CONCLUSION
Tels sont pour les deux époques les documents que nous avons collalionnés. Ils ne constituent, avons-nous dit, que des exemples, et d'ailleurs il a pu se glisser quelque erreur d'interprétation des; lexles comme certains faits de l'enquête peuvent contenir quelque inexactitude. Mais ce ne seraient là qu'erreurs de détail : la certitude d'ensemble que ces documents établissent, confirmée d'ailleurs par les quelques ouvrages généraux et locaux que nous avons cru utile de mentionner pour appuyer'la physionomie des deux époques, celle certitude demeure acquise. Si une telle élude sur l'apprentissage à Toulouse, dans notre ancien droit et aujourd'hui, est loin d'être complète, elle n'en révèle pas moins combien, tant au point de vue professionnel que moral, l'apprenti était, malgré des abus, prolégé sous le régime corporatif, alors que notre régime individualiste l'abandonne au point qu'il tend à disparaître'.
i. La question de l'apprentissage étant en France d'un intérêt très actuel, divers journaux et revues ont, au cours de l'année 1908, publié à ce sujet des études d'ensemble, où fréquemment, par une sorte d'inévitable logique, se trouvaient rapprochés le passé et l'épo-
Assurément, il y a eu, en ce qui concerne les corporations, des différences importantes — non essentielles — au cours de leur longue existence; mais à quoi tenaient précisément ces différences et les abus que plusieurs fois elles révèlent? Ce n'est pas, comme nous le disions', an principe corporatif lui-même, mais bien plutôt, en raison de circonstances économiques ou d'ingérences Bscales, à l'abandon partiel et momentané de ce principe. Du reste, nous avons surtout choisi des contrats d'apprentissage se rapportant à la dernière période, aux dix-septième et dix-huitième siècles notamment. Les observations qu'ils permettent n'en peuvent être ainsi que plus concluantes.
Voici d'autre part, en effet, que le régime quasi individualiste actuel* comporte nécessairement cette absence de protection professionnelle et morale de l'apprenti. Et justement, il serait aisé de constater, de la loi Le Chapelier à la crise évidente d'aujourd'hui, une décadence continue de l'apprentissage* ; alors que les seules tendances vraiment organisatrices qui se manifestent sur ce point dans le monde du travail, tant du côté patronal qu'ouvrier, vont précisément vers un retour au principe corporatif. Ceux-là même qui repoussent toute réglementation la repoussent pour des motifs que seule l'institution corporative supprimerait s ; ceci d'ailleurs, malgré les immenses
que contemporaine. A titre d'indication, et pour rappeler ici deux écoles très intéressantes, citons notamment : l'Action française et
le Mouvement socialiste (enquête déjà mentionnée, p. 88).