‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 63 sur 112 · BAPTISTÈRE D’ARSAGO · texte numérisé non relu

BAPTISTÈRE D’ARSAGO

L’église et le baptistère d’Arsago sont situés à une demi-lieue environ de la station de Somma, sur le chemin de fer de Milan à Gallarate. L’église, dédiée à Saint-Victor, est une basilique couverte en charpente, ayant trois nefs et trois absides, et dont les appuis intérieurs sont alternativement des colonnes et des piliers rectangulaires. Trois colonnes ont des chapiteaux de provenance antique. Un porche couvert en charpente régnait le long de la façade *. Toute la construction est extrêmement simple.

Au-devant et tout près de 1 église, dans l’axe même de la façade, s’élève le baptistère, voué selon l’usage à Saint-Jean. Il se présente à l’extérieur sous l’aspect d’une tour octogonale, d où sort, au sommet, le faite d une tour plus étroite, au parement évidé par des arcatures8. On entre dans l’édifice par deux portes qui se font face au nord et au midi (voy. pl. 94). A. côté d’elles sont les points de départ des escaliers qui conduisent à la galerie supérieure. La piscine, placée au centre, se compose à présent d’une excavation octogonale, au fond de laquelle on descend par deux gradins.

Le rez-de-chaussée avec ses grandes niches, dont l’une creusée circulairement sert d’abside, se rattache au type des plus anciennes rotondes simples voûtées, telles que le temple de Portumne à Ostie, le temple octogone du palais de Dioclétien à Spalatro, l’église constantinienne de Saint-Marcellin et Saint-Pierre, Saint-Georges de Thessalonique et les deux rotondes milanaises deSaint-Aquilinet de Saint-Sixte (voy. pl. 4), tous édifices dont la filiation remonte au Panthéon de Rome. Cette partie basse du monu-

1 On voit encore sur cette façade des trous où se logeaient les têtes des poutres de l’auvent.

2 La vue d’ensemble, donnée ci-dessous, du baptistère et de la façade de l’église sont dessinées d’après une photographie dont M. de Laurière, son auteur, a bien voulu me faire présent.

ment fait contraste par l’épaisseur des maçonneries avec l’extrême légèreté de la construction qui la surmonte. Le premier étage se compose en effet d’une spacieuse galerie

limitée à l’intérieur par des arcades sur colonnes et à l’extérieur par une très mince muraille d’enceinte. C’est absolument, sauf le changement du cercle en octogone et la grosseur beaucoup moindre des murs, la même disposition que celle de la galerie supérieure de la rotonde d’Almenno.

Au-dessus des arcades commence le tambour de la coupole, prisme à seize pans, qui se raccorde avec la base octogonale par de petites trompes à gradins situées dans les tympans des arcades. Les facettes de ce prisme se continuent dans la voûte. Celleci porte directement sa couverture conique en dalles schisteuses. Les voûtes d’arête de la galerie ne sont pas, comme celles de la rotonde d’Almenno, inclinées vers l'enceinte en vue de porter leur couverture. On a posé celle-ci sur une aire en maçonnerie supérieure aux voûtes et réglée suivant la pente du toit. Grâce à la qualité du mortier, cette aire rampante forme avec le massif de la voûte d’arête et la muraille du tambour un bloc évidé qui se maintient en équilibre, malgré la poussée de la

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