‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 29 sur 112 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La basilique ambroisienne est, à nos yeux, la plus ancienne des églises où le style lombard se trouve franchement développé. Aussi importait-il tout particulièrement d’étudier cet édifice avec beaucoup de soin et d’en fixer la date le mieux possible.

1 Ce tombeau fut élevé à l’écrivain Pierre-Candide Décembrius, qui mourut en 1447.

2 Giulini, II, p. 136 ; Ferrario, p. 46 et 47.

Sur le premier point, nous croyons avoir rempli noire lâche; car, chacun des six voyages que, depuis 1860 jusqu’à 1869, nous avons faits en Lombardie, nous a fidèlement ramenés à Saint-Ambroise, objet constant de nos recherches et base de nos travaux. Pendant ce temps s’accomplissait la restauration du monument; et, par suite d’une circonstance si favorable, tous les renseignements que pouvait fournir l’ancienne bâtisse sont peu à peu venus au jour. Nous avons donc pu les noter à mesure qu’ils se produisaient; d’autant mieux que la commission des travaux et le curé de Saint-Ambroise nous ont donné, sans réserve, toute facilité, non-seulement de mesurer et d’examiner de près, mais encore d’être tenu, dans les intervalles de nos visites, au courant des découvertes. Grâce à l’obligeance de M. G. Landriani, quia bien voulu se faire notre collaborateur, aucune de ces découvertes n’a eu lieu sans nous être immédiatement signalée et, au besoin, rendue visible par des dessins. Ajoutons que, pour avoir toutes les informations possibles, nous avons retardé de plusieurs mois la publication des présentes livraisons. Maintenant qu’on a fouillé partout, qu’on a même trouvé les fondations de l’église primitive, le monument n’a plus de secrets à livrer. C’est en complète connaissance de cause qu’il peut être jugé.

Mais cette connaissance approfondie n’existe que pour les formes architecturales ; car la question de date, second point de notre étude, n’est tranchée d’une manière décisive et indiscutable par aucun témoignage matériel non plus que par aucun document écrit. [Quelques faits posent des limites, les unes certaines, les autres probables ; les renseignements historiques et les caractères de l’architecture fournissent d’importantes indications. Tels sont les éléments dont on dispose pour fixer l’âge de la basilique. Par bonheur, ils sont assez nombreux, assez significatifs et assez concordants pour que, de leur appréciation comparative et de l’appui mutuel qu’ils se prêtent, résulte une solution qu’on soit, en quelque sorte, forcé d’admettre.

Il fallait, à cause de l’importance du sujet, produire en détail tous ces éléments d’appréciation. Aussi, nous .sommes-nous longuement étendus sur la description de la basilique. En citant d’abord les renseignements historiques, nous avons pu, de suite, exposer assez brièvement l’ordre de succession des travaux ; ce qui offrait l’avantage de rattacher à un petit nombre de faits, annoncés d’avance, les observations ultérieures relatives à l’architecture du monument. Ces observations nous ont ensuite permis de préciser et de confirmer l’opinion formulée dans le principe ; mais les témoignages qu’elles fournissent, éparpillés dans une série de descriptions particulières, s’v piescntent sans ordre et sans suite. 11 reste a les réunir, à les remettre en présence des.

documents historiques et à grouper cet ensemble de preuves de la manière la plus favorable à l’expression d’un jugement définitif. Tel sera l’objet du résumé final.

La seule partie du monument dont la date soit absolument certaine est l’autel, pièce accessoire, exécutée parles soins de l’archevêque Angilbert II (824-859), et mise en place peu de temps avant l’année 835. Grâce aux fouilles de 1867 ainsi qu’aux recherches historiques de M. l’abbé Biraghi, on sait que l’érection de l’autel se fit à l’occasion de la levée des reliques et de leur dépôt dans le sarcophage en porphyre superposé aux lombes primitives. La connexité de ces deux événements fournit sur l’âge de la basilique une importante et précieuse indication ; car l’exhaussement du pavé dans la moitié postérieure de la dernière travée fut la conséquence obligée de l’installation du sépulcre supérieur. Or les colonnes engagées, dont les tronçons viennent d’être retrouvés à l’entrée de la tribune, sont implantées plus bas que la plate-forme environnant l’autel, tandis que les derniers piliers des nefs sont précisément installés sur celte plate-forme. De là résulte, sans aucun doute possible, que la construction du chevet précéda le déplacement des reliques et que celle du bâtiment des nefs n’eut lieu qu’aprèsleur élévation. La discontinuité des maçonneries prouve d’ailleurs que ces deux parties de l’église ne sont pas contemporaines.

