SAINT-ÉTIEMVE ET SAINTE-MARIE-DEL-POPOLO A PAVIE
a nenuies dans des massifs rectangulaires. En même temps fut supprimée toute communication avec Sainte-Marie del popolo, qui déjà fort maltraitée, ne tarda point à tomber en ruines et s’obstruer de bâtisses. Le dernier pilier de la moderne coupole se trouvant achevé en 1768, on fit encore subir quelques appropriations à celles des parties anciennes, déjà modifiées en 1526, que les nouvelles constructions n’avaient point fait disparaître. La continuation des travaux, à partir de 1854, amena la démolition de quelques vieux piliers tant de Sainte-Marie que de Saint-Etienne. Dans l’état, actuel, il ne reste plus de Saint-Etienne qu'un morceau de la façade et quelques-uns des anciens supports noyés dans la maçonnerie postérieure. Sainte-Marie del popolo a laissé des ruines plus considérables. Le côté droit est assez bien conservé jusqu’au sommet des piliers : du même côté subsiste en outre une portion de la crypte.
Les renseignements qui précèdent sont empruntés à l’Étude de M. Camillo Bram- 1» ilia sur Sainte-Marie del popolo. A cause de la contiguïté des deux églises, l’auteur s’est accessoirement occupé de Saint-Etienne. Son travail, illustré par des planches d’une scrupuleuse exactitude, est aussi complet et intéressant qu’on peut le souhaiter. Nous ne saurions mieux faire que d’y renvoyer le lecteur, curieux d’approfondir l’histoire de la double cathédrale de Pavie. Contentons-nous de donner ici des renseignements sur les formes architecturales et d’exprimer notre opinion sur l’âge des édifices.
Saint-Etienne. — Saint-Etienne avait cinq nefs, disposition très-rare chez les églises lombardes conservées jusqu’à ce jour, mais qui peut s’expliquer ici par la reconstruction du monument sur les fondations d’une basilique latine. L’auteur anonyme des Louanges de Pavie nous apprend qu’un porche voûté, dit atrium, régnait contre la façade et se poursuivait devant le front de Sainte-Marie avec une longueur totale d’un tiers de stade, c’est-à-dire d’environ 60 mètres. On voit encore les amorces de cette construction sur la partie conservée de la façade. Celle-ci ressemblait d’ailleurs aux façades de Saint-Jean in borgo et Saint-Pierre in cield’oro. Des contre-forts rectangulaires montaient de fond ; et, dans leurs intervalles, au-dessus du porche, étaient distribuées de fines colonnettes engagées, tantôt isolées, tantôt réunies an nombre de trois. Des fenêtres géminées s’ouvraient aussi sur la grande nef au-dessus du porche. Trois porles frontales débouchaient dans cette nef et les deux collatéraux attenants. La petite porte de gauche est seule conservée dans son état primitif. Par sa disposition et ses sculptures, elle ressemble beaucoup aux portes frontales de Saint-
Michel et Saint-Jean. Cependant on y reconnaît un art plus recherché, à cause surtout de l’extrême richesse de l’ornementation : rinceaux, personnages et animaux tapissent complètement la pierre, à ce point que, même au cintre de la porte, il ne reste aucune surface lisse.
La démolition récente de quelques-uns des supports remaniés en 1526 et 1768 a donné de curieux renseignements sur les anciens appuis. On a trouvé d’abord le pilier lombard cantonné de colonnes, construit en grandes et belles briques comme celles de Saint-Théodore, avec chapiteaux cubiques également en briques. Puis, au centre de ce pilier, apparut une colonne, dont le chapiteau, imitation barbare de la corbeille corinthienne, pesant et grossier en son travail, avec force trous au trépan, témoigne d’une profonde décadence artistique. La basilique à colonnes, à laquelle appartenait ce dernier appui, remontait peut-être au septième siècle. Plus tard, au lieu de la jeter par terre, on la noya dans la construction lombarde; et ce fait ajoute un exemple de plus à ceux, déjà cités, qui attestent le maintien des dispositions antérieures chez des églises rebâties dans le style lombard.
Malheureusement, on ne possède aucun renseignement sur la longueur des nefs et la disposition du chevet, si bien que tout ce qu’on sait du plan de Saint-Etienne se réduit à connaître sa division en cinq nefs. Pour apprécier la date, nous consulterons les formes architecturales et les sculptures du fragment conservé de la façade, ainsi que l’appareil en briques des piliers lombards. Ces éléments d’information s’accordent, à notre avis, pour annoncer une période avancée du style lombard, soit la seconde moitié du onzième siècle, soit le douzième.
SAiNTE-MARiE-DEL-ropoLo. — L’église de Sainte-Marie del popolo , partagée en trois nefs, mesurait 42 mètres en longueur et 22 mètres et demi en largeur. Le bas-côté gauche était notablement plus large que celui de droite ’. Il n’y avait qu’une porte sur la façade. Les piliers, tous pareils, au nombre de cinq pour chaque file, formaient six travées : dans les cinq premières, les compartiments étaient barrelongs sur la grande nef et sensiblement carrés dans les collatéraux. L’inverse avait lieu pour la sixième travée qu’occupait le sanctuaire. La nef principale était couverte par des voûtes d’arête : une amorce d’arc encore subsistante montre que ces voûtes avaient des nervures diagonales à section rectangulaire.
La grande nef mesurait 9”, 75, le bas côté droit 5m,70 et le bas côté gauche 7“,10.