DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE DES MONUMENTS
SAINT-LAURENT DE MILAN
L église de Saint-Laurent 1 est une des plus anciennes cl des plus considérables dé Milan. Elle se trouvait autrefois en dehors des murs, et comptait parmi les onze églises désignées au commencement du douzième siècle sous le nom de mères'-. Après avoir subi de nombreux désastres, elle fut enfin reconstruite, vers la fin du seizième siècle, telle qu elle existe actuellement. Le plan général de la planche IV représente ce dernier état, sauf pour la chapelle de Saint-Aquilin qui a été restituée avec ses
1 Voir, au sujet de Saint-Laurent, le mémoire de M. Clericetti, publié dans le Politecnico de Milan, vol. XIV. — Pdcerclie sull architettura religiosa in Lombardia dal secolo quinto ail' undeciino .
2 Giulini, Storia di Milano, t. I, p. 297.
formes primitives. (La teinte gris pâle figure des parties anciennes à présent détruites.)
Disposition d’ensemble. — Caractère byzantin du plan. — L’église lauren tienne se compose d’une vaste salle octogone, autour de laquelle se groupent symétriquement quatre tours carrées et quatre grands exèdres circulaires entourés par une galerie de circulation à deux étages. La coupole centrale est appuyée sur huit piliers qui dessinent un octogone à côtés inégaux : les quatre grands côtés sont parallèles aux axes principaux de l’édifice et correspondent aux exèdres, et les quatre petits correspondent aux tours carrées, à chacune desquelles se rattachent ainsi deux des piliers de la coupole. L’enceinte extérieure de l’édifice, abstraction faite du mur de façade, présente la forme d’un carré, dont les côtés se trouvent renflés par les saillies en arc de cercle des galeries de circulation.
La coupole , très-amplement développée , mesure environ 24 mètres sur son plus petit diamètre. Les exèdres ont 12"', 60 d’ouverture et 4", 70 de flèche, et la largeur de la galerie de circulation est de 5m,20.
L’église est environnée de plusieurs chapelles carrées ou octogonales, fort anciennes aussi et fort intéressantes, dont il sera parlé plus loin.
Le plan de Saint-Laurent, si remarquable par l’originalité de ses dispositions et par l’habileté de son agencement, offre cette singularité qu’il est en contradiction évidente avec l'architecture de l’église. Il suffit de l’examiner avec un peu d’attention pour observer que, loin de paraître du seizième siècle, il présente tous les indices d’une origine byzantine. L’agencement des voûtes et leur mode de soutien, les exèdres à deux étages de colonnes, la forme des galeries de circulation, çont autant de caractères qui ne conviennent qu’au style byzantin. Malgré l’architecture toute moderne de l’intérieur de l’église, on est frappé de l’analogie et, pour ainsi dire, de l’air de famille qu’elle présente avec Saint-Vital de Ravenne. Aussi l’examen des documents historiques relatifs à Saint-Laurent, confirme-t-il la présomption que ces deux monuments datent à peu près du même temps.
Date de la construction primitive. — On sait par un rhythme du huitième siècle 1 que l’église laurentienne, dont la construction primitive remonte aux premiers siècles
Muratori, Rennn ilalicarum scriplores, tome II, part. n.
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d u christianisme, était remarquable, entre toutes celles de Milan, par sa beauté et sa magnificence. Ce rhythme mentionne un détail fort intéressant, en nous apprenant que l’église était environnée de tours : « Edita in turribus. » En 10701 2 3 *, elle fut consumée par un terrible incendie, et le chroniqueur Arnolf, déplorant la ruine d’un temple si magnifique, ne craint pas de dire : « O templum cui nullum in mundo sirnile. » La restauration qui suivit ce désastre fut sans doute fort mal exécutée, car dès l’année 1104 l’édifice s’écroula en partie. Après avoir été réparé, il fut de nouveau incendié en 1124; puis, ayant été restauré une troisième fois, il subsista sans encombre jusqu’en 1575, époque à laquelle la plus grande partie des voûtes s’écroula*. C’est à la suite de cette dernière catastrophe. que l’église fut reconstruite telle qu’elle existe en ce moment.