Ainsi, la date connue de l’autel fixe, d’une part, une limite supérieure à l’exécution du chevet et, de l’autre, une limite inférieure à celle des nefs. Cette limite doit être reculée quelque peu avant l’année 835, attendu qu’un ouvrage aussi considérable que l’autel a certainement exigé plusieurs années de travail ; en sorte que la levée des reliques, qui motiva la commande de. celte pièce d’orfèvrerie en même temps qu’elle occasionna l’exhaussement du pavé, remonte sans doute aux premières années de l’épiscopat d’Angilbert, c’est-à-dire aux environs de l’année 825.

A part le renseignement indirect fourni par l’autel sur l’âge de la basilique, on ne sait rien de 1a construction des nefs et du narthex. Les archives de Saint-Ambroise, longuement et savamment explorées, sont restées muettes sur ce sujet. L’atrium seul est mentionné par d’anciens documents. L’épitaphe d’Anspert nous apprend que ce prélat construisit un atrium en avant de l’église ; et comme une donation de 892 atteste que, peu de temps après sa mort, un atrium, muni de portiques, existait en effet devant la basilique ambroisienne, tous les historiens milanais s’accordent pour attribuer à cet archevêque l’érection du cloître actuel. Mais l’inscription et le texte susdits prouvent seulement qu’un atrium semblable à celui d’aujourd’hui et pareillement situé, existait dès la fin du neuvième siècle. Il reste à voir si ce cloître n’a pas été re-

construit ; el, là-dessus, nous n’avons d’autre moyen d’information que de recourir au monument lui-même.

Dans le cas où l’atrium, bâti le dernier, serait l’ouvrage d’Anspert, qui occupa le siège épiscopal de 868 à 881 , les nefs et le narthex, achevés auparavant, mais postérieurs à 825, remonteraient au milieu du neuvième siècle.

Tel est, en définitive, le point de fait qu’il nous faut éclaircir ; et ce n’est pas chose facile, vu qu’il ne s’agit point ici d’un édifice qu’on puisse aisément comparer à d’autres offrant les mêmes caractères et dont les dates soient bien connues. Les origines du style romano-byzantin sont encore pleines d’obscurité. Faute de données certaines, faute de monuments suffisamment nombreux pour permettre une classification méthodique, on ne sait guère à quoi s’en tenir sur les dates des plus anciennes productions de ce style. L’incertitude est encore augmentée par l’impossibilité d’établir des rapprochements utiles entre des édifices de contrées différentes ; car, si pour des systèmes d’architecture plus perfectionnés el qui se sont développes à des époques plus prospères, plus cultivées, plus favorables, en un mot, à une diffusion rapide, l’on constate des retards souvent considérables, non-seulement d’un pays à l’autre, mais encore d’une province à la province voisine; à plus forte raison faut-il admettre que, avant le onzième siècle, l’architecture pouvait être fort inégalement avancée dans les diverses contrées de l’Europe occidentale. Il importe donc de se bien garder des partis pris et d’éviter les généralisations, auxquelles on se laisse parfois entraîner d’autant plus volontiers que l’on considère des époques plus lointaines et plus obscures. Si l’étude attentive et sincère d’un monument conduit à une date compatible avec les quelques renseignements positifs que donnent d’autres constructions situées dans le voisinage , cette date ne devra pas être rejetée sous prétexte que, ailleurs, elle serait manifestement erronée.

Ces principes étant admis, nous croyons que Saint-Ambroise pourra passer à juste titre, pour un monument du neuvième siècle, s’il est prouvé : en premier lieu, que cette église remonte aux débuts du style lombard ; en second lieu, que, à Milan même, son architecture avait des précédents ; enfin que le neuvième siècle, qui dès lors devient une date possible, se trouve être aussi, d’après les témoignages historiques, l’époque la plus propice à l’érection de la basilique.

