez ses devanciers, l'amour a le caractère de vasselage, dont la base est l'idée de service qu'accompagne celle de récompense. Sa dame est sa suzeraine ; il offre son cœur comme on fait hommage d'un fief * , il se rend à discrétion comme s'il avait été vaincu dans un combat chevaleresque 2. Hausen a renouvelé le Minnesang en substituant aux plaintes sur les gardiens et les envieux le motif de la tristesse causée par les refus de la dame : on cherche vainement ce que Hartmann a apporté de nouveau à cette poésie. Aucune de ses œuvres lyriques, ni plaintes d'amour, ni strophes de femme, ni chansons de croisade ne montrent d'innovation. Pour les idées et les motifs poétiques, il suit docilement la voie tracée : il fait apparaître l'inévitable gardien, imite le début traditionnel tiré de la nature, fait, comme il convient, l'éloge de la constance, flétrit consciencieusement l'infidélité, mélange la religion aux préoccupations amoureuses et ne se soucie pas de résoudre la contradiction entre les devoirs de l'honneur et les droits de la passion 3. Quant à la forme, une comparaison entre le style de Hartmann et celui des autres Minnesinger démontre qu'il est absolument sous la dépendance de ses devanciers, et que sa part d'originalité dans la création de nouvelles expressions, de nouvelles images, est fort restreinte *.
H est certains poètes que Hartmann a davantage étudiés et mieux imités, ou avec lesquels son génie poétique a plus d'affinité. De Veldeke il a surtout l'admiration du bon ton, le culte des mœurs courtoises, le ton didactique, le goût des sentences, le plaisir de jouer avec les mots. Comme lui, il connaît l'amour surtout par son côté conventionnel et montre plus de rhétorique que de véritable émotion. Avec Fenis il partage la tendance aux froides réflexions, à la psychologie, à l'étude minutieuse
1. M. s. F., 205 : 6 et s., 205 : 17, 205 : 19, 206 : 17, 207 : 24, 208 : 13, 212 ; ^, V. Lehfeld, P. B. B., II, p. 391 et ss., sur l'idée de service dans le Minnesang, — 2. M. S. F.. 212 : 5 et ss. — 3. Wilmanns. Walther, p. 162. — 4. V. appendice II.
08 ÉTUDR SUR HARTMANN n*AUE.
des sentiments. La douleur d'aimer celle qui no Taime pas et de ne pouvoir lui être inconstant, motif essentiel de la poésie do Fenis, est aussi le thème fondamental de celle de Hartmann. L'un comme l'autre souffrent davantage près de l'aimée que loin d'elle, admirent passionnément ses vertus, font dépendre d'elles toutes leurs joies et se repaissent de l'espoir d'être enfin exaucés. A Hausen Hartmann a emprunté quelques pensées *, mais il n'a pu s'approprier le mâle talent ni la forme personneUe de ce vigoureux poète. C'est Reinmar surtout qui est le modèle favori de Hartmann. Nous comprenons aisément les motifs de cette préférence. Le poète alsacien est aussi un psychologue. Il se plail à décomposer sa douleur, à disséquer sa mélancolie, à analyser les effets de l'amour. Il ne se laisse pas prendre par le charme de la vie extérieure, mais démêle avec soin les mouvements les plus subtils de son âme. Fréquentes sont chez lui les réflexions, multiples les manifestations d'un sentiment. Cependant Reinmar est plus véritablement poète que Hartmann. Il a plus de vigueur dans la pensée, de relief dans l'expression, de profondeur dans l'émotion. On se rendra compte de la grande distance qui sépare l'élève du mailre en comparant de l'un et de l'autre une poésie où tous deux traitent un sujet identique : regrets que cause à la femme la mort de l'amant 2. Autant celle de Reinmar est émue, simple, naturelle, autant celle de Hartmann est froide, maniérée, alourdie par les sentences et réflexions.
Si on le compare aux autres Minnesinger, on trouvera d'ailleurs que Hartmann est loin d'occuper dans la poésie lyrique la haute place à laquelle l'ont élevé ses poèmes épiques.
Parmi ses prédécesseurs, il en est qui ont su faire de leurs poésies de petits tableaux où la pensée se déguise en un gracieux apologue. Tel Dietmar d'Eist montrant une femme qui attend son amant, seule sur la bruyère et portant envie au faucon, libre de choisir dans la forêt l'arbre où il reposera ^. Tel encore
1. Ilauscn, 54 : 1 et ss. ; Hartm , 216 : 1 ot ss. V. aussi appendice II. — 2. Reiiim., 167 : 31 cl ss., Hartm , 217 : 14 et ss. — 3. M. S. F., 37 : 4 et ss.