L’architecte Martin Bassi chargé de cette reconstruction a laissé, entre autres écrits, une série de lettres et de discours relatifs aux travaux de Saint-Laurent. Ces documents nous apprennent de la manière la plus formelle qu’après le désastre de 1575, l’église fut rebâtie sur ses anciennes fondations5. Ou tire immédiatement de ce fait la conséquence que les dispositions actuelles remontent au moins au douzième siècle. Pour décider si elles appartiennent à cette dernière époque, ou si elles datent d’une époque plus reculée, il ne reste pas, sauf le rhythme du huitième siècle, d’autre témoignage (pic celui du monument lui-même. Or si l’on examine les tours et le mur d’enceinte extérieur, on reconnaît aisément que ces constructions, laissées intactes lors de la réédification de l’église en 1575, portent la trace bien apparente des restaurations qui suivirent les désastres successifs survenus au onzième et au douzième siècle. Il résulte de là qu’aucun de ces désastres ne ruina l’église de fond en comble et, qu’à la suite de chacun d’eux, elle fut simplement restaurée ou réparée, cl non pas reconstruite. Les tours actuelles s’élèvent donc sur les fondations de celles qui existaient au huitième siècle.
Ainsi, l’examen des documents historiques et l’observation du monument faite au
1 Muratori, Calendario manoscritto délia biblioteca ambrosiana. — Les historiens Moriggia, Torre et Latuada ne sont pas entièrement d’accord avec l'auteur du Calendrier manuscrit sur la date et sur l’importance des désastres successifs éprouvés par l'église laurentienne. Moriggia et Torre disent que le premier incendie eut lieu en 1084, et Laluada prétend qu’il eut lieu en 1071.
2 Parer'i e dispareri in materia d' architeitura e prospettiva, di Martino Bassi, colP aggiimta degli scritti del medesimo intorno al tempio di San Lorenzo, dati da Francesco Ferrari. Milano, 1771 .
3 Parerie dispareri... di Martino Bassi, p. 95 et suivantes. — « L’ancien temple de Saint-Laurent, qui s’écroula, était
de la même forme que celui que l'on est en train de reconstruire; il reposait sur les mêmes fondations, qui n'ont point été
• altérées... » etc. *
point de vue de la construction, établissent que les dispositions actuelles de l’église laurentienne sont encore les mêmes que celles de l’édifice environné de tours, dont le rhvthme du huitième siècle célèbre la magnificence et dont, trois siècles plus tard, le chroniqueur Arnolf déplore la ruine. Dès lors il n’y a plus aucune difficulté à fixer la date de cet édifice.
En effet, l’ampleur des dimensions, la hardiesse et la régularité des dispositions, la splendeur de la décoration, sont autant de caractères généraux qui prouvent que l’église laurentienne n’appartient pas à l’époque iongobarde. D’autre part, la forme compliquée du plan, le mode de distribution et la maigreur relative des points d’appui, excluent la possibilité d’une origine romaine. Cette église a donc été bâtie durant l’époque comprise entre la domination romaine et celle des Longobards, c’est-à-dire qu’elle date du sixième siècle et que, suivant toute apparence, elle est contemporaine de Saint-Vital. C’est là un fait fort intéressant à constater au point de vue des origines de l’architecture lombarde, car il prouve que l’influence byzantine ne resta point limitée à Ravenne et à ses environs, mais qu’elle s’étendit jusqu’au centre de la Lombardie.
L’église laurentienne fut élevée sur l’emplacement d’un vaste monument romain auquel appartenaient sans doute les seize colonnes corinthiennes, qui sont encore debout, rangées sur une seule file, à 54 mètres environ en avant de la façade. Ce monument, qui paraît avoir été un bain, bâti probablement vers la fin du troisième siècle, par l’empereur Maximien Hercule *, a fait penser à quelques vieux historiens milanais que l’église laurentienne était de construction romaine. Un codex de 1560, qui donne la nomenclature des édifices païens acquis par saint Ambroise et convertis en églises, contient la mention suivante au sujet de Saint-Laurent et de la chapelle de Saint-Aquilin : « Thermæ, seu balneum, nunc Sancti Laurentii, et templum Ilerculis, nunc Sancti Aquilini. » 11 est possible que l’une des salles principales des thermes de Maximien ait été dans l’origine convertie en église par saint Ambroise; mais ce qu’on ne saurait admettre, c’est que l’édifice actuel reproduise les dispositions d’un monument du quatrième siècle. Cet édifice, ainsi qu’on vient de le montrer, n’a pu être élevé qu’à l’époque byzantine.
