VITRAUX DU CHATEAU D'ANET
{Addition à la page 100.)
Postérieurement à ce que j'avais écrit sur Anet, une autre partie des vitraux de Jean Cousin a été rétablie par les soins de M. Moulin, à la fois dessinateur d'un vrai mérite et maître verrier. Les restaurations qu'il a faites au moyen des fragments provenant des vitraux du château ne laissent rien à désirer , et celles qu'il exécute en ce moment confirment la haute opinion que j'ai de son talent. Il a su remplir les lacunes avec un art aussi habile que prudent.
Il est à remarquer que la ville d'Anet a eu un grand nombre de peintres verriers. On lit dans Y Histoire de la Peinture sur verre d'Edmond Lévy, de Rouen (1), que «les souverains continuaient à venir en aide à la peinture sur verre qui ornait la chambre à coucher de Diane, et qu'en 1555 Henri II confirma les anciens privilèges des peintres verriers en faveur de René et Remy, des Lagoubaulde père et fils, de Laurent Lucas et Robert Herusse, à Anet, élection de Dreux ».
Le genre de verrerie en grisaille qui ornait le château d'Anet existait-il en d'autres pays avant d'avoir été exécuté en France? Je n'ai pu recueillir aucun renseignement précis à ce sujet, mais on doit s'en rapporter au dire de Philibert de Lorme, qui s'exprime ainsi (livre I, ch. xix) : « Ces vitres que « j'ai fait faire au château d'Anet, ont été les premières vues « en France, pour émail blanc, a
Les grisailles d'Anet sont peintes avec le blanc dit d'argent (oxyde d'étain) , et voici le procédé que m'a fait voir M. Moulin, qui, sans maître et sans avoir jamais quitté Dreux,
(I) Bruxelles, Tircher, 1860, in 4°, p. 137
a eu le rare mérite de s'être formé de soi-même comme dessinateur et comme verrier. Le verre est d'abord recouvert d'une très-légère couche de blanc qui lui donne une faible teinte grisâtre imitant le verre dépoli. Le dessin est tracé au trait par un filet noir très-fin. Les ombres plus ou moins légères sont obtenues par une application plus ou moins épaisse de blanc d'argent. C'est l'épaisseur de cette application qui donne l'intensité désirée. Quant aux parties que l'on veut rendre le plus clair, on enlève la première couche grisâtre pour rendre au verre toute sa transparence à ces endroits. Il en résulte alors un effet éblouissant, surtout lorsque le jour les illumine en plein , et cependant l'ensemble est tout à la fois brillant et doux à l'œil. Les ombres sont faites souvent des deux côtés du verre, et les retouches successives nécessitent la remise réitérée du verre peint dans le fôur.
La peinture en grisaille offre beaucoup plus de difficultés d'exécution que la peinture en verre colorié. Si l'artiste ne réussit pas du premier coup en traçant le contour du dessin , il lui est impossible d'en corriger le trait égaré sur la couche de blanc légèrement teintée qui constitue le fond de la grisaille ; or cette couche primitive n'existe pas dans les vitraux en couleur. Il faut donc une main bien sûre et d'un habile artiste pour l'entreprendre hardiment. C'est ce qui rend d'autant plus précieuses les grisailles du château d'Anet , parce qu'il est présumable qu'on y voit la main de Jean Cousin elle-même.
Dans de nouveaux carreaux d'une des fenêtres de la bibliothèque actuelle du château d'Anet, composés avec les fragments importants des grisailles d'Anet, recueillis pour M. Moreau en grande partie par MM. Roussel et Job, deux amis des arts à Dreux, et si bien réparés par M. Moulin, on remarque dans l'un d'eux Phaéton précipité du ciel; dans un autre, un roi couronnant un poëte ; un autre offre un paysage avec toutes les marques caractéristiques de Jean Cousin : l'architecture des monuments, les pyramides et le feuillage en pendentif. Ces
marques attesteraient, s'il était nécessaire , l'auteur de ces vitraux.
