‹ Étude sur Jean CousinChapitre 43 sur 72 · LIBRAIRES (REÇUS, JEAN EN 1581, ET FRANÇOIS EN · texte numérisé non relu

LIBRAIRES (REÇUS, JEAN EN 1581, ET FRANÇOIS EN

Papillon attribue à Jean Cousin les compositions des :

Tableaux accomplis de tous les arts libéraux , contenans brièvement et clerement, par singulière méthode et doctrine, une générale et soumaire partition des dicts arts, amassez et redvits en ordre pour le soulagement et profit de la ieunesse, par Monsieur Christofle de Savigmj, seigneur du dit lieu et de Primeur en Retelois. A Paris , par Jean et François de Gourmont frères, demeurants ruë Sainct-Jean-de-Latran , 1587, avec dix-huit grandes planches et un grand frontispice.

Le privilège est de 1584, ce qui donne lieu de croire qu'il y eut une édition antérieure à celle de 1587.

Le titre représente un grand blason richement décoré, où les armes de Savigny sont surmontées d'une figure de saint Michel archange qui est du plus beau style. Une autre grande planche en bois, in-folio, représente Louis de Gonzague assis, recevant le livre que lui offre Christofle de Savigny.

Au-dessus des armes de Louis de Gonzague de Mantoue

(1) « Excellent petit fleuron de frontispice gravé en bois très-délicatement par « Woeiriot, représentant un petit Amour son flambeau à la main et assis au milieu « d'une espèce d'O, sur une bande en forme d'I mis de travers, où deux serpents « ailés sont entortillés autour de l'O. Au milieu , vers le bas , on y remarque la « petite croix de Lorraine de ce maître. » (Papillon, 1. 1, p. 201-202.)

Guillaume Morel, imprimeur royal pour le grec, exerçait de 1548 à 1564*

on lit : F ides, et au dessous : 0AYMÏ102. Sur la porte par où entre Ghristofle de Savigny sont écrits les mots Pietate et sufficientia. En haut de cette belle planche on lit : Nec retrogradior nec devio.

Sous le rapport littéraire et scientifique, Papillon entre dans de longs détails et revendique avec raison en faveur de Savigny la grande idée de rattacher par une chaîne et un arbre encyclopédique toutes les sciences et arts libéraux, précédant ainsi de près d'un demi-siècle le traité de Bacon : De Dignitate et augmentis Scientiarum libri novem, qui parut en 1623. L'œuvre de Savigny est divisé en dix-huit tableaux.

Quant à la partie qui concerne le dessin, voici ce que dit Papillon, t. I, p. 282, 285, au sujet du grand frontispice qui occupe toute la feuille :

« L'écusson des armes est orné d'un casque de profil entouré de lambrequins, et surmonté d'un Ange tenant d'une main une épée, prêt à frapper, et de l'autre un bouclier sur lequel est une croix ancrée, avec un lambel par le haut, passant sur la croix, et audessous de l'Ange il y a une banderole ou ruban sur laquelle sont gravées ces paroles : Tost ou tard, près ou loing, a le fort du foible besoin. Sur quoi est à remarquer que par les côtés d'en bas du quadre de cette planche commune à toutes les autres estampes, Técusson susdit des trois roses est gravé mi-parti, ou à moitié de part et d'autre, pour pouvoir paroître entier, toutes les pages étant collées et rapportées les unes aux autres.

a Le tout est proprement gravé avec quelques contre-tailles ou secondes tailles à quelques endroits, particulièrement sur l'Ange, le casque et les animaux, que je crois être du dessin de Jean Cousin.

a Les deux figures du Duc (de Mantoue) et du Seigneur de Savigny sont fort proprement gravées; elles paroissent avoir été faites fort ressemblantes. Je les crois pareillement dessinées par Jean Cousin. »

Dans quelques détails de l'encadrement où sont plusieurs petites figures, on reconnaît le style de Jean Cousin, particu-

lièrement dans la Table Théologique, par M. M.-B. A. (1). L'ensemble confirme donc l'opinion de Papillon, qui nous dit que le grand nombre d'éditions de cet ouvrage atteste l'importance qu'on attachait à ce mode nouveau de rattacher l'ensemble des connaissances humaines dans un seul tableau.

« La lre édition a été faite entre les années 1566 et 1578, ce qui compose d'intervale un espace de 40 à 50 ans au moins (2), temps considérable et que trop suffisant pour avoir donné lieu au fameux chancelier Bacon de travailler d'après cet ouvrage et d'en ajuster son arbre encyclopédique, avec d'autant plus de facilité que l'on va voir, par la description des autres planches, qu'il n'a pu que simplifier et réunir avec moins d'étendue la liaison de toutes les sciences et les arts dont le seigneur de Savigny, par son invention primitive, avoit donné avec tant de profusion, ce semble, tout l'ordre et un détail presque infini; ainsi j'ai l'avantage de détromper le Public, ou tous ceux qui liront ce Traité Historique de mon art, d'une erreur fermement appuyée jusqu'alors par nombre de sçavants du premier ordre. » (Papillon, t. Ier, p. 284-285.)

Le duc Ludovic (Louis) de Gonzague, duc de Nivernois et deRethelois, mourut en 1595. D'après les indications héraldiques de ses armes, Papillon croit que la présentation du livre et la première édition doivent être de 1570.

Brunet n'indique que l'édition de 1587, donnée par Gourmont, et l'édition de 1619, chez Jean Lebon, que possédait Papillon ; mais il doit y en avoir d'autres. Papillon remarque que, dans les armoiries, le casque vu de profil au milieu des armes tient la place d'un autre ornement de même dimension qui existait auparavant, et, en effet, on voit déjà sur les exemplaires de l'édition de 1587 la trace de cette substitution (3).

(1) « M. Bergeron, avocat, — « son conseil et plus familier amy, auquel il (Savigny) en a plusieurs fois parlé et escrit, etc. » (Préface des imprimeurs.)

(2) Si , conformément au privilège, la première édition est de 1584, la première édition de Bacon étant de 1623, la distance serait de trente-neuf ans.

(3) Je possède deux exemplaires de cette édition, l'un incomplet, où, sur la feuille en tête, une note d'une ancien ne écrit tire dit que ces gravures ont été faites d'après les dessins de Jean Cousin.

ROBERT LEHOY, ROBERT et JEHAN dits DU GORD.

Ils ont imprimé en 155J la remarquable Entrée de Henri TI et de Catherine de Médicis à Rouen , dont il a été fait mention pages 52 et 53. (Voir le n° 759 de mon Catalogue raisonné.)

Les relations qui ont dû s'établir avec Jean Cousin, ou plutôt avec Groulleau, expliqueraient l'apparition de quelques petites gravures provenant de la Tapisserie chrestienne, et qu'on voit reparaître à Rouen dans l'édition in-16, Le Ris de Democrite et le Pleur d'Heraclite, citée par Duverdier, t. III, p. 59, qui croit cet ouvrage imprimé à Rouen, chez Jean du Gord, en 1550 (1).

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