‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 51 sur 112 · SAINT-ÉTIENNE ET SAINTE-MARIE- DE L-POPO LO A PAVIE · texte numérisé non relu

SAINT-ÉTIENNE ET SAINTE-MARIE- DE L-POPO LO A PAVIE

La couverture des nefs latérales présentait une curieuse disposition. Dans les travées 2, 5 et o à partir de la façade, se trouvaient des voûtes d’arête placées bas comme d'habitude, tandis que, dans les travées 1, 4 et 0, il existait des berceaux situés à un niveau intermédiaire entre ces voûtes basses et la couverture du vaisseau principal : de là résultait, -de chaque côté de la grande nef, une succession d’arcs longitudinaux de hauteur inégale, dont les plus élevés donnaient lieu sur les murs d’enceinte à des saillies en forme de pignon.

Les piliers, dont nous montrons ci-contre la section, reçoivent sur quatre demicolonnes les retombées des arcs doubleaux et longitudinaux ; les arcs diagonaux de la grande nef s’appuient également sur des nervures rondes, si bien qu’il n’existe, en fait de ressauts à angle vif, que de minces cordons jouant un rôle secondaire. De robustes éperons extérieurs soutiennent les voûtes.

Une crypte à moitié enterrée, à moitié relevée au-dessus du sol, occupait la dernière travée sur toute la largeur de l’église. Il n’en reste qu’une petite partie, suffisante d’ailleurs pour faire voir que l’on s’est conformé au type habituel.

A part les chapiteaux des piliers, la construction est complètement exécutée en briques, remarquables par leurs dimensions et leur beauté. Dans les piliers, les demicolonnes, larges de 0m,68, ne comptent parfois que deux briques par assise, et les cordons des arcs diagonaux, dont le diamètre est d’environ 0m,56, ont au moins la moitié des assises faite d’une seule brique. Les parements intérieurs des murs sont exécutés en briques de O'VLo de longueur sur 0m,23 de largeur. L’épaisseur de ces matériaux varie entre 0m,07 et 0m,08, et celle des lits de mortier est comprise entre 0ra,01 et O1", 015. On voit encore, en haut des murailles et des contre-forts, de grandes tuiles plates à rebord, pareilles à celles qui couvraient les constructions romaines. Remarquons enfin que les bases des piliers sont aussi en terre cuite. Le profil en est bizarre : au tore supérieur, compris entre deux filets, succède un talon renversé qui pose, sans l’intermédiaire d’une plinthe, sur de larges dalles en pierre établies au niveau du sol1.

Les chapiteaux en marbre blanc, pourvus en général d’un tailloir distinct, sont ornés de feuillages ou de figures. Ils forment parmi les sculptures lombardes de Pavie

1 Brambilla. La basilica di Santa Maria del popolo., p. 18, pl. Il et IV.

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un groupe original, que la maigreur des ornements, la sécheresse du modelé et certaines formes particulières données souvent aux feuillages, distinguent très-nettement de ce qu’on voit dans les autres édifices. Parmi les deux chapiteaux dont nous montrons le dessin, celui qui porte un animal entre deux grosses feuilles d’angle appar¬

tient au dernier pilier de la file droite; l’autre, orné seulement de végétaux, se trouvait placé dans le mur de séparation des deux églises, à la naissance de l’arc qui les faisait communiquer ensemble.

La démolition de deux piliers de la file gauche amena en 1854 la découverte de divers fragments d’une mosaïque en marbre, qui formait, dans les quatre premières travées de la grande nef, l’ancien pavé de Sainte-Marie del popolo. Grâce au dessin fait à cette époque, on peut apprécier ce très-curieux et très-intéressant ouvrage. Ce que nous en dirons sera emprunté à la notice de M. Brambilla, où la mosaïque en question est reproduite en chromolithographie.

Sauf quelques parties composées de plaquettes en marbre, celte mosaïque est formée de petits cubes en pierre ou en marbre de diverses couleurs. Deux larges bandes longitudinales, ornées principalement d'une grecque qu’interrompaient des figures d’animaux, la bordaient de chaque côté, contre les plinthes des piliers : d’autres bandes établissaient des divisions transversales. Au milieu se trouvait, dans un compartiment carré, un cercle limité par une bordure où l’on voyait divers personnages ou animaux désignés par des noms. C’est à cette décoration centrale qu’appartient le principal fragment retrouvé en 1854. Deux figures, dont l’une représente la foi (FIDES), et l’autre n’a plus de nom, tiennent en l’air un troisième personnage, la discorde (DISCORDIA), dont ils achèvent de couper les mains

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