‹ Etude [sur] l'éducation agricole [microforme]Chapitre 3 sur 4 · RS D · texte numérisé non relu

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L'intérêt de cette somme à 7 pour % est consacré au maintien du collége. Il y a aux Etats-Unis un bureau central pour la vente de toutes ces terres consacrées à l'avancement de l’agriculture, et l'intérêt sur le produit de cette vente va aux écoles d'agriculture.

Cependant, nous ponvons faire la remarque, après toutes ces différentes tentatives, qu’à une seule exception près, dont nous parlerons tantôt, où nous dirons un mot de l'établissement de Lansing, dans le Michigan, on n’a pas réussi.

Ainsi, à Cornell, université de l'Etat de New-York (rapport de 1873-1874), sur 461 élèves, on n’en compte que 7 se destinant à l'agriculture. Dans le rapport pour la même année, le président de l’école du Vermont s'exprime ainsi : “On ne doit pas s’étonner de ce que les jeunes gens nc viennent pas en plus grand nombre s’instruire en agriculture ; il s'écoulera encore longtemps avant que nos agriculteurs soient d'opinion que l'instruction peut leur être utile.” Le collége agricole de Minnesota, rapport de la même arnée, sur 278 élèves, ‘ pas un, que je sache, dit !e président Abbott, devant retourner à sa ferme.” Bussey Instituticn, affiliée à Harvaïd, un élève ; le collége agricole de Yale, presque point d'élèves ; Wisconsin University, 411 élèves, point d’inscrit aux cours d’agriculture. Dans les Etats de l'Illinois, Kansas, Missouri, Iowa, les élèves suivant les cours agricoles ne sont pas même séparés des autres élèves dans les rapports de ces institutions.

Pourquoi un résultat aussi stérile après tant de capital äépensé ? Comme plusieurs, entr'autres, comme les membres du comité des écoles en 1869, ie suis prêt à dire: parce que l’on s’est attendu que, d’une théorie abondamment enseignée, s'écoulerait une pratique suivie avec ardeur, et qu’en raisonnant ainsi l’on s’est trompé.

Dans ces établissements, on a eu tort de mettre de côté le travail manuel, la pratique qui semble être le lien retenant l’homme à son champ, à sa profession d’agriculteur. Tandis que la théorie n'aurait dûe être considérée que comme la fleur sortie de la racine puissante et féconde de la pratique intelligente ; cette théorie, au contraire a eu tous les soins, tous les égards, et l’on n’est pas assez descendu au travail manuel, nous ne pouvons trop le répéter. Aussi, le jeune agriculteur a d’ordinaire passé du collége d’agriculture aux études classiques et aux professions libérales ; on a ouvert de nouveaux sentiers à son intelligence et son intelligence

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s’est empressée de suivre ces nouveaux sentiers ; et l’élève ne reviendra pas sur la ferme de son père ; il pourra bien, par exemple, aller grossir le nombre des dévoyés, et quelquefois souffrir de la faim dans son bureau, tandis que l'abondance l'aurait attendu aux champs paisibles et fertiles du domaine paternel.

Notre estimé collègue, M. Tassé, disait dans son excellent rapport, adopté par le Conseil d'Agriculture en 1869, et cité plus haut :

“ Votre comité insiste fortement pour que les élèves conservent “ le goût et l'habitude pour le travail des champs qui développe ‘“ la force de leur corps autant que les facultés de leur esprit ; ‘ qu'ils exécutent tous les travaux du cultivateur, consacrant au “ travail manuel huit heures par jour en été, c’est-à-dire de mai à “ septembre, et cinq heures par jour en hiver, c’est-à-dire d’octo- “ bre à avril, aussi inclusivement. Les jeunes gens qui ne pour- “ ront ou ne voudront pas se soumettre à ce réglement, ne seront ‘ pas admis ; leur exemple, et plus encore leur conversation, ne “ pourraient que nuire au progrès agricole.”

Et il avait raison, grandement raison. Que l’on ne dise pas que nous devons être rangés parmi les éteignoirs, que nous voulons le triomphe de la routine, que nous nions le travail de l’esprit ; à tout cela nous répondrons : Nous avons pour nous l’expérience du monde ; il s’agit de parvenir au but, et voilà le seul moyen d'y arriver. Tous les autres ont été essayés. On a réussi ailleurs par le système auquel nous donnons notre préférence.

