La Divisibilité dans la grandeur
la grandeur telle ou telle qui les contient. Comme preuve, il cite le mouvement: « La ligne, dit-il, doit être telle, intrinsèquement et par essence, qu'une fois posée elle se prête au mouvement; si elle le rend impossible, elle devient ellemême inconcevable. Or, pour se prêter au mouvement, il faut qu'elle ait des parties, autrement le mobile ne saura où se poser. Il en résulte que les parties que le mouvement suppose appartiennent à sa nature et sont antérieures à toute opération de l'esprit. » De là cette conclusion : « Le mouvement épuise la ligne ; donc il épuise ses parties ; donc ses parties ont un nombre. Ce nombre nous échappe, mais il faut que dans la réalité il soit donné. »
Cette thèse, disons-le bien haut, a une rare valeur logique, et ne saurait tomber sous le principe de contradiction ; mais nous croyons que M. Évellin a tort de refuser le même mérite à la thèse de Boscovich, complétée comme dans l'exposé que nous en avons donné, au point de vue du mouvement qui ne saurait épuiser toutes relations possibles sur la ligne parcourue. Égales à ce point de vue, ces deux thèses nous paraissent bien différentes à celui des difficultés qu'elles soulèvent à l'égard de la nature de l'espace et du temjts. M. Évellin est, en effel, amené forcément à enseigner qu'il existe un lieu en sot^ ou lieu réel, composé d'éléments indi- #visibles et inétendus, ainsi qu'un temps en soi, ou temps réel, formé d'instants absolus, affranchis de la durée : telle est la doctrine développée dans sa célèbre thèse Infini et Quantité^. Or, il nous semble qu'elle heurte dans ce qu'il peut avoir de légitime le préjugé si répandu (( qui nous porte à croire que tout composé est formé d'éléments qui lui ressemblent » . Assurément ce préjugé est ridicule quand il inspire la pensée qu'un composé ne saurait être formé d'éléments simples, puisque le groupement de tels éléments produit forcément