On a vu plus haut, qu’après le désastre de 1575, l’église laurentienne fut rebâtie sur ses anciennes fondations. Toutefois, et sans parler des pilastres ou redans ajoutés''
1 Clericetli, Richerche suit' architeltura , etc.
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contre les piliers, on fit alors quelques changements dont lé mieux connu et le plus intéressant est celui qui fut apporté à la voûte de la coupole. Martin Bassi la reconstruisit avec une base octogonale. Les écrits de cet architecte nous apprennent, qu’anteneurement à 1575, la coupole, qui était aussi octogonale, se trouvait supportée dans les angles par des arcs en gradins pareils à ceux de la coupole de Saint-Ambroise1. 11 résulte de là que l’ancienne coupole avait une base carrée, et que les appendices des piliers, qui donnent à la base actuelle la forme octogonale, n’existaient point avant 1575. L’ancienne coupole, avec sa base carrée et ses arcs en gradins construits dans les coins pour faire la transition du carré à l’octogone, offrait exactement le type des coupoles lombardes, tel qu’il en reste des exemples, non-seulement à Saint- Ambroise de Milan, mais encore à Saint-Michel de Pavie, et à d'autres églises de la même ville comme- Saint-Pierre au Ciel d’Or, Saint-Théodore, Saint-Lanfranc, etc. Il est évident que cette coupole datait de l’une des restaurations faites à la fin du onzième siècle ou au commencement du douzième.
Quant à la coupole byzantine primitive, qui fut ruinée en 1070, elle devait con-
JV
sisler en une voûte sphérique, portée sur des pendentifs. La planche Aéb donne le plan de chacune des trois dispositions byzantine (A), lombarde (B) et moderne, successivement adoptées pour la coupole de Saint-Laurent.
Chapelle de Saint-Aqlu.in. — Parmi les chapelles de construction ancienne qui entourent Saint-Laurent, la plus importante est celle do Saint-Aquiliu, située au midi de l’église et dédiée autrefois à saint GénésiusL (Voir les planches Vf et VS.) C’est une construction octogonale voûtée, d’un diamètre intérieur d’environ 13 mètres, dont les murailles sont évidées en dedans par huit grandes niches alternativement circulaires et rectangulaires. Au-dessus de ces niches, dans l’intervalle compris entre leurs sommets et la naissance de la voûte, se trouve une galerie de circulation, logée dans l’épaisseur du mur, et ouverte sur la salle intérieure par huit baies assez larges et vers l’extérieur par autant de fenêtres. Le sommet de la voûte, qui a pour section normale un demi-cercle, s’élève à 18”, 50 au-dessus du pavé actuel. Cette voûte est entourée à sa base par une galerie de circulation extérieure, analogue aux galeries
1 M. Bassi, Pareri e dispareri, etc., p. 95 et suivantes. — « La coupole, faite en briques, était supportée par les quatre grands arcs désignés ci-dessus, et dans les angles par plusieurs arcs superposés, disposés en saillie les uns par rapport aux autres, comme cela existe encore à Saint-Ambroise. »
s Giov. Dozio, Memoria sul cullo del mariire saut' Aquilino in Milano. Milano, 1858.
extérieures des coupoles' de style lombard : elle n’en diffère qu’en ce qu’elle est plus spacieuse et surtout en ce que ses arcs reposent sur d’assez gros piliers en maçonnerie de briques, au lieu de porter sur des colonnettes. A chacun des angles extérieurs de l’édifice se trouve un petit contre-fort, destiné simplement à mieux accuser la saillie de cet angle. Toute la construction est recouverte pai une toituie conique, appuyée à son sommet sur le dessus de la voûte et, à sa base, sur le couronnement de la galerie de circulation extérieure.
