SAINT-JEAN IN BORGO A PAVIE
L’église de Saint-Jean in borgo, l’une des principales et des plus anciennes de Pavie, n’existe plus depuis 1811. Elle fut alors démolie pour fournir des matériaux à la construction d’un canal : quelques pans de muraille sont à peine restés debout. Heureusement les dessins du plan et de la façade, pris avant la démolition, subsistent encore dans les archives du collège Borromée *. Les renseignements qu’ils fournissent sont complétés sur certains points au moyen de témoignages verbaux recueillis par MM. Sacchi avant 18288. La sculpture peut encore s’apprécier d’une manière très-suffisante, attendn qu’il subsiste un certain nombre de chapiteaux, sauvés en 1811 par quelques amateurs d’antiquité et réunis récemment à Pavie, grâce aux soins de la Commission provinciale d’archéologie3.
Nous ne suivrons pas MM. Sacchi dans la discussion à laquelle ils se livrent pour établir que Saint-Jean in borgo, fondé par la reine Gundiberge, épouse de Rotari, remonte à la première moitié du septième siècle. Cette question d’origine n’offre qu’un médiocre intérêt, parce qu’il est impossible d’admettre, avec les auteurs précités, que l’édifice détruit en 1811 était encore l’église primitive. Volontiers même accorderions-nous à cette dernière une date plus reculée que le .septième siècle, car il semble que l’église en question, bâtie hors les murs, et nommée aussi très-anciennement Saint-Jean in cemeterio, à cause du voisinage d’un grand cimetière, doit avoir eu pour fondateur l’évêque saint Maxime (499-514), enterré « ab antiquo, » selon les anciennes chroniques, à Saint-Jean in borgo, et qui, d’après le témoignage de saint Ennodius, aurait consacré une église à saint Jean-Baptiste *.
1 M. le recteur du collège Borromée a bien voulu m’autoriser à prendre copie de ces dessins qui sont reproduits sur les pl. 64 et 65.
2 Sacchi. Antichità romantiche d'Italia, p. 61 et suiv.
3 Ces chapiteaux étaient provisoirement déposés dans une salle du palais de l'Université quand je les ai vus pour la dernière fois. Je les avais visités et dessinés en 1861 dans les lieux indiqués par MM. Sacchi.
* Robolini. Not. stor. di Pavia. Vol. I, p. 47 et 126.