Il y avait à Anet quatre genres de peintures' bien caractérisées :
!î histoire sainte, représentée surtout dans les trois grandes fenêtres de la chapelle où l'on voyait en grisaille , à l'une la Défaite des Amalécites par les Israélites sous la conduite de Moïse, à l'autre Jésus-Christ prêchant non pas dans le désert, comme on l'a dit, ce que dément l'architecture qu'on voit dans les fonds; et à la troisième Abraham rendant son fils a Agar. « J'ai réservé, nous dit Alexandre Lenoir, ce dernier vice trail pour orner la chambre sépulcrale de Henri II , parce « que Jean Cousin y a représenté Diane de Poitiers, pour la- « quelle il faisait ses tableaux, dans la figure d'Agar. »
La mythologie, représentée par les Métamorphoses d Ovide.
Des cartouches contenant des armoiries.
Des arabesques en grand nombre, et servant de bordures et d'encadrements, ainsi qu'on en peut juger par la planche qu'en a donnée Alexandre Lenoir, p. 82 de son Traité de la Peinture sur verre.
On y voyait aussi un grand nombre de devises , de légendes, distiques et quatrains.
Sur le vitrail du Christ, on lisait :
Hélas ! Seigneur, qui povés commander A subvenir seul à notre ignorance } Enseignés nous ce qu'il faut demander Quand nous prions la divine puissance.
Au bas du vitrail du combat contre les Amalécites :
Tendons les mains à ce grand roi de gloire, Et le prions sans intermission , Car c'est lui seul qui départ la victoire Aux combattants, ou la destruction.
Au-dessous de celui d'Abraham rendant son fils à Agar :
Persévérant en dévote oraison , 0 ! Seigneur Dieu, je veulx ravir et prendre De vos bontés plus qu'humaine raison Ne peult juger, espérer ni comprendre.
Deux autres vitraux, représentant aussi des sujets de piété, et qui ornaient les fenêtres de la sacristie de la chapelle d'Anet, portaient les inscriptions suivantes. L'un :
Prie le Père, estant là sus au ciel , Et le priant, ferme sur toi la porte ; Ainsi auras le pain substanciel Qui aux humains pain et salut apporte.
L'autre :
11 n'y a rien qui mon esprit console Et qui me reste en tribulation Que de mes yeux, de mon cœur et parole L'adresse à Dieu de consolation.
On prétend que les peintures en grisaille de la chapelle et des appartements avaient pour but de remplacer par des teintes douces et tristes l'éclat des vitraux de couleur que Diane avait bannies comme faisant disparate avec les autres témoignages de sa tristesse.
Il n'existe plus rien de ces belles verreries d'Anet que nous possédions encore au commencement de ce siècle au musée des Petits- Augustins. On ne saurait trop regretter cette perte, particulièrement celle des trois grandes compositions qui ornaient les trois fenêtres de la chapelle. Lors de la Restauration, par un décret du 18 décembre 1816, elles ont été déposées dans les greniers du Louvre , où d'indignes employés, aussi avides qu'ignares, les ont foulées aux pieds et trépignées pour en obtenir le plomb.
Le château d'Anet possédait des peintures importantes.
Philibert de Lorme, intendant des bâtiments royaux, avait confié, pour le château d'Anet, la partie décorative concernant
la sculpture à Jean Goujon, dont les chefs-d'œuvre y existent encore , et les peintures à Jean Cousin. Mais, moins heureux que Jean Goujon, ses peintures, de même que ses vitraux , ont disparu. Les restes de celles qu'il avait exécutées sur pierre au plafond du péristyle de la chapelle étaient encore assez bien conservés en 1844 pour que M. de Garaman ait pu les faire reproduire dans un dessin colorié. Il est regrettable que l'architecte, M. Caristie , ne les ait pas conservées. Les trois Vertus Théologales y étaient représentées dans trois panneaux. On y voyait , se détachant sur un fond bleu haché d'or, de légers nuages entourant la Foi au milieu , l'Espérance à droite, et la Charité à gauche.