POÉSIES LYRIQUES. fiO
le même Dielmar Irouvanl, longtemps avant Shakespeare, le duo de Homéo et Juliette sur le balcon : < Dors-tu^ ami? un gentil petit oiseau s*est envolé dans les branches du tilleul et vient, hélas! de nous réveiller K • Tel, enfin, Kùrenberc, qui fait d'un faucon Temblème de Tinfidélilé -. La dame Ta élevé plus d'un an. 11 s'est enfui. Quand sa maîtresse l'a revu, il portait au pied un ruban de soie rouge 3. il en est qui ont peint leurs maux, réels ou imaginaires, avec une énergie pleine d'éclat, comme Hausen, qui lance les plus ardentes imprécations contre la Minne * ; ou avec délicatesse, comme Morungen, qui affirme être né pour sa dame et non pour autre chose î>; ou enfin avec une plaisante originalité, comme Ilorheim , qui fait, d'une façon pleine d'humour, contraster ce qu'il voudrait être et ce qu'il est 6. Plusieurs ont essayé de plaire par l'étalage de leur érudition. Gulenburg cite les amants auxquels il se compare, mêlant Alexandre et la dame de la Roche-Bise, Turnus et Lavinie, Floir et Blancheflore. Ilorheim et Veldeke rappellent la poétique histoire de Tristan et Iseull 7. Morungen cite la mythologie, comparant l'aimée à Vénus s, et fait allusion à la légende de Narcisse 9. D'autres se distinguent par une remarquable virtuosité de versificateurs, usant des rimes dans le corps des vers, comme Rugge ou Horheim, ou accumulant les rimes identiques, comme Gulenburg et Morungen. D'autres, enfin, ont rencontré de gracieuses images ou des tours inattendus. Sous le regard ardent de l'aimée, Gulenburg rougit tel qu'un arbre couvert de rosée qui s'embrase aux feux du soleil ^^. Le même poète demande à sa dame un sauf-conduit qui le protégera contre le tourment d'amour <*. Si on ouvrait le cœur de Morungen, on y verrait l'image de sa dame <-. C'est Morungen également qui se plaint que sa dame, sans provocation, ravage son cœur comme un brigand dévaste le terrain d autrui t\ Reinmar
1. M. S. F.. 39 : 18 el m. — 2. Sur la «i;rDiti'*aTion du faa'-on dan^ ranri<^nne poésie. V. Scherer : hrut^chr SfudUn. H. p 4. — 3. M. .>. F.. »< : 33 «ri «!•!. — 4. M. S. F., 53 : » ei m. — 5. M. S. F., 1^ : 32 *ri •. — t, M. s, F., 113 ; 1 et s». — 7. M. S. F., 112 : 1, 58 : 35. - 8 M. S. F . i:tS : :«. — '.*. M. S. F., 145 : 22 el m. Peui-^ire Morao^'eo lî'a-t-îl fait ^jut tra^luire *<-: un ver< «la poeie provençal qail a imite. — \*\ M. >. F., '/• : 11^^:1 **. — 11 M. S F.. 74 : 6ei «. — 12. M. S. F . 127 : 4 ^t -jj. — 13, M. >. F . i:>« . :* ^r. ...
suppose qu'il a ravi un baiser à sa dame, et que celle-ci est irritée de son audace. Que faire? Il le remettra de son mieux là où il Ta pris ^ . Le même Reinmar, à la pensée qu'il sera aimé, sent son cœur bondir dans sa poitrine, comme le faucon prenant son vol, ou Taigle s'élançant dans les airs î.
Hartmann n'a pas de ces heureuses trouvailles. Les comparaisons avec le monde exlérieur font presque complètement défaut dans ses œuvres lyriques. Ni l'aigle, ni le faucon, ni le doux rossignol, ni le merle joyeux, ni la rose humide de rosée, ni le tilleul verdoyant ne paraissent dans ses vers. Ce qui Ta intéressé, c'est la vie intérieure, l'étude des sentiments, des émotions. Il a porté ses regards sur l'àme humaine, en a analysé les mouvements, scruté les replis. Sa connaissance du cœur se révèle dans les considérations dont il accompagne la relation d'un fait, dans les remarques qui suivent Texposilion d'une situation, dans les sentences dont il émaille ses vers et qu'il fait parfois suivre d'une réfulalion. Un exemple mettra en lumière sa tendance à la réflexion. Eloigné de l'amante, il songe aux joies du retour, donnée féconde s'il en fut de la poésie amoureuse. On s'atlend à une vive peinture, à des effusions de tendresse, à des proleslations passionnées, à l'impatient souhait de la réunion 3. Au lieu de cela, Hartmann se perd dans les labyrinthes d'une laborieuse méditation. • Celui qui voit souvent son ami est contraint de penser à lui : cela ne suffit pas pour prouver une vive affection. Mais moi et maint autre avons été assez longtemps absents pour qu'une femme ait l'occasion de nous montrer sa fidélité *. »
La véritable émotion ne s'allie pas avec ce constant effort de psychologue. Aussi fait-elle le plus souvent défaut à Hartmann, Ses poésies, plus que celles des autres Minnesinger, paraissent dépourvues de vérité. Il leur manque l'accent sincère qui, venant du cœur, touche le cœur. Sa tristesse est trop savante, sa joie trop subtile. Il y a chez lui trop d'apprêt, de labeur, pour que nous croyions à un abandon absolu. Pour lui non plus la
1. M. S. F., 159 : 37 cl ks. Celte idée parait être une imitation de Peyrol. V. Raynouard V. — 2. M. S. F., 156 : 10 et ss. — 3. Cpsl ainsi, en effet, que Hausen a traité ce thème : M. S. F., 45 : 1 et ss. — 4. M. S. F., 212 : 21.
