‹ Étude sur l'espace et le temps [microform] (volume 2)Chapitre 46 sur 60 · La Genèse de l'Idée de Temps · texte numérisé non relu

La Genèse de l'Idée de Temps

d'une part, elle ne fait que reculer la difliculté, si l'espace, comme le temps, est sans réalité propre, et, d'autre part, elle accorde au spatial sur le psychique pur une prédominance que nous ne saurions admettre, tenant pour certain que les phénomènes mentaux revêtent la forme temporelle indépendamment de toute forme spatiale.

Ce n'est pas à Hume, assurément, que nous demanderons une réponse, car il commence sa définition de la cause en disant: « La cause est un objet qui en précède un autre'...», sans paraître se soucier de savoir ce que peut signifier cette expression « précède ».

Mais Kant, après avoir posé la question avec la précision que nous avons vue, nous paraît bien y avoir fait la vérilable réponse : « Le concept emportant la nécessité de l'unité synthétique ne peut être qu'un concept pur de l'entendement, concept qui ne se trouve point dans la perception ; et ce concept est celui du rapport de la cause et de l'effet 2. »

Pour Hume, la cause, ou mieux l'ensemble des causes est la totalité des conditions antécédentes à la production d'un phénomène ; pour nous, au contraire, dans un groupe de faits, ceux qui sont la condition des autres sont dits les précéder, et les seconds suivent les premiers, sans que ces expressions signifient autre chose que cette relation de causalité occasionnelle, pour employer le langage de Malebranche.

Après avoir si magistralement développé la pensée kantienne que le principe du temps est dans la synthèse de l'être et du non-être, Balmès n'a pas su tirer parti du complément essentiel que Kant avait donné à cette pensée; le philosophe espagnol énonce bien que « la dépendance représentée

1. Traité de la Nature humaine, liv. I, sect. xiv, traduction Renouvier et Pillon, p. 225.

Page 1