Quant à la partie décorative des plafonds et des encadrements divers des panneaux des appartements , M. Alexandre Lenoir nous en a conservé de nombreux fragments dans son Traité historique de la Peinture sur verre. L'examen de la grande planche où ils sont reproduits a complètement confirmé ce que je soupçonnais, que la belle ornementation du manuscrit que je possède et qui décore le Recueil des Privilèges accordés par les rois de France aux secrétaires et notaires royaux, était, ainsi que les peintures des armoiries de Charles de Lorraine , de la main de Jean Cousin. C'est le même style, et quelquefois les mêmes sujets et figures, qui s'y reproduisent. M. Moulin , qui fait une étude toute spéciale de ce qui nous reste des grisailles et fragments de peintures du château d'Anet, à qui je viens de montrer ce volume, n'en fait aucun doute.
M. Roussel, de Dreux, ami passionné des beaux-arts, qui s'occupe d'une description du château d'Anet , m'a communiqué le détail suivant :
« Il n'y avait au château d'Anet, au rez-de-chaussée, que quatre ou cinq pièces décorées de peintures en grand, et dans les salles du premier étage six ou sept, y compris la galerie et la salle
des gardes; les autres salles étaient décorées de tapisseries; les embrasures des fenêtres et les volets étaient ornés d'arabesques peintes rehaussées d'or.
a Le grand salon était orné de douze pilastres aux chiffres de Diane; entre chaque pilastre, il y avait des panneaux peints. Le salon à côté, dit le salon des Muses, était décoré de douze panneaux peints, ayant pour sujets, l'un Apollon, l'autre l'Histoire, l'Éloquence, la Tragédie, la Musique, etc. Ces peintures, imitées de l'antique, ont été défigurées à chaque restauration, et en dernier lieu on n'aurait plus reconnu la main de Jean Cousin.
« Dans le salon dit des Glaces , où il n'y avait pas de glaces du temps de Diane, il y avait aussi des panneaux peints, et c'est probablement dans cette salle que se trouvaient les douze sujets de la fable dont parle Ponthus de Thyard. »
Mais je crois que les Douze fables de fleuves et fontaines, avec la description pour la peinture et les épigrammes (1) , n'ont jamais été exécutées, et j'avoue que la description qu'en donne Ponthus de Thyard, si elle peut faire quelque honneur à son érudition, me semble peu appropriée pour la peinture. Je crois aussi qu'il en est de même des belles inventions de ce poëte pour le château d'Anet, mentionnées par Tabouret dans sa lettre à Ponthus datée de la Toussaint 1525 , trente ans avant l'époque où « l'on accommodoit cette superbe maison d'Anet, « qui a pris son plus beau lustre de vos belles inventions, dont « aulcuns se sont emparez et en ont emportez la gloire ».
Dans la chapelle du château d'Anet, les quatre peintures en grisaille représentant les quatre Évangélistes, qu'on voit maintenant aux quatre côtés de la voûte, sont une imitation faite par les soins de M. de Garaman des mêmes modèles sculptés au château d'Écouen. On ignore si, dans la chapelle d'Anet, il y avait primitivement des peintures en cet endroit.
Les deux beaux émaux de Léonard Limousin représentant les douze Apôtres ont été transportés dans la chapelle de
(1) Petit livre très-rare dont un exemplaire fait partie de la Réserve, Biblioth. de France, n° 6597 Y, in-12.
glise de Chartres ; ils étaient placés dans les deux sacristies de la chapelle d'Anet et encastrés dans les boiseries.
