CHAPITRE IL
CE QUE SONT DEVENUS LES JARDINS DE NOS JOURS ET A QUELS BESOINS DOIVENT-ILS SATISFAIRE ?
Nous avons vu que le jardin, qui avait commencé par un champ défendu contre les atteintes du dehors, s'était transformé en une annexe de la maison réservée à la culture des plantes les plus précieuses ; que les fleurs vinrent embellir peu à peu ce petit enclos qui se relia de plus en plus avec la maison, et dont les limites se reculèrent à mesure que la prudence le permit et que la richesse publique se développa, et qui finit, dans les pays et dans les siècles où la sécurité (*) était assurée, par devenir un véritable lieu de plaisance vaste et entièrement lié avec les appartements de la maison dont il dépendait. On a défini le jardin qui correspond à cet état de la civilisation : une habitation en plein air; peut-être serait-il plus juste de dire le développement en plein air de l'habitation. Dans tous les cas, cette définition indique parfaitement à quels besoins principaux doit répondre de nos jours un jardin : sécurité, bien-être, beauté.
La sécurité s'obtient en entourant le parc de clôture suffisante, suivant les pays, pour que les étrangers ne sy introduisent pas et que l’on puisse se promener sans courir le risque d'une rencontre désagréable.
Le bien-être exige que nous trouvions dans notre propriété, comme dans un appartement, le calme loin des importunités du public, du va-et-vient des gens de service, une certaine gaieté qui nous permette de voir ce qui se