‹ Étude sur l'atrophie partielle du cerveau [electronic resource]Chapitre 40 sur 45 · LÉSIONS DU SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

L'atrophie du nerf olfactif correspondant à Thémisphère atrophié, n'a été notée que dans deux observations (24 et 39).

L'atrophie des nerfs optiques parait relativement assez fréquente. Dans les observations 1, 13, 15, 39, on a noté l'atrophie du nerf optique correspondant à l'hémisphère malade. — Dans les observations 6 et 24, les deux nerfs, optiques étaient atrophiés dans le premier cas, cette atrophie parait avoir été consécutive à une altération de la rétine.

Nous ne possédons aucun exemple d'atrophie des autres

nerfs crâniens, ils ont été examinés dans les observations 1, fi, 24, 29, 39 et n'ont présenté aucune altération notable.

Les nerfs rachidiens présentent dans les cas d'atrophie cérébrale, comme en général chez les anciens hémiplégiques, des altérations manifestes caractérisées par l'augmentation de volume, la coloration jaunâtre, et au microscope, par l'augmentation du tissu conjonctif, par une espèce de sclérose (Obs. 2, 8, 21, 33, 39).

Rarement les nerfs sont diminués de volume (Obs. 29).

Pour ne rien omettre, citons l'atrophie des ganglions et des racines des nerfs cervicaux trouvée par Schrœder Van der Kolk (Obs. 29); les nerfs atrophiés au niveau de leurs racines et au voisinage des ganglions devenaient plus volumineux qu'à l'état normal dans le reste de leur parcours ; et l'atrophie des ganglions de la portion thoracique du grand sympathique que nous avons constatée nous-même dans un cas (Obs. 29).

LÉSIOxNS DES ENVELOPPES DE l'eNCÉPHALE.

iNous ne reviendrons pas ici sur les lésions des méninges ^kystes, épaississements, traces d'inflammation ancienne) que nous avons notées en traitant de la lésion cérébrale primitive.

Nous voulons seulement parler des lésions consécutives à la diminution du volume du cerveau; ces lésions sont au nombre de deux . l epanchement séreux intra-crânien, et les déformations ou épaisissements des os du crâne.

11 est clair que lorsque le cerveau subit une vaste perte de substance, et que le crâne ne se rétrécit pas en conséquence, une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien doit s'accumuler pour remplir le vide. Ce phénomène tout à fait passif a été considéré par beaucoup d'auteurs comme primitif; on a cru qu'il se faisait dans certains cas une hydropisie qui comprimait et finissait par atrophier le tissu cérébral. Cette opinion ne résiste pas à l'analyse des faits; M. Cruveilhier (1) avait déjà fait

(l) Anatomie pathologique.

remarquer qu^il n'existe pas de rapport direct (mais plutôt un rapport inverse) entre la quantité de l'épanchement et l'intensité de la lésion cérébrale, les micro-hydrocéphales présentant les lésions cérébrales les plus considérables ; nous ajouterons qu'il suffit d'examiner les altérations cérébrales consécutives à la pression de l'épanchement de la vraie hydrocéphalie, et de les comparer à celles que l'on trouve dans les cas d'atrophie cérébrale pour se convaincre que ces dernières sont de toute autre nature. L'épanchement hydrocéphalique agit également sur tous les points ; il ne produit jamais ces pertes de substances circonscrites, ces dépressions à bords taillés à pic, etc., qui se retrouvent dans la plupart de nos observations.

Dans les cas où l'épanchement séreux coïncide avec le rétrécissement de la cavité crânienne, il est bien évident que Thydrocéphalie est secondaire et passive ; il est tout à fait irrationnel de lui attribuer Fatrophie du cerveau comme l'a fait Schrœder Yan der Kolk (Obs. 39). Si l'épanchement avait été assez considérable, assez actif pour atrophier le cerveau , il aurait certainement agi sur la boîte osseuse et la cavité crânienne devrait être élargie plutôt que diminuée.