Si nous nous demandons comment on est parvenu à obtenir, à un si haut dégré, la perfection dans la culture en Ecosse et en Angleterre, nous trouvons qu'en Ecosse particuiièrement, par un système suivi de tout le monde ; qui est comme une coutume entrée dans les mœurs de la population, on est dans l’habitude d'envoyer les jeunes gens passer quelques années sur des fermes que l’on considère comme devant servir de modèles.et où ils reçoivent une rémunération en s’engageant à tant par année, Avec ce système on a créé les meilleurs agriculteurs du monde et de cette vaste école, répandue partout, courant, pour ainsi dire, parmi les popuiations, il est sorti des hommes comme le célèbre auteur du ‘“ Book of the Farm,” le meilleur ouvrage qui puisse se lire sur l’agriculture. Tant il est vrai de dire que l’on peut espérer que de la pratique bien entendue, surgira, s’élèvera une

théorie saine et goûtée de tous, tandis qu’il est problématique que de la théorie la mieux enseignée découle jamais une pratique générale et ütile pour le pays. Où sont les écoles et les professeurs d'agriculture de l'Ecosse et de l'Angleterre? Cela n'empêche pas que les meilleurs traités sur l'Agriculture ne viennent de ces pays.

Nous ne sommes pas pour cela d'opinion que nous ne devons pas avoir d'écoles d'agriculture, mais nous sommes pour qu'on leur fasse autant que possible jouer le rôle de ces fermes sur lesquelles les fils de l'Ecosse vont s'instruire. Après avoir appris à lire, écrire et compter à l’école commune, c’est là qu’ils vont compléter l'éducation au moyen de laquelle ils pourront vivre avec une large aisance des fruits de leur culture. Or le fils de l'Ecosse en s’instruisant gagne de l'argent, qu'il met de côté pour lui aider à commencer son établissement. Sur la ferme où il va ainsi faire son éducation agricole, il travaille, et il est payé en sus de sa pension. Avec ce système l’Ecosse est devenue le jar. din du monde.

Ne devons-nous pas chercher à emprunter un peu, sinon tout, de ce système ? Mais pour cela, me dira-t-on, l’on n’a pas besoin d'écoles d'agriculture, puisqu'on s’en est passé en Ecosse. Je répondrai qu’au contraire l’on en a besoin. En Ecosse on a eu pour toute la population l'exemple des familles riches, des lords ; les fermes ne manquaient pas où l’on pouvait s’instruire et avoir une rénumération pour son travail. Il n’en est pas de même ici. Pour des raisons comprises de tout le monde, et qu'il serait inutile de mentionner ici, le cultivateur est opposé à laisser son jeune fils seul dans une société qu’il ne connaît pas et où il peut craindre que, sans guide et sans ses avis, il ne contracte de mauvaises habitudes. Notre cultivateur enverrait son fils à l’école d'agriculture où il le saurait protégé et où son fils pourrait, si on le veut, être traité comme le sont les fils de cultivateurs en Ecosse quand ils vont travailler ailleurs. Mais d’ici à longtemps, du moins, il n’enverra pas son fils, son héritier, demeurer loin de lui, et chez des étrangers. Il nous faut donc l’école d'Agriculture, mais que l’on commence par l'appeler /a ferme des fils de cultivaleurs ; que l’on y travaille, que l’on y soit remunéré, que le jeune homme y reçoive outre sa pension, de $50o à $roo par année pour son ouvrage. Si la ferme est bien conduite, elle rapportera cette

somme, qui aidera l'élève à se payer un remplaçant à la maison paternelle. Dans un couple d’annéss, le jeune homme pourra ainsi mettre de côté $roo à $220 qui lui aideront à se monter une ferme, et tout cela en s’instruisant, et en apprenant où il pourra s'adresser plus tard pour se procurer de bons animaux de ferme. Combien d'élèves, uniquement, disons-le, pour gagner les burses offertes 1l y a quelques années par le Gouvernement pour les cer tificats obtenus à l’école militaire, se sont astreints à de longs mois d’études, études faites en anglais encore, et à de rudes exercices, et des fils de cultivateurs, encore en grand nombre. Nos agriculteurs et leurs fils doivent nécessairement avoir plus d’inclinations pour l’agriculture que pour l’armée, et si ;e ne me trompe, ces $50 ou $r100 feront merveille ; et pendant ce temps, combien de notions utiles apprises sans s'en apercevoir qui seront utilisées plus tard dans nos campagnes. Les gages ont bien quelque chose à faire dans cette habitude qu’ontles jeunes fermiers écossais d’aller s'engager ailleurs pendant quelques années avant de se mettre à leur compte ; ils veulent un peu voir du pays, mais ils veulent aussi amasser un peu d’argent.