poésie n*élait pas une nécessité, mais, comme il en fait Taveu *, une distraction.
Son tempérament, d'ailleurs, n'a rien du grand poète lyrique. L'émotion ne jaillit pas de son âme. Il ne vibre pas au contact des choses. 11 n'a ni l'ardeur du sentiment, ni la délicate sensibilité de l'âme, ni la fougue de la passion. C'est l'homme des situations moyennes, à qui les bonds hardis, les grands élans, les emportements violents sont inconnus. A sa lyre il manque quelques cordes, celles justement qui font le vrai lyiîque. 11 reconnaît lui-même n'avoir jamais éprouvé les transports de la joie ni les angoisses de la douleur. Nous le croyons sans peine. Ni les surexcitations extrêmes de l'âme, ni la faculté de les exprimer, ni le don d'émouvoir, ni celui d'entraîner ne lui ont été départis.
11 n'a pas plus la flamme de la pensée que celle du cœur. 11 ne se laisse pas emporter par son imagination, mais, gardien respectueux des convenances et de la mesure, réprime sévèrement les écarts de la folle du logis. Chez lui, pas de songe léger propice aux délicieuses illusions. Ses nuits ne sont pas hantées comme celles de Morungen, par un fantôme aux formes adorables qui le remplit de bonheur et s'évanouit aux premiers rayons du jour 2. H est impuissant à évoquer devant ses yeux mi-clos la beauté, compagne assidue de ses pensées, à contempler devant une fenêtre la gracieuse apparition baignée dans les rayons du soleil, à suivre la blanche main qui le conduit pardessus les créneaux 3. Jamais, par un mot heureusement choisi, il n'ouvrira à l'esprit ces profondes perspectives qui ravissent chez les poètes de race. Jamais une noie mystérieuse, le coup de baguette magique des vrais enchanteurs, ne vient ouvrir les vastes champs de la rêverie! Esprit clair, précis, méthodique, il fuit le vague, redoute la profondeur et ignore le t beau désordre. » La pénurie de son invention se trahit par les nombreuses répétitions soit d'idées, soit de locutions, soit de mots 4.
1. Iv , 23 et 8s — 2. M. S. F., 48 : 23 et ss. — 3. M. S. F., 138 : 27 et ss. - 4. M S. F., 205 : 10, 205 : 24, 206 : 1, 208 : 17. — 205 : 8, 208 : 8. — 207 : ai, 214 : 5. — 207 : 25, 208 : 4. — 206 : 17, 206 : 2S, 207 : 35, 208 : 32, 211 : 35, 212 : 17, 212 : 29 — 211 : 37, 212 : 5. — 205 : 6, 207 : 4, 209 : 5. — 214 : 12,
Ne disons pas trop de mal de ce bon sens solide, de cet imperturbable sang-froid, de cette mesure constante. Cela Ta sauvé de maints défauts, entre autres de Texagération. On n'a pu dire de ses poésies comme de celles de Gulenburg, qu'elles sont une collection de banales protestations d amour ^ 11 s'est gardé des hyperboles trop fréquentes dans le Minnesang. Si sa poésie est un peu terne, elle est, en revanche, saine; s'il lui manque le sens du mystère, il ne tombe jamais dans l'obscurité; s'il n'est pas capable d'enthousiasmer, il plait par la correction, la grâce et l'harmonie.
217 : 34, 218 : 1. - 206 : 20, 214 : 8, 208 : 8. - 205 : 12, 205 : 24, 206 : 4. — 206 : 33. 207 : 1. — 207 : 34, 217 : 35, 218 : 2. — 209 : 11, 209 : 18. — 209 : 30, 210 : 13. — 1. Burdach : Reinmai^ und Walther, p. 38.