‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 75 sur 112 · CARACTÈRES DU STYLE LOMBARD · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DU STYLE LOMBARD

Les églises décrites précédemment depuis Saint-Ambroise de Milan offrent des variations de style qui conduisent à reconnaître plusieurs écoles locales. Le groupe des églises milanaises et celui des églises pavésanes, principaux sujets de notre étude, présentent des caractères à peu près identiques. Ils forment, au cœur de la Lombardie l’œuvre monumentale à laquelle s’applique, à proprement parler, le nom d’architecture lombarde. Les églises des territoires avoisinants appartiennent à la même école; mais, à mesure qu’on s’éloigne de son centre d’action, d’autres influences se font sentir. L’art des bords du Rhin et celui de la Bourgogne marquent leur empreinte dans les églises comasques ; quelques traits du roman français apparaissent dans le Piémont et le Montferrat ; l’architecture toscane montre son influence dans la cathédrale de Modène, et les églises de Vérone se distinguent aussi par des formes particulières. Ainsi le domaine du style purement lombard a pour frontières ; les vallées des Alpes,

le Tessin, les Apennins et une ligne idéale tracée du nord au midi entre Vérone et Brescia d’une part, Modène et Parme de l’autre.

Ce sont les édifices de la région ainsi circonscrite dont nous résumerons les caractères ; et nous nous bornerons à signaler les traits particuliers aux écoles d’architecture limitrophes.

Le style lombard apparaît au neuvième siècle avec Saint-Ambroise de Milan. Il est difficile de fixer le terme de sa durée, la ligne de démarcation entre l'architecture du haut moyen-âge et celle du bas moyen-âge étant fort indécise en Italie. Le style ogival n’a jamais eu dans ce pays les caractères si tranchés qu’il présente de l’autre côté des Alpes. C’est ainsi que la cathédrale de Côme, l’église de la Chartreuse dePavie, Sainte- Marie-des-Grâces à Milan ont encore beaucoup d’analogie avec les églises lombardes, même dans les parties construites au quinzième siècle, au commencement de la Renaissance. Sauf quelques exceptions, le style lombard s’esWen quelque sorte continué dans la Cisalpine jusqu’à la fin du moyen-âge.

Toutefois les progrès accomplis à partir du treizième siècle, progrès qui ont eu principalement pour effet d’imprimer aux édifices plus de hardiesse et de légèreté dans l’ensemble, plus d’élégance et de finesse dans les détails, donnèrent lieu à des œuvres de tous points achevées, qui se distinguent par leur caractère définitif de celles, relativement imparfaites et grossières, de l’âge précédent. On peut, à ce titre, appliquer à l’architecture italienne la classification généralement adoptée pour l’art du moyen-âge dans les pays occidentaux. Ainsi ferons-nous, ces explications étant données, en limitant au commencement du treizième siècle l’ère du style lombard.

Principales hispositions des églises lombardes. — Les églises de style lombard peuvent se rapporter à trois types : la basilique à colonnes, la rotonde et la basilique voûtée, qui sont restés en usage pendant toute la durée de ce style. L’importance de leurs rôles fut très inégale. Les basiliques à colonnes sont ordinairement de modestes églises bâties à la campagne. Les rotondes, construites avec de faibles dimensions, mais parfois avec un certain luxe, furent destinées en général à servir de baptistères. Les principales églises, celles dont la construction et la décoration sont traitées avec le plus de recherche, appartiennent presque toutes au type de la basilique voûtée. C’est naturellement dans ces dernières qu’apparaissent complètement les caractères du style lombard.

Quelle que soit leur forme, les églises lombardes sont presque constamment orienlées

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