La chapelle de Saint- Aquilin était autrefois revêtue de mosaïques et de placages en marbre sur toute l’étendue de ses parois intérieures. Celle décoration existait encore au commencement du dix-septième siècle, suivant le témoignage de Torre , qui en parle dans les termes suivants : « Anciennement, cette église était entièrement reve- « tue de mosaïques, et je vis souvent sa coupole décernée de cette manière : il y avait « aussi, entre les différents arcs, des plaques rondes en marbres précieux. Tout cela « fut changé, il y a quelques années. La mosaïque fut alors entièrement défaite; les « plaques rondes furent enlevées et employées en grande partie au tabernacle du maître- « autel de Saint-Laurent, et toutes les parois furent incrustées de chaux blanche et « ornées de stuc dans le goût corinthien. » Malgré l’assertion de Torre, l’ancienne mosaïque n’a pas été entièrement détruite. 11 en reste encore deux fragments qui occupent les voûtes en cul-de-four de la troisième èt de la cinquième niche à droite, à partir de la porte d’entrée. La première de ces mosaïques figure le Christ avec les douze apôtres, et la seconde le martyre de saint Genesius, notaire. Toutes deux offrent le caractère des mosaïques du cinquième ou du sixième siècle.
La porte d’entrée est placée au nord, sur le côté qui fait face à l’église lauren tienne ; son encadrement extérieur se compose de trois pièces de marbre, deux montants et un linteau, très-richement décorées de sculptures, et qui proviennent évidemment de quelque édifice romain de la décadence. Peut-être cette porte est-elle un débris des Thermes de Maximien.
La chapelle de Sainl-Aquilin offre dans sa disposition et dans son mode de construction plusieurs caractères d’antiquité importants à observer. Sa forme générale est tout à fait celle des rotondes simples de l’époque romaine*. Grâce à son épaisseur, le mur d’enceinte octogonal soutient la coupole sans le secours de contre-forts. Les
1 Torre, Rilratto di Milano, p. 127.
a Voir dans l'ouvrage de M.Texier sur l’architecture byzantine, les plans du temple de Portumne à Ostie et de l’église des Saints-Pierre-et-Marcellin à Rome.
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joints de séparation des assises de briques ont une largeur de deux à trois centimètres, et sont remplis par un mortier très-dur, fait avec du gros sable, presque du gravier. Les briques sont bien cuites et d’une grande dimension : elles mesurent environ 0,28 de longueur sur 0,14 de largeur et 0,06 d’épaisseur. Celles employées au pavage de la galerie supérieure out jusqu’à 0,45 de longueur et 0,28 de largeur, sur 0,06 d’épaisseur. Enfin le soubassement est formé par de grands blocs de granité. Les différents caractères qui viennent d’être énumérés ne se rencontrent guère réunis que dans les monuments construits à l’époque romaine où sous l’influence immédiate des traditions romaines.
Il est peu probable, à 'en juger par la forme compliquée et par les proportions écrasées de la galerie de circulation pratiquée dans l’épaisseur du mur, que la chapelle de Saint-Aquilin ait été bâtie avant le quatrième siècle. D’après une ancienne tradition, celle chapelle aurait été construite au commencement du cinquième siècle par Galla Placidia, sœur de l’empereur Ilonorius. Le caractère de l’architecture se rapporte parfaitement à cette date : toutefois, comme Galla Placidia est un de ces personnages historiques auxquels l’opinion populaire attribue volontiers la fondation des monuments dont l’origine se perd dans le passé, cette tradition ne doit être acceptée que sous toutes réserves. Suivant la même tradition, Galla Placidia aurait été ensevelie à Saint- A'quilin, dans le beau sarcophage chrétien qui occupe la première niche à droite de la porte d’entrée; cela n’est guère admissible, car on a tout lieu de croire que celle princesse fut enterrée à Ravenne, dans le tombeau monumental qu’elle s’était fait construire et qui existe encore.