Récapitulons sommairement les arguments qui viennent à l’appui de chacune de ces trois propositions.

La disposition générale de l’édifice , l’existence d’un atrium et d’un porche exté-

rieur, la forme basilicale du vaisseau des nefs, sont assurément des signes d’ancienneté qui, relativement aux églises lombardes, impriment à Saint-Ambroise une physionomie toute spéciale ; mais il serait téméraire d’attribuer une valeur chronologique à ces caractères du plan . Il se pourrait, en effet, qu’en rebâtissant l’église on eût reproduit fidèlement l’ordonnance primitive, comme on fil, en plein dix-septième siècle, pour Saint-Laurent de Milan ; et cette supposition paraît d’autant plus acceptable que les nefs du monument actuel couvrent précisément celles de l’édifice du quatrième siècle.

S’il n’y a point à tenir compte des présomptions d’ancienneté fondées sur la disposition générale, il en est tout autrement de celles que fait naître l’examen du système de construction. Ici les preuves sont formelles. La structure du monument proclame pour ainsi dire, par des témoignages nombreux et unanimes, que Saint-Ambroise appartient à la période primordiale du style lombard. Tous les éléments essentiels de ce style d’architecture s’y rencontrent déjà ; mais ils se manifestent avec des marques de timidité qui trahissent la nouveauté de leur usage.

Ainsi, les voûtes principales, coutreventées par les deux étages de galeries sont tenues très-basses, de manière à s’appuyer jusqu’au sommet contre les bâtisses latérales. On n’a point osé les relever assez pour procurer à la grande nef un éclairage direct sur les longs côtés. Les gros piliers, lourds et trapus, s’étendent mal à propos plus en longueur que dans le sens transversal. La forme des petits piliers, en désaccord avec colle de la construction supérieure, appartient à l’architecture de transition qui précéda l’érection de la basilique. L’appareil des supports montre, par l’usage habituel d’assises réglées, que les constructeurs de Saint-Ambroise bâtissaientencore les piliers cantonnés de colonnes à la façon de piles à parements lisses. Les fenêtres, très-spacieuses, sont beaucoup plus larges relativement à leur hauteur que celles des autres églises lombardes *. La simplicité de leurs ébrasements doit aussi compter pour une marque d’ancienneté, d’autant mieux que les portes latérales sont également fort simples, et que les deux seules portes où l’on observe des archivoltes multiples paraissent avoir subi une restauration. On peut donc supposer que le principe du pilier cantonné de colonnes n’avait pas encore reçu, sauf peut-être aux deux petites ouvertures situées

1 M. Cordero de S. Quintino insiste beaucoup sur l'importance de ce caractère (Dell' italiana architettura durante la dorninazione longobarda. Brescia, 1829, p. 104 et suiv.). Je suis loin de méconnaître sa valeur; mais il me paraît juste de n’en user, comme moyen de classification, que si l’on compare entre eux, sous ce rapport, des édifices voisins; car les dimensions des fenêtres dépendaient sans doute des moyens de fermeture qu’on avait à sa disposition, et les ressources pouvaient être, à cet égard, fort différentes suivant les localités.

de part et d autre de la maîtresse porte, l’application qu’on en fît plus tard à la décoration des ébrasements. Rappelons enfin que la coupole primitive n était pas voûtée, tandis que, dans les églises lombardes d’une architecture plus avancée, la coupole est, après l’abside, celle de toutes les parties de l’édifice qu’on trouve le plus constamment close par une voûte.

Le témoignage des ornements sculptés vient à l’appui des précédentes observations. C’est seulement au début d’une période artistique qu’on peut rencontrer, dans le caractère des sculptures, une transformation progressive aussi marquée que celle dont les chapiteaux de Saint-Ambroise portent l’empreinte. Quand un style est formé, de telles différences ne se produisent plus dans un même monument, lorsque d’ailleurs on y trouve autant d’unité.

Ajoutons que ces sculptures, manifestement plus anciennes que celles d’aucune autre église lombarde, -se ressentent beaucoup de l’influence byzantine qui, dans la haute Italie, dominait aux siècles précédents *.