M. Tassé demande huit heures de travail par jour en été et cinq heures en hiver ; à Lansing, Michigan, et à Guelph, Ontario, on paie 10 cents par heure, mais on ne donne pas la pension. Iciil faudrait donner la pension en outre, parce qu'on y a encore plus besoin d’encouragemert. Je sais que ce travail des jeunes gens ne vaut pas celui des travailleurs de profession ; mais après tout il nest pas impossible qu'à quelque chose comme 1c cents de l'heure et la pension, la ferme ne puisse encore mettre les deux bouts ensemble. Et quand bien elle ne les mettrait pæs ensemble, si les écoles sont encombrées, de désertes et d’ignorées qu’elles sont aujourd’hui, quel beau résultat, quel progrès immense, quelle belle spéculation pour la province, même en faisant quelque perte par année !

On recherchera de préférence pour admission les fils de cultivateurs devant hériter d’une terre. Remarquez-bien que n’était pas admis qui voulait à gagner ces $5o à $r00 de école militaire. Il fallait jouer de ruse et de protection pour oitenir la faveur de l'entrée ; on faisait un choix et l’on avait sur qui choisir Que nos fils de cultivateurs viennent à la ferme pour y gagner de l'argent

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ou non, peu nous importe, pourvu qu'ils y viennent. Poussonsles-y ; il ya si longtemps que la province dépense de ses ressources pour arriver à ce résultat sans y avoir réussi.

Les jeunes gens demeurant sur ces fermes modèles devraient visiter autant que possible les expositions provinciales de Québec, d'Ontario, et l'exposition de l'Etat de New-York ; on les y enverrait d’une manière économique, en s’entendant avec les compagnies de navigation et de chemin de fer. L'an dernier, Ontario n’a-t-il pas envoyé près de 300 instituteurs à l’exhibition de Philadelphie ? Quel meilleur moyen d'instruction pour nos jeunes gens que ces excursions faites l'automne pour se rendre compte des progrès faits ailleurs ?

Huit heures par jour de travail en été—cela laisserait deux heures qui seraient consacrées aux leçons orales, et en hiver on aurait par jour cinq heures à sa disposition pour cela. La bibliothèque et les journaux £t revues agricoles seraient consultés à volonté les dimanches et les jours de fête. Après tout cela, si nous ne réussissons pas, au moins nous aurons tout tenté. Mais il faut des efforts, car nous admettrons que nos progrès sont lents. Je dirai ici en passant que le Maine et l’Iowa ne demandent À leurs élèves que trois heures de travail par jour ; le Messachussetts six heures par semaine, et les autres colléges rien.

Je vous ai rappelé comment la population agricole s’instruisait en Ecosse et en Angleterre ; je vous dirai Maintenant, ce qui se fait à Lansing, dans l’état de Michigan, où, sous la directior intelligente du Président du collége d'Agriculture, M. Abbott, on est parvenu à grouper au delà de 150 élèves.

Après avoir lu les écrits de M. Abbott, et ses rapports sur son collége d'Agriculture, je puis déclarer que l’état de Michigan possède en ce monsieur, un #mi de la cause agricole comme il en existe peu, et dont le zèle «. l'intelligence ne sont égalés que par le tact et le savoir. Comme il s’est appliqué à faire entrer son collége, pour ainsi dire, dans les mœurs de la population agricole, quand il craignait de ne pas la voir venir à lui avec ses fils à faire instruire, il allait à elle avec ses professeurs et ses lectures ; il faisait ainsi passer son école comme sous les yeux des cultivateurs ; il racontait ainsi partout ce qu’elle était et le bien qu’elle était destinée à faire ; si bien que les élèves devinrent nombreux, ce que

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l’on n'avait pas vu jusqu'alors et ce qui ne se voit pas dans les autres établissements de ce genre aux Etats-Unis.