Il est remarquable que Diane de Poitiers n'ait voulu employer que des artistes français , soit par patriotisme, soit par opposition à la duchesse d'Étampes , la maîtresse de François Ier, qui protégeait l'école de Fontainebleau; et j'ajouterai, en l'honneur des artistes français, que, contrairement à la discorde qui régnait entre les peintres italiens occupés à Fontainebleau , où ils faisaient assaut d'hypocrisie, de malveillance et de jalousie, se disputant, se menaçant et même s'assassinant, il régnait le meilleur accord entre nos trois célèbres artistes Philibert de Lorme, Jean Goujon et Jean Cousin. Leur mérite égalait leur modestie : ils s'entr aidaient dans leurs tra- \aux5 sans autre but que de concourir au beau résultat qu'ils ont obtenu, et avec une telle abnégation de tout mérite personnel que nulle part Jean Goujon, non plus que Jean Cousin, ne sont cités par Philibert de Lorme comme ses collaborateurs, soit dans la création du château d'Anet, soit ailleurs (1 ). Qui sait si l'admirable mausolée élevé à la mémoire du sénéchal de Brézé que l'on admire à Rouen n'est pas l'œuvre commune de Jean Cousin et de Jean Goujon? Cette opinion, qui n'est pas sans fondement, mettrait d'accord ceux qui veulent l'attribuer, les
(1) Il suffit de comparer les Mémoires de Benvenuto Cellini avec ceux de notre admirable Bernard Palissy.
C'est aussi à Philibert de Lorme que Diane de Poitiers , devenue possesseur du château de Chenonceauv , confia l'exécution des travaux dont elle se plut à le décorer. C'est lui qui construisit le pont qui unit le château aux deux rives du Cher, et dont la dépedse s'éleva à une somme de neuf mille livres, ce qui équivaut à 200,000 francs de nos jours.
Quel fut l'architecte de Chenonceaux , comme de tant d'autres châteaux de la Renaissance, celui d'Ussé , d'Azay-le-R'uleau et tant d'autres? On l'ignore, et voici ce que je lis dans YHistoirc de Chenonceaux, ses artistes, ses vicissitudes, etc., p. 147 : « À quels maîtres doit-on attribuer ces monuments ? Nous l'ignorons , et leurs noms sont tombés dans l'oubli. Mais il n'est pas douteux , pour employer les expressions de M. Viollet-le-Duc, que ce ne soit quelque maître des œuvres françafs, quelque Claude ou Biaise de Tours ou Blois, bonhomme sans prétention qui travaillait de sa personne à son chantier, et non un des vaniteux artistes venus d'Italie. »
uns à Jean Goujon et les autres à Jean Cousin. Je suppose même que le projet en aurait été conçu lors de leur collaboration au château d'Anet, où sont prodiguées les marques d'affection profonde que Diane s'est plu à donner au souvenir de son mari , le grand-sénéchal de Brézé, mort en 1531.
Pour se conformer à ses désirs , Philibert de Lorme affecta à toutes les parties de l'architecture qui pouvaient s'y prêter la forme d'un tombeau, surtout au faîte des cheminées , qui toutes portent encore au ciel ce témoignage de regret et de piété conjugale. De même Jean Goujon, dans un de ses chefs-d'œuvre de sculpture, maintenant transporté au Louvre, avait représenté dans l'une des cours du château d'Anet la statue de Diane, où, sous la forme de déesse, elle se montre nue, embrassant un cerf, et reposant sur une grande vasque dont la forme est celle d'un tombeau. Un autre de ses chefsd'œuvre , l'admirable portail d'Anet , placé maintenant à l'École des Beaux- Arts, dont il est le plus bel ornement, était dédié à la mémoire du grand-sénéchal , ainsi que l'indique ce distique inscrit en lettres d'or sur une plaque de marbre noir :
Brsesœo hœc statuit pergrata Diana marito Ut diuturna sui sint monumenta viri.
Enfin Jean Cousin peignit sur les panneaux des appartements d'Anet des devises et des emblèmes conformes aux tristes pensées de Diane. Sur l'un des battants de la porte d'entrée de la chapelle, on voit l'un de ces emblèmes admirablement sculpté en bois de châtaignier encadré dans d'autres bois précieux, qui nous montre au-dessous de deux croissants une flèche s'élevant d'un tombeau , et entourée de deux branches d'olivier avec cette devise : Sola vivit in Mo , « restée seule, elle vit en lui » ! Ce qui a peut-être inspiré Catherine lorsqu'elle prit pour devise, après la mort de Henri II, ce vers latin : Ardorem èxstincta testantur vivere flamma , qu'on
peut traduire ainsi : Bien que la flamme soit éteinte, ses larmes en font revivre toute 1 ardeur. Cet emblème , qui figure en tête d'un des plus beaux manuscrits de ma bibliothèque : les Petites Heures d'Anne de Bretagne, y a été ajouté quand ce livre appartint plus tard à Catherine de Médicis. Il y est peint en couleur et placé en regard des armes des Médicis (1).
