‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 76 sur 112 · CARACTÈRES DU STYLE LOMBARD. — ROTONDES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DU STYLE LOMBARD. — ROTONDES

c est-à-dire que 1 axe longitudinal, représenté dans le cas des rotondes par le diamètre mené par l’autel, est dirigé de l’ouest à l’est, le sanctuaire étant à l’est et la façade à l’ouest. L’orientation n’est pas rigoureuse, il s’en faut parfois de beaucoup , cependant elle est assez bien marquée pour que les quatre faces d’une église de forme basilicale puissent être désignées sans ambiguïté par les noms des points cardinaux.

Basiliques a colonnes. — L’église d’Agliate (Vov. pl. 74) montre la forme habituelle des basiliques à colonnes. Elles se composent de trois nefs couvertes en charpente, séparées 1 une de 1 autre par deux files d’arcades sur colonnes et terminées par des absides voûtées en cul de four. Pour augmenter la tribune, on a interposé entre la grande nef et son abside un compartiment voûté, qui parfois se répète devant chacune des absides latérales. Sous la tribune existe presque toujours une crypte. La toiture est apparente ou masquée par des plafonds. Les colonnes tant des nefs que de la cnpte sont fréquemment de provenance diverse, avec des diamètres inégaux, des chapiteaux et des bases de forme et de hauteur variables, réduits parfois à de simples plateaux. Dans les nefs, les arcades reposent ordinairement sur les colonnes par l’intermédiaire de sommiers très développés. Quelquefois des piliers à section carrée remplacent ces colonnes. Devant la façade régnait assez souvent un porche.

Un type plus monumental, mais dont l’origine paraît étrangère au style purement lombard, est celui dont la cathédrale de Modène offre un exemple et qu’on retrouve dans plusieurs églises toscanes et véronaises. Les colonnes y alternent avec des piliers ; et ceux-ci portent des arcs doubleaux qui relient ensemble les murs de la grande nef et la partagent en travées. Comme beaucoup de basiliques voûtées, la cathédrale de Modène avait ses bas-côtés surmontés de galeries hautes, disposition qu’on n’a jamais appliquée aux basiliques lombardes à colonnes du type ordinaire.

Aux édifices de cette catégorie se rattachent encore les églises à nef unique couverte en charpente.

Rotondes. — Le nom de rotonde ne s’applique, à proprement parler, qu’aux édifices circulaires. Toutefois, nous désignerons sous le même titre ceux qui offrent en plan la forme d'un polygone régulier ou celle d’une croix. à courtes branches égales. Les figures I à IV représentent ces diverses variétés de la rotonde. Il est assez curieux d’observer que les mêmes contours pourraient aussi figurer une série de sections de piliers

depuis la plus simple, celle de la colonne, jusqu’à la plus compliquée, celle du pilier à faisceau de nervures alternativement rondes et rectangulaires.

Les rotondes des types I et II sont annulaires ou simples suivant qu’elles sont pourvues à l’intérieur d’une galerie tournante limitée par des colonnes ou qu’elles n’en ont pas. Quand cette galerie existe, elle se répète souvent dans un étage supérieur. Les rotondes de forme cruciale (fig. III et IV) furent aussi disposées parfois de manière à posséder une galerie haute. Quelquefois les rotondes simples ont, à l’imitation des

Il III IV

grandes salles circulaires des Thermes antiques et notamment du Panthéon de Rome, un mur d’enceinte très épais évidé par des niches.

Les rotondes sont, en général, voûtées dans toutes leurs parties. Elles offrent, dans leur structure, des dispositions souvent recherchées et ingénieuses. Ces édifices, avonsnous dit, n’ont été bâtis, à l’époque lombarde, qu’avec des dimensions restreintes. La grande rotonde milanaise de Saint-Laurent ne fait point exception à cette règle, car sa disposition n’est pas d’origine lombarde. Elle remonte plus haut et s’est fidèlement conservée malgré les reconstructions ou restaurations faites au moyen-âge et pendant la Renaissance.

Rasiliques lombardes voûtées. — Si l’on fait abstraction des formes de détail motivées par le système de construction, le plan de la basilique lombarde voûtée ressemble beaucoup à celui de la basilique à colonnes. Il n’en est pas de même pour les élévations de ces deux sortes d’édifices. La principale différence provient de la coupole octogonale qui, dans l’église voûlée, s’élève habituellement à l’extrémité de la grande nef. Elle s’appuie par des trompes coniques sur un tambour carré que portent quatre arcs. Les deux arcs dirigés transversalement à l’édifice sont des doubleaux de la nef principale. Les deux autres s’ouvrent sur deux travées latérales dont les voûtes montent à la même hauteur que celles de la grande nef. Le vaisseau transversal ainsi formé peut n’être point marqué en plan; assez souvent ses extrémités ne

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