SAINT-THOMAS IN LIM1NE PRÈS ALMENNO
finuies sculptées sur lesdeux chapiteaux voisins du chœur que par la forme des griffes et le profil des tailloirs.
Le dessin très recherché de la corniche du chœur et la triple arcature au fond de laquelle s’ouvre, au premier étage, la petite fenêtre tournée vers le nord (voy. sur la pl. 92, le plan de l’étage supérieur et la coupe AB), conduisent à un jugement analogue touchant la date de 1 édifice. On peut encore alléguer à l’appui de ces témoignages le stjle de la plupart des sculptures de la galerie haute, notamment celui du chapiteau VIII, qui se distingue entre tous par la finesse et l’élégance de ses ornements.
Il est vrai que d autres parties de 1 œuvre pourraient se prêter à des appréciations differentes. La forme circulaire de l’édifice, plus fréquente dans l’architecture romaine que dans la byzantine et celle du haut moyen âge italien, les niches ménagées dans les parois du rez-de-chaussee, et les réminiscences de l’art antique visibles dans quelques chapiteaux; en un mot, la physionomie générale de la rotonde et quelques-unes de ses formes de détail semblent, au contraire, annoncer une origine reculée. Mais, lorsque divers caractères artistiques donnent sur la date d’un édifice des indications qui ne concordent pas entre elles, ce sont nécessairement — sauf la circonstance d une restauration, dont il n’existe aucune trace dans le cas présent, les parties où apparaît l’art le plus développé qui doivent servir à fixer l’âge. Car des formes anciennes peuvent revivre par voie d’imitation, tandis que les formes les plus avancées se rapportent, selon toute vraisemblance, à l’époque même de la construction.
Aussi tiendrons-nous la rotonde d’Almenno pour un ouvrage de la fin du onzième siècle, ou plutôt de la première moitié du douzième. Il ne conviendrait pas de franchit cette dernière limite, surtout à cause de la petitesse et de la grossièreté de l’appareil extérieur, qui fait contraste avec la belle construction à joints très minces et grandes pierres bien équarries encadrées par des ciselures, qu’on observe dans l’église voisine de Saint-Georges. Celle-ci appartient certainement à la période finale du style lombard et comme elle consiste en une simple basilique couverte en charpente avec trois nefs séparées l’une de l’autre par des arcades sur pieds-droits1, il n’est nullement probable qu’on ait pris, à raison de l’époque de sa construction, plus de peine pour la bien bâtir qu’on n’en prit au sujet de la rotonde, qui est un édifice tout autrement
* Lcs dessins de cet édifice sont donnés par Fr. Osten. Die Bameerke in der Lombardei... Pl. il et 48.
ARCHITECTURE LOMRARDE.
recherché dans sa disposition et sa décoration. La supériorité des procédés d’exécution suivis à Saint-Georges ne peut guère tenir qu’à une sensible différence d’âge entre les deux édifices. Au reste l’écart de date apparaît encore très nettement quand on compare ensemble les sculptures de l’une et de l’autre église.