BAPTISTE R F DE C \ LISTE
A CI VIDA LE EN F RIO El.
L ancien baptistère de Cividale (voir planche IX) se trouve actuellement dans l’église collégiale, à l’entrée de la nef latérale de droite. C’est un petit édifice octogone enlièrement construit en marbre. La piscine centrale est entourée par une balustrade (jui sert de piédestal à huit, colonuettcs disposées dans les angles : des dalles évidées en plein cintre réunissent ces colonnelles à la partie supérieure el peuvent avoir supporté autrefois une toiture. La balustrade est ouverte sur deux côtés pour donner accès à la piscine, au fond de laquelle on descend par un gradin.
L’ensemble du baptistère produit un fort bon effet, grâce à la fermeté de la base, à la légèreté des colonnelles el à l’élégance des arcs surhaussés qui forment le couronnement. Ces qualités méritent d’autant plus d’être remarquées qu’elles apparaissent dans un monument construit à une époque de décadence et de barbarie.
Deux des faces de la balustrade, celles marquées EF et HA sur le plan, et les huit dalles évidées portées par les colonnettes sont ornées de sculptures qu’accompagnent des inscriptions. Les planches X, XI, XII, Xlil et XIV représentent ces divers détails, y compris les chapiteaux el les bases des colonnelles *. La dalle de couronnement du côté BC ne figure sur la planche XI que par le bandeau supérieur où est gravée l’inscription ; les tympans sont occupés par des paons pareils à ceux du côté GH, cl la guirlande de l'archivolte est semblable à celle de la dalle AB.
Inscriptions. — L’inscription sculptée à la partie supérieure fait connaître l’époque de la construction du baptistère, car elle nous apprend qu’il a été orné de marbres
1 Sur la planche XIV ligure aussi une ancienne cathedra qui se voit dans l’église collégiale. Ce siège aux formes lourdes et massives, exécuté en marbre dans le goût byzantin, servait sans doute de trône épiscopal aux patriarches <f Aquilée.
par Caliste, c’est-à-dire par le patriarche d’Aquilée, contemporain de Grégoire 111. C’est donc un monument de la première moitié du huitième siècle,
QYOS REGAT TRINITAS VERA + EX AQYA ET SPTV REN- ATYS FYER1T MSI TESTANTE Y1TAM DÔ QVIS NON Y I DEB¬ IT ÆTERNAM. M Y STIC YM BAPTISMATÆ. SACR- AB1T YENIENS XPS. HOC IN IOYRDANNEM NITENS PIORYM PATVIT REGNYM. TEGVR- IVM CERNITES YIBRANTE MARMORVM SC- EMA QVOD CA LIST I BEAT! ORNABI
M. II1I. LXIII. FYIT. REHEDIFIGATVM. HOC. BAPTISTERIVM.
Cette inscription a été expliquée comme il suit par Bertoli 1 :
Nisi quis ex aqua et spiritu renatus fuerit, non videbit vitam æternam, testante Deo cum Christo. Veniens in Jordanem hoc sacravit mystico baptismale. Nitens piorum regnum patuit. Cernâtes tegurium beati Calisti quod ornavit vibrante marmorum scema. Quos regat Trinilas vera.
L’interprétation de Bertoli ne comprend pas la partie de l’inscription qui occupe le côté HA. (Voir planche XIV.) Cette partie est évidemment distincte du reste et se rapporte à une reconstruction du baptistère’. Les mots : « fuit, reliedificatum. hoc. baptisterium., » séparés les uns des autres par des points, sont écrits avec un mélange de grandes "et de petites lettres; de plus, les caractères ont des formes sensiblement différentes de celles qu’on observe sur les sept autres faces. Il semble qu’on ail essayé d’imiter le genre d’écriture de l’inscription primitive et que, mal à propos, l’on en ait exagéré les défauts.
L’arc 1IA porte encore une longue inscription moderne destinée à faire mention de la translation du baptistère dans la nouvelle église cathédrale bâtie au seizième siècle.
Sur le côté EF de la cathédrale on lit, au milieu de la dalle historiée :
HOC TIBI RESTITVIT. SICVALD. BAPTESTA I0HANNES
1 Voir Mai, Scriptorum veterum nova collcclio, vol. V, p. 170.
2 Le millésime qui donne la date de cette reconstruction est loin detre clairement écrit; je n'ai trouvé son explication nulle part.