‹ Étude sur l'espace et le temps [microform] (volume 2)Chapitre 28 sur 60 · P. oi · texte numérisé non relu

P. oi

LE PROBLÈME DES MONDES SEMBLABLES

qu'on le prend pour unité de mouvement) ; après avoir, disons-nous, posé cette définition, le professeur belge reconnaît que ce temps est une quantité toute relative, mais il se hâte d'ajouter : « En est-il de même du temps réel ? »

« Non, répond-il. Quoi que cette opinion ait d'étrange au premier abord, rien de plus facile que de réfuter scientifiquement ceux qui pensent le contraire. — Prenons le problème comme se le posait Balmès ^ : Si le soleil doublait la rapidité de sa course^ si le même changement affectait le ciel et le système terrestre tout entier, si, enfin, cette accélération s'étendait jusqu'à nous et nos idées, serait-il vrai qu'il fût impossible de percevoir le changement? Nous répondrons sans hésiter : Non !

« Ainsi entre autres, la force centrifuge serait, à ré(|uateur, quatre fois plus considérable qu'elle ne l'est maintenant, et la diflV^rence qu'il y a entre la durée des oscillations du pendule au pôle et à l'équateur, même en tenant compte de la modification qu'éprouverait, prétendument à notre insu, le mouvement du pendule lui-même, cette différence, disons-nous, changerait subitement. Ainsi, pour prendre un exemple plus frappant, si nous accélérons dans la proportion de 1 : 17 tous les mouvements de l'univers, tant matériel qu'intellectuel, il n'en serait pas moins vrai qu'au pôle le pendule conserverait le même mouvement qu'il a actuellement, c'est-à-dire qu'il nous paraîtrait à nous que son mouvement est 17 fois plus lent, et qu'à Téquateur, au contraire, il cesserait complètement d'osciller, ou que la durée de ses oscillations serait infinie, puisqu'il tournerait indéfiniment autour de son point de suspension. D'ailleurs, conclut triomphalement M. Delbœuf, il est heureux que la science vienne contredire une assertion aussi spécieuse et qu'on est tout d'abord tenté d'adopter 2. »

Page 1