Il existe des cas complexes où l'on trouve à la fois les lésions de Tatrophie cérébrale et une véritable hydrocéphalie. Les malades présentent tous les caractères habituels de l'atrophie cérébrale : hémiplégie avec contracture et atrophie des membres paralysés, pied bot et main bot, etc. Ils se reconnaissent seulement au volume exagéré de la tète. A l'autopsie on découvre, outre l'hydrocéphalie, une altération profonde d'un hémisphère qui est induré, ratatiné, etc. On trouve dans la thèse de M. Belhomme (1824), un exemple remarquable de ces cas complexes ; il o'agit d'une fille de 18 ans, épileptique, hydrocéphale (tête énorme) et hémiplégique. Les membres droits étaient atrophiés et contracturés.

Les deux hémisphères très-dilatés étaient transformés en deux espèces de poches ; mais, tandis qu'à droite la substance cérébrale était saine, le corps strié et la couche optique normaiLx

■X gauche les parois de la poche étaient très-amincies, la cavité était traversée par de nombreuses brides, le corps strié et la couche optique étaient atrophiés et méconnaissables ; enfin , pour que rien ne manque à l'analogie avec nos observations, le cervelet était plus étendu à gauche qu'à droite.

On peut considérer ce cas comme un exemple d'hydrocéphalie, survenu chez un individu atteint d'atrophie cérébrale.

Nous conclurons donc que Tépanchement séreux est presque constamment un phénomène passif, mais que, dans quelques cas rares, il peut prendre les caractères de la véritable hydrocéphalie.

Déformation du crâne. — Le crâne ne présente de déformation notable que lorsque la maladie cérébrale remonte aux premières années de la vie ou à la vie intra-utérine. Ainsi , dans les observations 1, 2, 5, où la maladie a débuté dans l'âge adulte, la configuration du crâne est normale. Dans quelques cas même où la lésion remonle â la première enfance , on ne trouve pas toujours de déformation crânienne; c'est qu'alors la substance cérébrale détruite est remplacée par un kyste (observation lo), ou bien il s'est lait un épanchement considérable dans le ventricule , de sorte que le volume extérieur du cerveau a été peu modifié ^obs. 6, 17, 19, 23). Rarement, lorsque l'hémisphère est revenu sur lui-même , le crâne garde sa configuration normale (obs. 26 et 27). Dans le plus grand nombre des cas, le crâne' présente des déformations manifestes. Nous considérerons :

1° La configuration intérieure,

2° L'épaisseur de ses parois,

3" La forme extérieure.

Le plus souvent la diminution de la capacité du crâne se fait par le retrait de la table interne et sans déformation notable de l'extérieur du crâne ; l'épaisseur des os est augmentée (obervations 24, 29, 31, 32, 33, 39, 42); dans quelques cas les os paraissent comme boursouflés ; la voûte orbitaire est dédoublée

en deux lames, entre lesquelles se trouvent de vastes cellules qui semblent être une expansion des sinus frontaux (obs.26,29). La déformation intérieure du crâne suit en général assez exactement la déformation cérébrale ; lorsque tout l'hémisphère est atrophié, et qu'il y a atrophie croisée du cervelet , on trouve les formes antérieure et moyenne correspondantes, et la fossette occipitale du côté opposé notablement rétrécies (obs. 24, 29,33, 39).

Dans les cas où une portion seulement de l'hémisphère est atrophiée , le rétrécissement du crâne correspond quelquefois exactement à la lésion cérébrale (obs. 18). Les déformations extérieures du crâne^ quoique manquant assez fréquemment, sont loin d'être rares , et elles correspondent fort exactement à la partie atrophiée du cerveau (obs. 9, 10, 13, 16, 22, 25, 28, 31, 34, 40). Le crâne est aplati tantôt sur le côté, tantôt en avant, suivant la lésion cérébrale.

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