SAINT-JEAN IN BORGO A PAVIE
pas, comme celle de Saint-Michel-Majeur, contemporaine du corps de l’édifice, il reste, en définitive, une présomption de quelque valeur à l’appui de l’ordre chronologique indiqué par l’architecture des façades. L’examen des sculptures de Saint-Jean semble confirmer cette présomption.
Celles du portail ne peuvent être appréciées que fort imparfaitement d’après le dessin original, reproduit sur la planche 05, qui nous a transmis l’image de cette façade ; mais les sculptures des nefs, qui précisément offrent le plus d’intérêt pour l’objet en discussion, peuvent être jugées en complète connaissance de cause. Les plus remarquables de celles qu’on a conservées sont reproduites sur la planche 67. Tout en présentant beaucoup d’analogie avec les sculptures de Saint-Michel-Majeur, elles témoignent cependant d’un art quelque peu plus soigné et plus avancé.. En effet, aucun chapiteau de Saint-Michel ne possède au même degré que le chapiteau III de Saint-Jean in bonjo les qualités de large disposition et d’habile enchevêtrement des plantes et des figures. Aucun n’est aussi délicatement taillé que le chapiteau I, où, dans une scène de combat, apparaissent tous les détails du costume militaire et du harnachement. Les feuillages de la figure II sont aussi d’une rare ampleur et d’un bel agencement. Mais le morceau le plus remarquable est le chapiteau IV, qui représente une syrène, aux longs cheveux tombant sur les épaules, en proie à deux serpents qui mordent ses mamelles. L’exécution ferme et soignée de ce morceau, ainsi que l’énergie des attitudes et leur vérité, le classent au premier rang parmi les ouvrages de la sculpture lombarde. On peut dire que les chapiteaux de Saint-Jean in borgo appartiennent à la plus belle époque de cet art, qu’ils en marquent le point culminant, et Ton jugera sans doute, comme nous, que, traités dans le même style que ceux de Saint-Michel, mais avec plus d’habileté dans la forme, ils leur sont probablement postérieurs.
Par là se trouverait confirmée, autant du moins que cela est possible pour un monument détruit, dont il reste seulement quelques dessins et un petit nombre de sculptures, la supposition, motivée surtout par la comparaison des façades, que la date de Sain t-Jean tnèon/o est intermédiaire entre celles de Saint-Michel-Majeur et Saint-Pierre in ciel d'oro. L’église de Saint-Jean serait donc du onzième siècle.