IX
(2) Esch., Eumt’n.,6S'i .
— « La colline de Mars, ainsi appelée parce que les Amazones, filles de Mars, parvinrent jusque-là dans leur invasion < 1 '. » — « Les Amazones étant issues de Mars, les Athéniens donnèrent le nom de Mars à la colline jusqu’où elles parvinrent <*>. » Le tribunal qui, plus tard, siégea surcette colline, s’appela le Sénat de la colline de Mars.
Selon Pausanias < 1 2 3) 4 , au contraire, la colline et le tribunal auraient reçu leur nom le même jour, parce que Mars aurait été le premier accusé qui aurait comparu devant l’Aréopage. « A côté est la colline de Mars, ainsi appelée parce que la première personne qui y fut jugée était le dieu Mars. » Peu de prévenus ont eu ainsi l’honneur de donner leur nom au tribunal où ils ont comparu ; il est vrai que tous les prévenus n’ont pas la chance d’être des dieux. Le rhéteur Aristide <*) adopte cette étymologie : « Neptune obtint le droit de poursuivre Mars pour le meurtre de son fils, et gagna sa cause à l’unanimité des dieux ; c’est de là que le lieu tient son nom. » Suidas la donne aussi, en s’appuyant sur l'autorité d’Hellanicus : « L'Aréopage est appelé colline de Mars : c’est là que Mars planta sa lance, dans son procès contre Neptune, au sujet d’Halirrhotios, que celui-ci avait tué. »
Entre ces autorités, on peut hésiter, quoique, sans doute, ni l’une ni l’autre n’ait raison. La colline reçut
(1) Gr. È ty mol. ,’Apsiît.
(2) Kustat. , Denys Periég., 654, p. 227, I. B.
(4) Panath., xui, p. 170, D.
probablement, dès l’abord, à cause des jugements criminels et des exécutions dont elle était le théâtre, le nom de 'Apetoî, c’est-à-dire colline meurtrière, funeste, où se jugent les causés capitales, âpsts; ayant le même sens que çsvwéçCi. Peut-être même, au lieu de âpstoç, disait-on, dans l’origine, -i-;cç ipats; la colline maudite, sacer collis ). Cette dernière supposition s’appuierait sur les idées que les anciens, aux temps primitifs, avaient de la justice. Le coupable était, par sa condamnation, dévoué aux dieux infernaux. De là, à Home, cette antique formule de la condamnation à mort : i sacer esta, » et le terme employé pour désigner l’exécution : « snpplicium. » Plus tard, dans le mot ipxïoç, devenu et prononcé &psXo ç, les poètes reconnurent le nom de Mars, “Api;?, et inventèrent des légendes pour amener le dieu en cet endroit et justifier le nom de la colline. C’était le mode unique que les anciens connaissaient d’expliquer le nom des lieux ou l’origine des coutumes qui se perdaient dans la nuit des temps. Avant les poètes dramatiques, les hagiographes et les étvmologistes usèrent et abusèrent de l’intervention des dieux. Nous ne pouvons donc attacher aucune valeur à ces explications imaginées après coup, et uniformes, malgré la diversité des pays et des époques.
(1) Suidas, ’Ap- — Charax, cité pai- le Srholiaste d’Aristide, p. 37. éd. Fromm, admet cette même étvmolopie : cf. Meier, Rhein. Mtiseum, v. II. p 366, Philolog.