Pour continuer notre raisonnement, il faut à présent justifier par des faits que le style lombard a pu se constituer dès le neuvième siècle. Fort à propos, la récente découverte des débris de l’église d’Aurona fournit à ce sujet un renseignement positif. L’édifice en question, situé à Milan même, ce qui, pour le cas actuel, donne à son témoignage beaucoup de valeur, remonte certainement au huitième siècle. Ses supports isolés, pareils aux petits piliers qu’on observe dans la dernière travée de la basilique ambroisienne, démontrent, conformément à l’opinion soutenue par M. Reynaud*, que dès l’époque de la domination longobarde, l’usage du pilier cantonné de colonnes s’introduisit dans l’architecture de la Lombardie. Or, cette innovation offre une grande importance, en ce qu’elle marque le passage de l’ancienne méthode de bâtir à celle qui lui succéda. C’est un pas décisif vers l’architecture du bas moyen âge, vers le style romano-byzantin continué par le style ogival. Aussi peut-on prétendre hardiment que l’existence, au huitième siècle, de l’église d’Aurona permet de conclure à l’érection de la basilique ambroisienne dans le siècle suivant.

Au reste, les sculptures de l’église d’Aurona, notamment celles des chapiteaux, offrent avec les sculptures des plus anciens chapiteaux de . Saint-Ambroise de telles analogies

> Les moulures supérieures des corniches à petites arcatures de la façade et de l’atrium paraissent, à la vérité bien élé gantes pour le neuvième s.ecle ; mais il est très-possible que ces parties saillantes, particulièrement exposées à toutes les causes de ruine, aient éprouvé des restaurations.

“ V°y“’ danS le Tûl- 11 du Tmité ^'architecture, l'article consacré an style, lombard et la note additionnelle relative au meme style.

184 architecture lombarde.

de formes et de style, qu’il est impossible, après les avoir comparées les unes avec les autres, de ne point leur assigner des dates assez voisines.

Nous voici enfin en position de conclure, car les renseignements historiques deviennent, grâce aux témoignages des précieux débris de l’église d’Aurona, rigoureusement applicables à l’édifice, tel qu’il existe. Sans revenir sur les circonstances relatées au début de notre étude, qui font du neuvième siècle une epoque particulièrement favorable à la reconstruction de la basilique ambroi sienne, bornons-nous à montrer combien la marche progressive dès travaux, déduite de l’examen du monument, s accorde avec les indications de l’histoire.

Dès avant 825 on avait entrepris de rebâtir l’église, puisque le chevet actuel se trouvait terminé à ce moment ; et, comme la basilique fut remise, en 1 année 1 84, aux mains des bénédictins, on peut supposer que l’installation de ces moines, auxquels il fallut alors bâtir un monastère, fut, comme dans beaucoup de cas analogues, le signal de la reconstruction de l’église. Sans attacher trop d’importance à celte conjecture, nous croyons cependant qu’elle fixe avec assez de probabilité la réfection du chevet aux dernières années du huitième siècle.

Les travaux, quelque temps interrompus, furent sans doute repris par Angilbeil, car la levée des reliques, qui occasionna dans le fond de la grande nef 1 exécution de la plate-forme saillante, peut fort bien avoir eu pour motif certaines exigences qu imposa la reconstruction des nefs’. En effet, cette reconstruction fut accompagnée d’un exhaussement général du pavé, de telle sorte que, pour ne pas enfouir outre mesure les corps des saints, on dut les relever en même temps que le dallage. Voici du moins une explication plausible, et d’autant plus acceptable, que l’inscription de l'autel ne fait pas la moindre allusion au miracle dont, suivant une ancienne légende, l’élévation des reliques serait la conséquence. Au lieu de rehausser les cercueils, on les laissa en place ; mais les corps des saints furent réunis dans un sarcophage unique superposé aux tombes primitives. Ainsi fut atteint le but qu on se proposait.

