TRAITEMENT
Il se trouve dans le cours de l’affection des indications thérapeutiques nombreuses , et s’il existe peu d’espoir d’obtenir la guérison, on peut tout au moins produire un grand soulagement en calmant la douleur. Comme celle-ci est souvent la source principale delà dyspnée, on est heureux d’agir du même coup sur ce symptôme très-pénible par lui-même. De toutes les médications pouvant avoir quelque prise sur les phénomènes douloureux, ce sont certainement les injections de morphine qui jouissent à juste titre de la plus grande réputation. Elles peuvent s’employer le soir pour prévenir les accès habituels de la nuit et combattre l’insomnie ; mais on en retire aussi un grand bénéfice au début des attaques douloureuses. C’est ainsi que dans l’obs. XI, rapportée surtout dans le but de prouver cette influence, une. crise violente paraissant sur le point d’entraîner la mort, a pu céder très-rapidement à une injection sous-cutanée de deux centigrammes de chlorhydrate de morphine. 11 faut dire que les résultats ne sont pas toujours aussi brillants, et le même moyen employé dansl’obs. VIII n’a eu aucune puissance sur la terminaison rapide de l’affection. Pendant l’accès de suffocation, les vapeurs de datura ou d’autres solanées peuvent rendre aussi de réels services. Un moyen qui paraît plus dangereux, et dont il ne faudrait pas
abuser-, est l'inhalation de- vapeurs- d’éther au de ehloraforme..
On peut encore associer aux injections de morphine les différents sédatifs du système nerveux, le bromure de potassium, le bromure de camphre, mais leur action semble beaucoup moins énergique, et surtout moins rapide.
Le c Moral paraît donner des. résultats meilleurs, et son «isag-e dans le cours de l’affection! a plusieurs fois produit des effets que n’avaient pu donner toutes les autres moiédicatBons- habituelles. Malgré l’action hyposrthénisante sur le eeeur qu’on lui a attribuée, il n’est jamais résulté d’accidents de son emploi dans une maladie où la mort par syncope est pourtant toujours imminente.
Avec ces substances, qui agissent sur l’économie tout entière^ il est sauvent bon d’employer des sédatifs jouissant d’une action locale. La sensation de brûlure, de chaleur interne, est quelquefois si intense qu’il faut alors recourir aux applications constantes de glace sur la région antérieure de la poitrine. C’est le seul moyen qui ait paru procurer quelque soulagement aux souffrances continuelles du malade qui fait l’objet de fobs. 1, et s’il n’a aucune valeur pour arrêter la marche de la maladie, on ne peut lui refuser le mérite die calmer la douleur.
En même temps que cette dernière, le processus aigu semble aussi pouvoir se modifier dans le cours de la maladie sous l’influence d’applications révulsives au niveau de l’origine de l’aorte. G-est ainsi que les vésicatoires paraissent produire un certain ealme qui dure
au moins quelque jours. On peut même dans certains cas user de moyens plus énergiques et recourir à l'application d'un cautère. Les ventouses scarifiées, l’application de sangsues à La région précordlale donnent aussi quelquefois de bons résultats.
Dans uue affection qui retentit directement sur la circulation, il ne faut pas négliger les agents qui s’adressent au muscle cardiaque. Pendant les périodes de trouble dans les contractions du cœur, quand cet organe paraît faiblir et que l’œdème envahit les membres inférieurs, on se trouve bien alors de l’emploi de la digitale, associée à la jusquiame sous forme pilu laire ; elle produit quelquefois un grand calme pourvu que son action n’en soit pas trop longtemps prolongée. Il est inutile en effet de faire remarquer ici, qu’en insistant sur cette médication, on produirait un effet contraire à celui qu’on se propose.
Du reste, dans le cas où l’œdème se manifeste, les médications sont toujours identiques à celles qui fournissent à cette période les affections du cœur en général. Régime lacté, diurétiques, purgatifs variés, trouvent alors place dans le traitement de l’aortite.
Mais existe-t-il un médicament qui ait une valeur spéciale s’adressant à l’affection en elle-même. L’iodure de potassium paraît, sans contredit, avoir dans quelques cas une certaine prise sur la marche du processus, et cette remarque thérapeutique rapproche encore de l’anévrysme de l’aorte l’affection qui nous occupe. Quelle est alors son action ? Ce serait difficile de le dire au juste, mais on devra toujours y avoir recours dans
une maladie, contre laquelle on a si peu de ressources actives à sa disposition.
Dans le cours de l’aortite aig-uë, il ressort quelquefois des données thérapeutiques spéciales en face des complications qui peuvent s’y rencontrer. Ce sont alors la pleurésie et la péricardite qui réclament le plus souvent une intervention, mais sans présenter ici d’indications particulières.