NEFS
Description générale. — La dénomination de basilique ambroisienne, conservée à l’église de Saint- Ambroise, est encore juste malgré la transformation qu’a subie celte église depuis son origine. En effet, la disposition actuelle (voy. pl. 27), d’ailleurs calquée sur l’ancienne, rappelle fidèlement dans son ensemble le type le plus simple des basiliques latines : trois nefs allongées, dont celle du milieu plus spacieuse que les deux autres, s’étendent avec une largeur uniforme depuis la façade jusqu’au chevet. Des piliers séparent ces nefs entre elles, et des murs les enferment latéralement. Les basiliques de Saint-Laurent hors les murs, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Apollinaire in classe, etc., dépourvues de chalcidique postérieur et de vestibule interne, ne sont pas autrement disposées.
Mais, si la ressemblance est frappante pour les traits principaux du plan, il n’en est pas de même pour les divisions secondaires, dirigées transversalement, et pour les formes des supports. Ces divisions et ces formes dépendent du système de construction, lequel est tout différent dans les basiliques latines et dans la basilique du moyen âge que nous étudions. Tandis que les premières sont abritées par des toitures en charpente, la seconde est couverte par des voûtes d’arête. De cetle dissemblance fondamentale dérivent toutes les autres.
A Saint-Ambroise, les voûtes d’arête, tant de la nef principale que des bas-côtés, sont établies sur plan carré. L’espace couvert par chacune d’elles forme une travée, nettement délimitée par les' piliers qui portent cette voûte et par les arcs doubleaux qui la séparent des voûtes voisines. Mais, la largeur des bas-côtés étant moitié moindre environ que celle de la nef centrale, à chaque grande voûte du milieu correspondent, de part et d’autre, deux petites voûtes latérales; en sorte qu’il y a huit travées par bas-côté pour quatre qui existent dans la nef principale. Des piliers secondaires, intercalés entre les supports des grandes voûtes, reçoivent avec ces derniers les retombées des voûtes latérales qui, d’autre part, s’appuient aux murs d’enceinte. Tels sont les traits les plus saillants que détermine pour l’ordonnance intérieure de l’édifice l’usage des voûtes d’arête sur plan carré. Ils peuvent se résumer ainsi : — divisions transversales spacieuses et bien marquées; — piliers d’importance inégale, les uns plus forts, les autres plus faibles, se succédant alternativement.
Ces caractères distinguent très-nettement la basilique à voûtes d’arête de celle à
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toitures en charpente; car les nefs de celle-ci n’offrent point, à proprement parler, de divisions transversales, leurs piliers étant tous pareils, peu éloignés les uns des autres et surmontés de murs lisses qui leur transmettent la charge des toitures.
Comparons maintenant les formes des supports isolés. Dans les basiliques latines, ces supports n’ayant à résister qu’à des pressions verticales transmises par des platesbandes ou des arcs, on s’est naturellement servi de colonnes, que l’on a peu espacées en général, pour ne pas trop les charger, éviter les grandes portées et mieux assurer la stabilité des murs élevés qu’elles soutiennent.
A Saint-Ambroise, l’espacement des appuis est plus considérable. En meme temps, l’usage des voûtes, et de voûtes très-massives, augmente beaucoup la charge, d’autant plus que la couverture en charpente subsiste quand même. Enfin, les voûtes exercent des poussées qui, malgré les dispositions adoptées pour détruire ces actions les unes par les autres, atténuer leurs effets, ou les reporter sur des contre-forts extérieurs, peuvent cependant déterminer sur lès supports des pressions obliques et les exposer au renversement. Pour tous ces motifs, il a fallu donner aux piliers, et surtout aux principaux d’entre eux, qui reçoivent la charge des grandes voûtes, de larges sections, de vigoureux empâtements.
La forme du support doit naturellement s’adapter à celle de la construction qui vient y reposer. Or celle-ci est dentelée sur son contour par les saillies des arcs longitudinaux et transversaux jetés entre les piliers, et par les arêtes ou les nervures diagonales des voûtes; d’où résulte que des dentelures correspondantes découpent aussi la paroi du pilier. Ce sont des colonnes ou des pilastres qui, partant du sol en général, s’élèvent jusqu’à la naissance de l’arc ou de l’arête dont ils portent la retombée. Ainsi, l’usage des voûtes d’arête et le mode de structure de ces voûtes, pourvues d’arcs saillants, ont conduit à substituer le pilier cantonné de colonnes, appui de forme complexe, au simple support cylindrique de la basilique couverte en charpente.
On trouve à la basilique ambroisienne, comme dans plusieurs basiliques latines, des galeries supérieures établies sur les bas-côtés. Ces galeries reproduisent exactement, quant aux voûtes et aux piliers, les dispositions des nefs latérales sous-jacentes. Elles s’ouvrent sur la grande nef par de larges arcades, superposées à celles du rez-de-chaussée, mais beaucoup plus basses que ces dernières.
Les deux étages de galeries occupent toute la hauteur de la nef principale, dont les grandes voûtes sont ainsi solidement maintenues jusqu’à leur partie supérieure. Pour