‹ Etude sur l'architecture des jardinsChapitre 4 sur 14 · EE EE · texte numérisé non relu

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(*) Dans certaines parties de l'Italie, on ne voit de jardins que dans la banlieue des villes. En Espagne, ils font à peu près complétement défaut.

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passe à l'extérieur sans être vu des passants. La maison doit donc être assez rapprochée d’une des limites du parc du côté de la voie publique, pour que les fournisseurs puissent y accéder sans parcourir la propriété et se croiser avec les promeneurs; pour le même motif, les communs doivent être reportés du même côté. Cette proximité de la voie publique est également nécessaire pour que les visiteurs voient sans hésitation quel est le chemin à suivre pour arriver au château. On peut jouir alors de la distraction que procure le mouvement d’une route. Mais cette proximité ne doit pas cependant en être telle, que les habitants soient incommodés par le bruit et la poussière, ou que les passants puissent jeter un coup d'œil indiscret jusque dans vos appartements. Cette disposition a d’ailleurs l'avantage de faire paraître la propriété beaucoup plus grande que lorsque le château est situé vers le centre. Le jardin doit présenter des ombrages pour l'été et des parties découvertes à l'abri des vents froids pour les promenades de la mauvaise saison. La maison doit occuper une position salubre et jouir d'une vue agréable. On doit donc préférer pour elle, lorsque le choix est possible, une éminence dominant une partie de la propriété et abritée par un obstacle naturel ou par des plantations, des vents désagréables. Elle doit être dégagée des arbres de telle sorte que l'air et la lumière y pénètrent facilement. Il est à désirer, cependant, que par quelque poini on puisse gagner, sans s’exposer au soleil, les ombrages que présente le parc.

Nous ne suivrons pas les longues et nombreuses dissertations publiées sur le beau en matière de jardins; nous croyons que le goût en fait d’arts est un don naturel que l’on développe par l'étude, le bon sens et la comparaison raisonnée des travaux exécutés par nos devanciers, mais que les définitions abstraites sont d’un bien faible secours dans l’étude que nous faisons. Nous pensons que les pré-

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ceptes de l’art poétique, c’est-à-dire l’unité de conception et d'exécution, sont la véritable règle applicable aux œuvres de l'architecture des jardins comme aux autres créations de l'esprit humain. Dans un parc, l'habitation est le centre autour duquel tout doit converger ; le plan doit en être assez clair pour que son unité saute aux yeux dès la porte des appartements. Il faut donc éviter la diffusion des vues et des sujets, mais choisir le point principal du paysage et y subordonner le reste des dispositions de la propriété. Gette espèce de grand axe, formé par la vue principale, attirera le promeneur, qui verra se succéder à droite et à gauche les compositions accessoires et les divers aspects suivant lesquels se présente le pays. De même ce grandaxe, aperçu de temps en temps par les vues secondaires qui s’y raccordent, guidera le promeneur cheminant sous les ombrages qui encadrent cette vue principale et constituent avec elle le jardin.

Avec cette unité de plan mettant en relief l’aspect saillant du pays, on arrivera toujours à créer une œuvre recommandable ; elle sera belle si les lignes principales du paysage sont calmes et majestueuses, jolies si les mouvements sont doux et variés, pittoresque si l’on dispose d’accidents brusques du sol. Mais c’est la nature du pays qui crée ces diverses distinctions ; le talent de l'architecte est de savoir combiner les dispositions de son plan et les détails d'exécution de manière à mettre en évidence le type caractéristique du sol dont il dispose.

Connaissant les conditions auxquelles doit satisfaire un parc, il nous reste à étudier de quelle manière on est arrivé à les remplir. Ainsi que nous l'avons dit, les jardins dérivent de deux types principaux : le jardin régulier et le jardin paysager. Dans le premier système, les allées, les plates-bandes, les massifs et plantations forment des dessins réguliers, disposés de telle sorte qu'il y ait symétrie en :haque point. Ces dessins ne procèdent que de la ligne

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droite et du cercle, les arbres y reçoivent ouvent une taille qui les assujettit, comme le dessin général du jardin, à la règle et au compas; c’est la nature asservie à l’architecture. Dans les jardins paysagers, au contraire, la ligne droite est systématiquement proscrite ; l’art cherche à se plier aux lois de la nature, ou du moins à ne rien créer qui ne soit en contradiction avec les formes et les dispositions que les forces naturelles impriment au relief du solet aux cours des eaux (PI. 1 et 2.)

Nous traiterons d'abord des jardins réguliers qui sont venus les premiers, ainsi que nous l’avons vu, dans le développement de l’art qui nous occupe, et comme ce genre est à peu près abandonné actuellement, nous ne ferons qu’en mdiquer les qualités les plus apparentes, afin de pouvoir nous étendre plus longuement sur la création des jardins paysagers qui sont presque exclusivement adoptés de nos jours.

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