Pour me permettre une disgréssion, je dirai en passant que l’on a voulu critiquer ici le système de donner par les campagnes des lectures à des réunions de cultivateurs. M. Abbott choisit iustement ce moyen de faire connaître son collége, et d’enseigner et répandre de bonnes notions d'agriculture. Six endroits dans l'état, centres importants d'agriculture sont désignés, et il les parcourt l’un après l’autre, tantôt avec ses collègues professeurs, disant ce qu'ils se proposent de faire pour l’édu-ation agricole, tantôt lecturant sur quelque sujet important pour tout le monde. La lecture faite, la discussion s'engage avec les cultivateurs, et ies objections sont résolues comme les préjugés combattyus.

J'ai parcouru à la hâte le 14° rapport du Secrétaire d'Etat du Bureau d'Agriculture pour l'Etat de Michigan, année 1875, rapport qui contient ces lectures à elles seules formant un assez gros volum?. Pour vous prouver combien elles sont intéressantes, je n'ai pour ainsi dire qu’à vous donner les titres de ces différentes lectures.

“ La culture des arbres fruitiers dans lé Michigan, par Henry C. Clubb, fesant l’histoire de toutes les espèces.

Les cultivativateurs en petit doivent-ils garder des abeilles ?

Les insectes ennemis des fruits, quels sont-ils ?

Le verger.—T'élevage des porcs.—[La culture des foins et l’engrais des bestiaux ; la construction des voies publiques, leur coût, etc.—La fenaison.—L'éclaircissage des fruits.—La culture mixte.-—Moutons et bêtes-à-cornes, les profits qu’ils donnent.

L'épandage des famiers. — Racines. — Assainissements.— Les mûres.-—Machines agricoles.—-La culture du blé-d’inde.--Les vers dans le sol.—L'’engrais des bestisux —Les obstacles au progrès agricole.—Distribution du travail de la terme.—-Drainage.— Cendres lessivées sur les récoltes de blé.—Les devoirs du cultivateur envers lui-même, sa famille et la société. —Les préjugés contre les écoles industrielles par le président Abbott.—La tourbe des marais.—I[es paratonnerres.—Le plâtre. —L’éducation, à qui elle est nécessaire. —Les trois insectes les plus nuisibles à l’agri- . culture. —Plantes à paturages.--Quel est le bétail que le cultivateur doit élever sur sa ferme.—Les bienfaits à espérer de l’expo-

sition du centenaire. — Le rucher. -— L'émondage des arbres fruitiers. —La culture des fleurs.—P'antes carnivores.-—La forêt.”

J'avouerai cependant que js ne suis pas prêt à admettre qu’en implantant ici le système complet tel que suivi à Lansing, le succès répondrait à l'attente. J'aurais de forts doutes là-dessus. Un donne là encore trop de temps à l'étude, et pas assez au travail manuel. 1 est vrai que le zélé Président a entrepris de démontrer par les succès même de son collège que l'on pourrait étudier sérieusement six heures sur les bancs de la classe et puis à la sortie du collége retourner tout à bon à la ferme pour le reste de la vie. Son succès dans ce système se monte ou se borne, sclon le point de vue où l’on se place, à une proportion de 40 # /, des élèves ayant suivi les cours.

‘ On n'a crié dans les oreilles, dit-, qu’une fois qu’on a passé par la classe on ne retourne pas à la culture ; tous les jours je prouve davantage le contraire et je forcerai le préjugé à me croire. ” Mais tout le temps il tient aussi wordicus à ces trois heures de travail payé par jour. Ceci, et son ardeur infatigable, et ses lectures par l’état, sont probablement la raison de son succès unique, car l’on peut dire que lui seul aux Etats a réussi à s’attirer des élèves. Dans tous les cas, son succès a été tel, surtout comparé aux autres, qu'il a tout d’abord appelé mon attention, du moment que j'ai voulu m'enquérir des résultats obtenus dans la république voisine, après les grandes et libérales mesures prises par le Sénat pour promouvoir les intérêts de l’agriculture améliorée. J'ai cru que je lui devais une mention toute spéciale.