La longueur de l’épiscopat d’Angilbert II, la puissance de ce prélat, attestée par l'histoire, les ressources vraiment extraordinaires dont il disposait, ressources dont le magnifique autel érigé dès 835 permet de se faire une idée, autorisent a croire que le bâtiment des nefs et le narthex sont l’ouvrage de cet illustre archevêque et qu’on acheva

de les bâtir avant sa mort, survenue en 859.

Tandis que le nom d’Angilbert se rattache, par les travaux du sanctuaire, à la construction du corps de l’église, le nom d’Anspert, élu en 868, se trouve lié, par des

témoignages tout à fait positifs, à l’érection de l’atrium, bâti le dernier. L’intervalle de temps compris entre les deux épiscopats explique que le cloître soit un édifice distinct, appliqué après coup contre la façade.

En somme, il existe un accord si complet entre les renseignements fournis par le monument lui-même, les documents relatifs à sa reconstruction et les faits historiques contemporains de ces documents, qu’il n’est guère possible, sachant d’ailleurs que, Saint-Ambroise remonte à l’origine du style lombard et que ce style a pu se constiluer dès le neuvième siècle, de révoquer en doute la conclusion naturellement amenée par un tel ensemble de preuves. Tenons donc pour démontré que la basilique ambroisienne fut rebâtie, sauf quelques adjonctions postérieures, pendant l’espace d un siècle environ qui s’est écoulé depuis l’installation des bénédictins en 784 jusqu’à la mort d’Anspert en 881. Les constructions du chevet seraient de la fin du huitième siècle ; le corps de l’édifice, comprenant le bâtiment des nefs elle narthex, est l’ouvrage d’Angilbert qui gouverna le diocèse de Milan de 824 à 859 ; enfin l’atrium fut élevé par Anspert entre 868 et 881 ‘.

Apiès avoir exprimé de la sorte notre opinion définitive, terminons cette longue étude en esquissant rapidement la physionomie pittoresque de la basilique.

Dès l’entrée, l’aspect sévère et grandiose du cloître, le caractère monumental et plein d’originalité de la façade, la rudesse de la construction, l’étrangeté des sculptures font naître l’admiration et la surprise. En même temps, cette cour silencieuse, enfermée par des murs, enveloppée d’ombre grâce aux portiques qui l’entourent, profondément enterrée par rapport au sol avoisinant, transporte l’esprit dans le* passé et, par le recueillement qu’elle inspire, prépare le visiteur à pénétrer dans l’église.

Le seuil franchi, le spectacle devient, sinon plus beau, du moins plus imposant. Entre deux files de piliers se développe la nef principale, qu’on juge d’autant plus large qu elle est très-basse et d’autant plus longue que, faute de jours directs, elle est peu éclairée. Ses grandes voûtes sombres sembleraient écrasantes sans le surhaussement qui les relève. De chaque côté, sous les arcs cintrés jetés entre les piles de soutien, apparaissent, au delà des collatéraux, les murailles d’enceinte trouées par des fenetres ou des chapelles. Au fond, s’arrondit l’abside avec sa vaste mosaïque aux

mîrlL7îlrremrme ra7n‘7r’ dM1S Ces »vecJI. Clericetti qui, dès 1862, publia dans ses! licerche

"Il arch'“tum rehgiom mLombariw , insérées dans le fascicule 74 du Politecnico el déjà plusieurs fois citées, une i emai (juablc étude sur 1 église de Saint-Ambroisç.

brillantes couleurs et sa ceinture de stalles, noircies par le temps. Plus basque les stalles, entre le sol de la tribune et le pavé de l’église, on aperçoit la crypte sous des arcatures. Mais le ciborium attire surtout les regards. Il abrite le magnifique autel d’Angilbert ; et ses colonnes en porphyre, enfouies à la base, entourent encore, comme à l’époque de saint Ambroise, les corps des martyrs, déposes sous 1 autel. La chaire et le serpent de bronze ajoutent à ce tableau de curieux et intéressants détails ; et l’aspect simultané de toutes ces antiquités, vénérables reliques d’âges différents, est pour beaucoup dans la mélancolique et profonde impression qu’inspire la vieille basilique. On sent qu’on a vraiment sous les yeux la mère et la reine des églises lombardes, tant la haute ancienneté du monument est bien exprimée par sa physionomie.

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