SAINT-THOMAS IN LIM1NE PRÈS ALMENNO
tiennent aux gros chapiteaux des colonnes du rez-de-chaussée. La coupe AB de la pl. 92 suffit à montrer la forme des plus simples de ces chapiteaux. Ceux qui se trouvent à l’entrée du chœur sont plus ornés que les autres : l'un (fig. I de la pl. 95) est garni de feuillages grossièrement tracés et sculptés; l’autre (fig. II) a sa corbeille décorée d’arceaux entre-croisés. Le mauvais état de ces deux ouvrages pourrait faire soupçonner qu’ils proviennent de quelque construction plus ancienne. Les bases ne sont pas moins
frustes. La fig. IV montre leur forme ordinaire, tandis que la fig. III reproduit une disposition exceptionnelle. Toutes ces hases, sauf une, posent sur le sol par un plateau circulaire. Quellesquc soient les formes de détail, chapiteauxet bases sont d’une robuste stature qui s’accorde bien avec les massives proportions des fûts. La vigueur de ces colonnes du rez-de-chaussée convient parfaitement à leur emplacement et à leur fonction.
Celles de l’étage supérieur) sont beaucoup moins trapues. Leurs chapiteaux étant plus étroits, il a fallu, pour donner assiette aux arcs qu’ils soutiennent, les surmonter d’un grand sommier traité dans le mode bysantin. La comparaison des fig. VII et VIII
montre que ce sommier est plus développé dans un sens — celui de l’épaisseur des murs — que dans l’autre. Il en est de même à Saint-Vital de Ravenne. Cette inégalité de dimensions provient d’une nécessité matérielle bien comprise et franchement exprimée. Les chapiteaux des colonnes supérieures sont beaucoup plus ornés que ceux d’en bas. Nous donnons le dessin de cinq d’entre eux. Le plus délicatement sculpté est celui que représente la fig. VIII. Les symboles des Évangélistes en décorent un autre. Le chapiteau XI avec ses tètes de béliers, et surtout le chapiteau VII, enveloppé de feuilles et de volutes, et surmonté d’un abaque corinthien, peuvent passer pour une imitation de l’antique. Contentons-nous de dire, à propos du chapiteau IX, que les ligures mises en scène sur ses parois paraissent groupées dans le but d’exprimer des actions ou des idées déterminées. En définitive, tous ces chapiteaux sont très différents les uns des autres, et l'on observe aussi que plusieurs d’entre eux sont trop larges pour leurs fûts. Il serait possible que quelques-uns fussent plus anciens que le monument. Quant aux bases, dont nous donnons un exemple, elles ont entre elles beaucoup de ressemblance.
Les nervures engagées dans le mur d’enceinte de la galerie haute consistent en de maigres pilastres surmontés de chapiteaux à écussons du genre cubique. A ces pilastres correspondent au rez-de-chaussée de robustes demi-colonnes, pourvues en général de chapiteaux à feuillages qui reproduisent le type corinthien avec une rare fidélité. Deux d’entre eux, situés près de l’entrée du chœur (vov. fig. V), diffèrent des autres en ce qu’ils sont ornés de figures humaines, figures bizarres dans la forme et dans l’attitude, mais bien comprises sous le rapport de l’effet décoratif. Des feuilles seulement épannelées garnissent la doucine du tailloir. La base (voy. fig. VI), d’un profil correct, est pourvue de griffes d’une forme particulière. Outre la doucine qui vient d’être signalée, on en trouve d’autres dans les ébrasements de la porte principale et d’une fenêtre de l’abside (voy. sur la pl. 92 les sections de ces deux baies).
Date du monument. — De toutes les sculptures de la rotonde celles que nous avons décrites en dernier lieu, c’est-à-dire les chapiteaux et les bases des colonnes engagées du rez-de-chaussée, sont les plus intéressantes pour la détermination de l’âge du monument, à cause de l’uniformité de leur style et de la précision avec laquelle les membres d’architecture qu’elles décorent s’adaptent aux fûts des colonnes. On reconnaît, en effet, à ces indices que les sculptures en question sont contemporaines de la construction du monument. Or elles annoncent un art avancé tant par le style des