J'ai dit que M. Abbott insistait sur le travail manuel ; j'ajoute rai qu'il y voit le secret et le seul moyen d'assurer pour l'avenir à l'Agriculture les services des jeunes gens que l’état instrutt à ses rais. Inutile de dire que notre excellent collègue M. Tassé abonde dans ce sens. On lit dans le rapport du comité des écoles, 1869.

“ Une observation a été faite, c'est que nos élèves agriculteurs “ se livrent aux rudes travaux de la ferme avec des habits tachés, “ des mains noires, des visages couverts de sueur et de poussière ; “ s'ils voient à côté d'eux des jeunes gens aux mains blanches, “ aux habits élégants, s'amusant de gymnastique, ayant de bril-

“ Jantes fêtes littéraires et musicales, apprenant à faire des discours, “ et destinés à la vie apparemment douce des professions libé- “ rales, nos élèves cultivateurs feront un retour sur leur position “ comparativement dure et ennuyeuse ; ils se dégoûteront peut- “ être de l'étude et du métier de cultivateur. Il nous paraît donc “ que l’école agricole juxta-posée à l’école littéraire souffrira du ‘ voisinage. Elle serait mieux ain du collége et même du “ village, dans un centre purement agricole. ”

‘“ Certainement, dit M. Abbott, si l’on en juge par l'expérience “ du passé, les colléges adjoints à nos universités sont peu propres ‘ à faire des cultivateurs de nos jeunes gens, ils ne peuvent se “ procurer les éièves. Disons que ce collége (de Lansing) a été “ établi pour tenter une expérience. Ne doit-on pas être satisfait “ du résultat quand nous avons porté à 40 8 Ÿ la proportion des “ élèves qui restent agriculteurs ?

“ Il me semble que l’on peut conserve“ peu d’espoir de faire ‘“ passer les jeunes gens du collége à la ferme si le temps de ce ‘“ collége se passe sans travail manuel. Je vois dans cette habi- “ tude du travail de chaque jour et dans l'intérêt mutuel que se “ prêtent les études et le travail, le commencement du remède à “ cet abandonnement de la ferme par les jeunes gens que nous “ fesons instruire

“ L'homme est la créature de ses habitudes, et l'habitude du ‘“ monde est contraire à ce que le jeune homme reçoive d'abord “ l'éducation, et qu’il retourne ensuite à la culture. Le collége a “ essayé de réagir contre cette manière d’être et son meilleur “ jevier pour ce faire est le travail manuel..........

Voici une remarque un peu parente de celle que je viens de citer comme venant de M. Tassé......” Mais il y a comme ‘“ quelque chose dans l'atmosphère d’une institution qui déter- ‘“ mine plus ou moins les habitudes de ceux qui la fréquentent ; ‘ certains colléges sont notoires pour certaines tendances de leurs “ élèves ; si un élève fait partie d’un collége où on ne travaille “ pas, il fera comme tous les aütres, i! n'aura pas l’idée du travail. “ Si la tendance générale de cette institution est vers les profes- “ sions et la littérature, il inclinera lui-même dans cette direction.

‘“ Les efforts du collége agricole doivent tendre dans la direc- “tion opposée ; pour cette raison, l'élève devra être séparé de

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“toute école où le travail n’est pas requis. On demandera ce “travail à tous, afin que son influence sur les habitudes de chaque ‘jour sur le goût de la vie rurale, sur la dextérité nécessaire à ““ l'élève soit générale, et crée un sentiment favorable en sa faveur. ‘“ Je crois que ce but a été atteint par le collége. J'écoute avec “ attention les rapports oraux faits par les élèves, je me mêle à “leurs travaux et je n'ai jamais vu d'étudiant, plus appliqué, à ‘ l'étude dans les livres que j'en ai vus appliqués ici au travail, et ‘ils en parlent avec fiérté. On apprécie le travail manuel à sa ‘ juste valeur, et je puis dire que tous, instituteurs et élèves, lui ‘ accordent les honneurs qui lui sont dus. Les heures de travail sont de une heure à quatre heures de l'après-midi, et il est de fait que & des élèves le sollicitent....... ..... Outre les opéra- “ tions ordinaires de la ferme, les élèves font de l’arpentage, de la “ transplantation, du greffage, de l’écussonnage, cultivent de petits ‘“ lopins de terre à eux, réparent les outils, font !:s clôtures et “barrières, établissent des drains, réparent les constructions ; la ‘ porcherie est l’œuvre de leur labeur, ainsi que l’intérieur des ‘ bâtiments de la ferme et l'établissement du moulin à vent. ‘ Comme on le verra, mon système est différent de celui où l’on “ne trouve que le travail manuel seul. Je ne crois pas à ces ‘ écoles où il n’y a uniquement que le travail” Il ajoute: “ Les ‘“ meilleurs élèves sont généralement les meilleurs travailleurs.”