Quant à cette mention du codex de 1560, déjà citée au sujet de l’église laurenlienne, « et templum Herculis, mine Sancti Aquilini, » il n’y a guère d’apparence qu’elle puisse s’appliquer au monument lui-même. Tout au plus exprime-t-elle que la chapelle de Saint-Aquilin a été bâtie dans l’emplacement d’un temple d'Hercule, et, peut-être, sur les mêmes fondations.
Les formes générales de Saint-Aquilin et la position de cet édifice au midi de Saint- Laurent rendent probable qu’il a été construit pour servir de baptistère. Après avoir rempli cet office pendant un certain temps, il fut sans doute consacré à quelque culte spécial, et remplacé dans sa destination primitive par le petit édifice octogone situé au nord de l’église laurentienne.
On a déjà fait remarquer, dans la description générale de Saint-Aquilin, que la galerie qui circule extérieurement autour du pied de la coupole présente beaucoup d’analogie
avec les galeries extérieures des coupoles lombardes. Cette galerie paraît dater de la même époque que le reste de l’édifice. En effet, on ne trouve pas de différence entre la maçonnerie de ses piliers et celle du parement extérieur des murs d’enceinte. De plus, la voûte actuelle étant encore celle qui fut bâtie primitivement (ce fait résulte de la conservation des anciennes mosaïques jusqu’au dix-septième siècle), il n’y a point de raison pour admettre que les constructions accessoires de cette voûte aient été restaurées avec des formes nouvelles. Il résulterait de là que le type de l’un des motifs favoris de l’architecture lombarde se trouverait dans un édifice du cinquième siècle.
Chapelle de Saint-Genesius. — La chapelle de Saint-Genesius occupe l’espace compris entre le mur d’enceinte de l’église lauren tienne et le côté septentrional de la chapelle de Saint-Aquilin. C’est une salle à peu près carrée, voûtée en berceau, et qui paraît avoir été construite a la fin du onzième siècle ou au commencement du douzième. Les deux saillies circulaires tournées à l’est et à l’ouest ont été ajoutées postérieurement. Le seul détail intéressant de la chapelle de Saint-Genesius consiste en un bandeau en pierre sculptée qui se trouve à la naissance de la voûte en berceau : cet ouvrage, quoique inachevé, paraît assez élégant.
Chapelle de Saint-Sixte. — Celte chapelle est exactement semblable à celle de Saint- Aquilin, sauf que les dimensions sont à peu près moitié moindres, et qu’il n’y a de galeries de circulation ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Elle fait pendant à Saint-Aquilin, au nord de l’église laurentienne. Puricelli prétend que la chapelle de Saint-Sixte fut construite, vers la fin du cinquième siècle, par l’évêque saint Laurent1, et rien n’empêche d’accepter pour vraie cette assertion.
Chapelle de Saint-Hippolyte. — La chapelle de Saint-Hippolyte est disposée à l’est de Saint-Laurent, contre le mur d’enceinte de celte église. Son contour extérieur est octogonal. Intérieurement, elle se compose d’un espace carré, recouvert par une voûte d arête, et sur les côtés duquel sont disposées quatre grandes niches rectangulaires, voûtées en berceau. Les arêtes de la voûte centrale retombent sur quatre belles colonnes antiques. Nous n’avons aucun renseignement sur la date de cette chapelle, que l’on dit fort ancienne. Si elle n’est pas de la Renaissance, elle ne peut être que romaine.
1 Puricelli, Vita di sah Lorenzo.
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Il paraît assez singulier que les chapelles qui environnent Saint-Laurent, quoique construites antérieurement à celte église, soient cependant disposées symétriquement sur ses axes principaux; mais on comprendra qu’il en soit ainsi, si l’on considère que les différents édifices dont on vient de s’occuper se trouvent situés sur l’emplacement d’un vaste monument romain, qu’il y a tout lieu de prendre pour les thermes de Maximien. L’église principale occupe sans doute la place -d’une grande salle centrale et de ses dépendances, tandis que les chapelles qui l’entourent furent construites à la place d’autres salles moins importantes, régulièrement groupées autour de la salle centrale.