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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

On ne trouve nulle part la description des lésions

anatomo-pathologiques de l’anonychie. Les relations ‘des cas classiques qui ont été publiés jusqu’à ces dernières années ne nous fournissent aucun renseignement sur ce point. Seuls MM. Bergé et Weissenbach ayant pu pratiquer l’examen histologique d’un fragment biopsié du lit de l’ongle ont donné une très intéressante description des lésions qu’ils ont constatées.

Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire in extenso leur description ainsi que la figure annexée à leur observation.

La coupe passe exactement par l’axe du doigt et intéresse le lit de l’ongle et la peau de la région susjacente de la phalangette du médius droit.

« Le fragment biopsié, très exactement orienté, a été sectionné suivant l’axe du doigt, fixé dans le liquide de Dominici et dans l’alcool, inclus dans la paraffine et coloré par les procédés habituels.

Ce qui frappe avant tout dans l'examen des coupes à un faible grossissement, c’est l’absence complète

de toute matrice unguéale; il n'existe aucune esquisse d'invagination épidermique,;aucune rainure unguéale; l'épiderme de la peau du dos de la phalange se continue directement avec celui du lit unguéal par une zone de transition peu étendue : on les distingue d’ailleurs facilement l'un de l’autre par leur épaisseur et leur topographie cellulaires différentes.

Le derme sous-jacent aux deux régions a une apparence absolument normale : il est intéressé par les Coupes, sur une hauteur de 800 y environ; on n'y observe auçune trace de sclérose, aucune infiltration cellulaire, sauf en un point limité de la couchepapillaire du derme de la phalange, où on note une prolifération minime des cellules fixes du tissu con- Jonctif. Les fibres conjonctives, les fibres élastiques S'y présentent avec leur structure et leurs affinités tinctoriales normales : les Capillaires sont normaux. Sur certaines coupes on observe dans la région du revêtement sus-unguéal des canaux sudoripares intacis, |

Nous étudierons l’épiderme dans trois zones distinctes : celle du dos de la phalangette dans la région sus-unguéale, celle du lit de l'ongle, celle de la région de transition. Dans chacune, l'épiderme se présente composé de deux couches petlement individualisées et par places, séparées l’une de l’autre : .le corps muqueux et la couche cornée.

L’épiderme de la région du dos de la phalangette est séparé du derme sous-jacent par une ligne fes- tonnée régulière dessinant les contours des papilles

Ikinèse, 10 à 15 assises superposées de cellules

. Fig: 2. — Coupe d'une biopsie intéressant la peau de la région sus-

.dermique et des b Qurgeons interpapillaires ; l'épais- seur du corps muqueux oscille entre 100 à 150 y au

niveau du sommet des papilles, 250 à 300 pu au

niveau des bourgeons interpapillaires ; le corps

muqueux comprend successiyement une assise géné-

Fatrice de cellules cylindriques avec figures de karyo-

inguéale et le lit inguéal du médius droit. Gros. : 30 D. — 1. Revètement cutané du dos de la phalangette : région sus-unguéale; 2. Lit unguéal ; 3. Zone intermédiaire. — D, derme; CM, corps DUADERX de Malpighi : GC, couche cornée; SG, stratum granulosum.

-polyédriques avec espaces et ponts intercellulaires

caractéristiques; la couche à éléidine est assez épaisse, elle comprend 5 à 6 assises de cellules bourrées de grains d'éléidine. Rien à signaler dans la structure de la couche cornée épaisse de 250 à 300 y. :L'épiderme du lit de l’ongle présente une topogra-

phie semblable à celle du lit de l’ongle normal, mais

ses éléments évoluant vers la kératinisation de type épidermique banal et non vers la kératinisation de type unguéal. La limite de séparalion du derme et de l’'épiderme est une ligne droite sans papilles, dessi-

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nant à peine quelques ondulations, si bien que le corps muqueux a partout la même épaisseur, 100 à 120 L environ; la couche cornée sus-jacente est relativement épaisse, de 400 environ. Le corps muqueux est formée d’une assise de cellules cylindriques d'aspect normal, à gros noyau allongé, avec filaments chromatiques et nucléoles; on y observe quelques figures de karyokinèse ; les cellules mesurent de 18 à 20 4 de haut sur 8 à 10 4 de large. Au-dessus de l’assise génératrice s'étagent 7 à 8 rangées de cellules polyédriques, de 12 à 144 de diamètre, qui vont en s’aplatissant au fur et à mesure qu’elles se rapprochent de la superficie; elles possèdent un protoplasme finement granuleux, un gros noyau avec nucléoles ; les espaces intercellulaires et les filaments d'union sont nettement visibles, ces derniers peut-être un peu moins qu'au niveau de la phalangette. Au-dessus s’étagent 3 à 4 assises de cellules très aplaties à noyau allongé, à protoplasme chargé de grains inégaux d'éléidine, dont ils présentent toutes les réactions, mais moins denses toutefois que dans les cellules de l’épiderme. La couche cornée, épaisse comme nous l’avons vu, présente un stratum lucidum net, fissuré sur les coupes, de 30 à 35 v de hauteur, auquel fait suite un stratum corneurn que rien ne distingue de celui de l’épiderme ; les noyaux en particulier n'y sont pas colorables. En aucun point des coupes, il n’est possible de retrouver d’élément évoluant, même partiellement, vers la kéralinisation de type unguéal.

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La zone de transition est peu étendne, elle mesure sur les coupes un millimètre et demi environ, ses limites, d’ailleurs, sont tout artificielles : on y voil l’épiderme de la région sus-unguéale prendre peu à peu les caractères de l’épiderme du lit de l’ongle, les papilles disparaissent, la limite dermo-épidermique

devient rectilique, le stratum jilamentosum diminue

d'épaisseur, les cellules à éléidine deviennent moins nombreuses et plus aplaties, la couche cornée, au contraire, augmente d'épaisseur ».

En somme, les résultats de l’examen histologique peuvent être résumés de la façon suivante :

1° Il n’existe aucune lésion inflammatoire récente, ancune trace de lésion inflammatoire ancienne ;

2° La matrice unguéale est absente ; l’invagination épidermique n’est pas même ébauchée ;

3° L’épiderme de la région du lit évoiue vers la kératinisation de type banal et non vers la kératinisation de type unguéal.

Et MM. Bergé et Weissenbach concluent : «Nous ne pouvons qu'enregistrer la coïncidence de l’absence de matrice et d’inaptitude de l’épiderme dulitunguéal à la formation de substance onychogène, sans pouvoir décider si de ces deux faits le second est la conséquence du premier ou s'ils représentent deux éléments associés d’une même malformation. »

J. Chamaillard : 3

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