Dans mon exemplaire des Devises héroïques de Claude Paradin , chanoine de Beaujeu, cet emblème de la flèche entourée débranches d'olivier, sortant d'un tombeau, avec la devise Sola vivit in illo , est accompagné de l'explication que je reproduis avec Yortografie de l'imprimeur Jean De Tournes : « L'espérance que madame Diane de Poitiers , illustre Duce chesse de Valentinois, ha de la resurreccion (2) et que son noce ble esprit contemplant les cieus, en cette vie paruiendra en a l'autre après la mort, est possible sinifié par sa Devise, qui « est un Sercueil ou tombeau, duquel sort un trait, acecompaa gné de certeins syons verdoyans. »
Ces deux syons verdoyants qui entourent la flèche de Diane font allusion, ce me semble, à ses deux filles Françoise et Louise (3), qu'elle eut du grand sénéchal de Brézé. Quant à. l'explication que donne de cette Devise héroïque le bon chanoine Paradin, il s'est complètement mépris; c'est dans un tout autre motif que cet emblème s'étalait fastueusement. Depuis la mort de son mari , Diane se vêtit toujours en deuil, noir ou blanc, et il est remarquable que cette marque d'affection si visible, si persistante, en l'honneur de son premier mari, et
(1) Cet emblème est représenté par une masse de chaux qu'allume et vivifie une pluie dont les gouttes figurent les larmes de la veuve.
(2) Cet emploi du C remplaçant le T lorsqu'il prend le son du C adouci m'a parti un heureux précédent introduit dès le seizième siècle dans une de nos plus célèbres imprimeries de France, celle de Jean de Tournes. Il est désirable que cet Usage soit adopté généralement.
(3) Françoise épousa, en 1533, Robert de la Mark, duc de Bouillon; Louise fut mariée en 1547 à Claude de Lorraine, d'abord marquis de Mayenne,' puis duc d'Aumale.
qui honore aussi bien l'époux que l'épouse , loin de déplaire à Henri II, le fit se revêtir lui-même, à l'exemple de Diane, de noir et de blanc. Il semble qu'il ait voulu se légitimer ainsi aux yeux de Diane en se déclarant ostensiblement l'héritier et le successeur du sénéchal de Brézé. On doit donc voir en cet acte de Diane une marque de fierté , ce que confirmerait, s'il en était besoin , la réponse qu'on lui attribue lorsque Henri II voulant légitimer la fille qu'il aurait eue d'elle et que quelques historiens prétendent à tort être la charmante Diane de France (1), elle lui aurait répondu fièrement : «J'étais née « pour avoir des enfants légitimes de vous; j'ai été votre « maîtresse parce que je vous aimais; mais je ne souffrirai pas « qu'un arrêt me déclare votre concubine (2). »
Le château d'Anet , qui nous offre un ensemble de ce que le génie antique, le spiritualisme chrétien, l'idéal chevaleresque inspiré par Henri II, ont pu créer de plus parfait pour plaire à la beauté, à la grâce et à l'esprit réunis en Diane de Poitiers , est le type de la plus belle époque de la Renaissance. Les souvenirs qui s'y rattachent lui prêtent un nouveau charme, et sont résumés dans ces vers de l'ami du vertueux duc de Penthièvre, l'aimable Florian :
• Anet , tu possédas tous les biens de ce monde : Beauté, gloire, esprit et vertu (3) !
(1) 11 est reconnu maintenant que Diane de France était née en Piémont en 1538, d'une jeune Piémontaise nommée Philippe Duc et de Henri II, alors Dauphin.
(2) Brantôme, Vie des femmes galantes.
(3) Diane de Poitiers, le duc de Vendôme, la duchesse du Maine , et le duc de Penthièvre.