Je continue à citer M. Abbott : ‘“ De par tout le monde, il y a ‘“ peu d'élèves en agriculture ; M. Louis Bollman, sur les écoles “ industrielles, dit : “Nous avons déjà parlé du fait du petit nom- ‘ bre d'élèves des écoles d'agriculture européennes.” “Il n’y a pas “ à présent, dit M. Chadbourne, résident du William’s College, ‘ancien président du bureau d'agriculture du Messachussetts, ‘: ancien président de l’école d'agriculture de cet Etat, il n’y a pas “ à présent parmi la population ce désir que l’on suppose exister “ pour l'instruction agricole ; peu de jeunes gens veulent se donne. “ Je trouble et la peine de l’acquérir, et il reste beaucoup à faire “ avant que nos écoles aient le succès qu’elles méritent.” M. Chamberlain, gouverneur du Maine, s'écrie: “C’est une excellente “ chose qu'un collége agricole, mais encore fait-il les élèves qui ‘ Jui manqueront d'ici à longtemps, parce que nous n'avons pas “ assez de jeunes gens disposés à retournér à la ferme, après avoir ‘“ goûté au collége.”

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“ Le collége, d'ordinaire, dit encore M. Abbott, prenant le ‘“ jeune homme à lâge impressionnable le tient loin du travail ‘“ manuel, lui donne pour camarades des jeunes gens ayant ce ‘ travail en horreur, lui montre comme objet de son ambition les “ professions libérales, la littérature, la vie publique ; s’étonnera-t- “ on après cela que cette éducation le chasse pour toujours de la ‘ferme. Ça été mon but constant de créer dans mon collége ‘“ comme un penchant perpétuel et constant vers le sol de la ferme ‘et dans nulle autre direction ; de remplir son atmosphère du

respect pour le travaii des mains et du respect pour l’homme des

champs. Dans ce but, j'insiste sur ce que d’ailleurs personne

ne songe à me refuser ici, le travail, et j’ea maintiens le goût et

l'habitude tout le long des étuces. Dans les autres colléges

agricoles, la proportion des élèves demeurés sur la ferme après “ leurs études est de 122 pour 7.”

Le collége de Lansing a (rapport de 1876) 164 élèves, et son programme que j'ai l'honneur de mettre devant le Conseil est auss: varié qu’intelligent. Je me dispenserai d’en donner les détails ici. Je ne mentionnerai qu’un item auquel on n’a pas encore pensé dans cette province où pourtant le bois disparaît si rapidement : celui du semis et de la culture de toutes les variétés indigènes des arbres forestiers : aussi un musée de mécanique où l’on a groupé 5000 modèles de machines obtenus du bureau central des brevets d'invention à Washington. La disposition du terrain et des alentours du collége a été réglée et définie par un artiste paysagiste !!! Songe-t-on à ces détails ici? Ajouter du charme et de l’attrait aux résidences de la campagne, est pourtant un sujet digne d'attirer l'attention.

Je vous dirai maintenant un mot, si vous avez encore la patience de m'écouter, de l’école d'agriculture d’Ontario, établie près de Guelph, en 1874, et qui, d’après le dernier rapport, compte 40 élèves. Là encore on insiste sur le travail manuel, et l’on a entrepris de faire en sorte que la ferme rencontre les déboursés qu’ille occasionne. Les élèves sont divisés en deux classes, dont l’une travaille le matin et l’autre l’après-diner. On a fait venir à grands frais de bons animaux Europe : Durhams, Ayrshires, Galloways, Herefords, Devons, Berkshires, moutons de différentes races, etc.

La terre comprend 550 acres, la culture me semble bien raison-

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