‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 53 sur 112 · SAINT-ÉTIENNE ET SAINTE-MAIUE-DEL-POPOLO A PAV1E · texte numérisé non relu

SAINT-ÉTIENNE ET SAINTE-MAIUE-DEL-POPOLO A PAV1E

décisive, en premier lieu dans la structure des maçonneries, et ensuite dans la dispostition des voûtes.

De ces deux questions, la première fut traitée par M. Brambilla avec l’importance qu’elle mérite. Considérant les dimensions considérables des briques (celles du parement interne mesurent (T, 45 de longueur sur 0m,23 de largeur et 0“,07 à 0'",08 d’épaisseur), et rapprochant ces dimensions de celles que l’on observe à Milan dans la chapelle de Saint-Aquilin et l’abside de Saint- Ambroise1, M. Brambilla donne à entendre que l’usage des très-grandes briques, fréquent à l’époque romaine, ne s’est perdu que peu à peu durant le moyen-âge, en sorte que les édifices de cette dernière période seraient en général d’autant plus anciens que l’on y aurait employé de plus grandes pièces en terre cuite. L’épaisseur des lits de mortier fournirait un indice analogue : très-larges dans les constructions romaines, ces lits auraient progressivement diminué. Que les dimensions superficielles des briques et les épaisseurs des couches de mortier se soient amoindries depuis l’antiquité, n’est point un fait contestable ; maison doit, à notre avis, reconnaître en même temps que les modifications dans la forme et le mode d’emploi ne se sont nullement accomplies suivant une loi régulière. Généralement la brique romaine, très-développée en longueur et en largeur, est fort mince, et les lits de mortier égalent presque en épaisseur la hauteur des tablettes en terre cuite. Ces dispositions furent, au sixième siècle, fidèlement appliquées à Saint-Vital de Bavenne. On les observe également à Pavie dans les restes de Sainte-Marie clelle caccie, ainsi qu’à Milan dans la chapelle de Saint-Aquilin. Mais déjà l’abside de Saint-Ambroise nous offre des briques de 0"’,07 d’épaisseur, séparées par des lits de mortier de 0”,01 à 0'",02, ce qui implique l’abandon de la méthode romaine, caractérisée par la minceur de la brique cl l’abondance du mortier, deux qualités corrélatives.

D’autre part, c’est un fait bien connu que, à l’époque du bas moyen âge, la maçonnerie en terre cuite fut traitée en Lombardie avec une très-grande perfection. Laissant de côté les admirables décorations qu’on voit à Milan, Pavie, Plaisance et dans beaucoup d’autres villes de la plaine du Pô, contentons-nous de citer comme exemple le gros œuvre de l’église ogivale de Sainte-Marie del carminé à Pavie. Les briques courantes y mesurent O”1^ sur 0m , 1 5 et 0m,085 ; mais dans les colonnes engagées sont employées des briques courbes énormes dont la longueur développée

1 Brambilla. La basilica di Santa Maria del popolo. Note 15. p. 55.

atteint 0m,o0. Tous ces matériaux en terre cuite sont exécutés avec des formes si régulières et posés avec une telle perfection qu’on a pu 11e donner aux joints qu’un millimètre à peine d’épaisseur.

Il ne nous paraît point douteux que le système de construction en briques appliqué dans les monuments lombards de Pavie se rattache à la brillante période architecturale qui s’est épanouie durant le bas moyen âge et le commencement de la Renaissance. Ce système n’est point une continuation de celui des Romains, témoin la forme des briques, qui sont toujours rectangulaires, jamais carrées ni triangulaires; témoin leur grosseur, comprise entre six et huit centimètres, et l’épaisseur des lits de mortier, qui, variable entre huit et quinze millimètres, est en général d’un centimètre. Notre assertion n’est pas contestable pour la petite église de Saint- Lazare près Pavie, où les colonnettes et les consoles du couronnement nous montrent de grandes pièces en terre cuite façonnées avec une rare précision et des formes trèsrecherchées. Elle ne l’est pas davantage pour Saint-Pierre in ciel d'oro, où les fenêtres de la grande nef portent dans leurs archivoltes le même ornement qu’on observe à Saint-Lazare (voy. pl. 66, flg. K), ni pour Saint-Théodore, dont les petites consoles de couronnement offrent, dans leurs profils, tant d’analogies avec les grandes consoles de cette dernière église (Voy. pl. 69).

On en peut dire autant de Sainte-Marie del popolo. Et nous en trouvons la preuve dans la complète ressemblance de la maçonnerie des supports isolés avec celles des piliers de Saint-Théodore et des supports engagés construits en briques à Saint-Pierre in ciel d’oro. Les demi-colonnes des appuis sont exécutées dans les trois monuments avec de grandes briques courbes, qui, à Saint-Pierre, mesurent 0'\55 de longueur sur 0m,16 de largeur et 0”,075 d 'épaisseur, tandis que, à Saint-Théodore, elles atteignent les mêmes dimensions qu’à Sainte-Marie del popolo. Nulle part, il est vrai, on ne trouve employées, comme dans cette dernière église, des briques courantes de 0m,43 de longueur; mais celles qui revêtent la façade de Saint-Lanfranc et le mur d’enceinte septentrional de Saint-Théodore mesurent 0"\52, et l’abside de Sainl- 1 héodore est faite a l’extérieur avec des briques de O™, 36. La différence n’est donc pas très-grande, et d’ailleurs elle est comparable à celle qui existe parfois entre les matériaux appartenant à diverses parties d’un même édifice, Saint-Théodore par exemple, où l’on observe, outre les deux échantillons de 0m,56 et 0”,32, celui de 0”,27, employé pour la coupole. Et, comme tous les matériaux dont nous venons de parler offrent non-seulement le même aspect et les mêmes conditions d’emploi, mais

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