SAINT-CELSE DE MILAN — RENSEIGNEMENTS HISTORIQUES ISO
première de ces inscriptions, sans doute gravée sur une dalle et placée auprès du tombeau de saint Celse, se compose des vers suivants :
EXIMIUM 1IÆC CELSI CORPUS COMPLECTITUR ARA QUEM PIA NAZARIO MATER SUB RURE C1MELLI OBTU1IT AD CŒU PARITER QUI SCANDERET AUGES MORTE OBITA LONGUM PARITER QUE JACERET IN ÆVUM AMBROSIUS TANDEM POST SEPARE CONDIDIT AMBOS NAZARIUM APPORTANS ALIO CELSUM QUE REUINQUENS SÆCUUA LANDULFUS DONEC POST PLURIMA PRÆSUL VATIBUS ADSCITIS VIU1NIS QUE UNDIQUE TURBIS LÆT1TIA SUMMA STUDIO ET CERTANT1BUS OMNI TRANSTUL1T ATQUE LOCUM DIVINIS USIBUS APTUM IPSE L1BENS STRUXIT MIRO QUE DECORE PARAVIT
La seconde inscription, un peu plus longue que la première, dit la même chose. On y trouve même, sans aucun changement, les deux derniers vers : « Transtulit atque locum . » qui se rapportent à la fondation de l’église.
Bien que les originaux de ces deux pièces soient perdus depuis le seizième siècle, les historiens milanais sont unanimes pour reconnaître leur authenticité. La gravité des auteurs qui les ont fait connaître et la grossièreté du langage, digne du dixième siècle, parurent des garanties suffisantes cà tous les savants qui ont parlé de ces épigraphes
Vers le milieu du quinzième siècle, l’abbaye de Saint-Celse fut convertie en bénéfice . Les bénédictins l’abandonnèrent peu de temps après l’année 1523, et y furent remplacés en 1550 par des chanoines réguliers de la congrégation du Saint-Sauveur qui 1 occupèrent jusqu en 1783. Aussitôt après la prise de possession, ces chanoines restaurèrentle monastère et l’église qui en avaient, paraît-il, grand besoin. La voûte qui couvrait la grande nef avant la démolition partielle de l’édifice date, suivant toute apparence, de cette restauration. La façade de l’église fut, en 1651, reconstruite avec magnificence, dans le goût de l’époque, par le cardinal Trivulze, archevêque et gouverneur de Milan, qui était aussi abbé commendataire de Saint-Celse. Quelques travaux de décoration furent encore exécutés, vers 1777, par l’abbé Biumi.
Bugati p. 1 1 5 et suit. — Giulim, I, p. 668 et smv. — Fontana copia la première inscriptiou sur un recueil d'Alciati et la seconde sur un très-y.eux parchemin. PuriceUi les publia pour la première fois, d’après le manuscrit de Fonlaua , dans sa Dissertazione nazariana.
Pour compléter cette courte notice historique 1 ajoutons que les reliques de saint Celse, déposées sous le maître-autel dans un antique sarcophage chrétien ont été, dans l’année 1521, reconnues et levées par l’abbé commendataire Pallavicini Visconti, évêque d’Alexandrie. En 1777, l’abbé Biumi fil une nouvelle reconnaissance. Enfin, les reliques furent, en 1809, transportées dans la belle église de l’ Assomption », contiguë à celle de Saint -Celse, où depuis 1860 elles reposent dans le transsept de gauche.
État actuel. — Démolitions et restaurations modernes. — La majeure partie de l’église de Saint-Celse est à présent détruite. Toute la portion antérieure, dans l’étendue correspondant aux deux premières travées' de la grande nef, fut démolie en 1818 pour dégager le côté méridional de l’église de l’Assomption. Heureusement il reste un plan dressé à celte époque par l’architecte Canonica *, à l’aide duquel nous avons pu, sur la planche 46, représenter l’état ancien de l’église. Notre dessin offre trois teintes différentes. La plus foncée marque lespartiës conservées du monumcntlombard, la plus claire désigne les maçonneries démolies en 1818, et la teinte intermédiaire s’applique à celles des constructions subsistantes qui, à diverses reprises, furent ajoutées à l’ancien édifice, savoir : le mur latéral de l’église moderne ; la façade bâtie après la destruction des premières travées pour fermer la partie conservée ; les chapelles construites daus les intervalles des contre-forts, du côté droit; enfin, les récentes îeslaurations de l’abside.
Ce dernier travail fut entrepris en 1852, à l’initiative cl par les soins de M.l’abbé D. Giov. Léoni5. Il a r porté principalement sur les corniches el les fenêtres de l’abside qui, rétablies dans le style de l’édifice, contribuent beaucoup à lui rendre son vrai ca-
1 Pour les renseignements historiques sur le monastère, l’église et les reliques de Saint-Celse, consultez, outre 1 histoire de Giulini et l'ouvrage de Bugati déjà cité : Puricelli, Disserlarione namriaha; — Catti, Dell’ imlico tempo di S. Celso in Milano, Milano, 1842 ; — Cassina, Le Fabbriche piu rnpieve di llilano, Milano, 1850.
* L'autel, rangé maintenant dans la cour qui précède la partie conservée de l’église, se trouvait en avant de l’abside, à peu près au milieu de la dernière travée. C’est un monolithe en marbre, creusé dans l’intérieur à la façon d'une auge. La face ouverte posait sur le sol. Cette espèce de boite, très-simplement ornée, enveloppait le sarcophage contenant les reliques ■ Bugati en donne le dessin. Le’ sarcophage, tenu pour un ouvrage du quatrième siècle, est décoré de sculptures sur trois côtés On j voit notamment les rois mages, habillés en barbares d’Asie. Celui des trois voyageurs qui précède les autres montre du doigt l’étoile révélatrice, et, faute de place, le doigt touche l'astre, si bien que de savants commentateurs (Giulini, Bugati) se sont avisés de prendre cet astre pour une comète, à cause de 1 appendice qui le rejoint.
S Cette église (vulgairement appelée Madonna di S. Celso), bâtie sur l’emplacement de l’ancienne basilique de Saint- Nazaire in campo, a été fondée en 1491 par 1. Galéas Sforza, duc de Milan. Elle ne fut achevée que vers la fin du seizième siècle. Galéas Alessi de Pérouse parait en avoir etc l'architecte. — Cassina, Fabbr. di Milano.
a M l’abbé D. Giov. Leoni, qui possède ce plan, a bien voulu le mettre à ma disposition.
» Il n’est que juste de faire observer que ce travail de restauration est le premier qu’on ait entrepris sur un monument de stvle lombard, non-seulement à Milan, mais encore dans toute la Lombardie.