Loc. cit
LA NATURE DU TEMPS
comme rapport de durée... ne nous offre autre chose que le rapport même exprimé par le principe de causalité ^ », mais^ sous sa plume, ce principe est resté stérile. Il a traité, en effet, toutes les questions relatives au temps, sans s'inquiéter de la causalité autrement que pour en faire la base d'une
objection.
Mais Kant lui-même a développé les points essentiels de la théorie causale du temps, et nous n'aurons qu'à compléter les considérations exposées dans sa seconde et sa troisième analogie. Sans le suivre pas à pas, nous allons envisager la question sous le point de vue qui concorde le mieux avec l'ensemble de notre étude.
Si l'on considère le monde des corps, le principe du déterminisme mécanique énonce que l'état d'un système de points matériels, à un certain instant, est déterminé par ses états antérieurs et détermine ses états postérieurs ; pour nous, cette loi se réduit à renonciation que les états de ce système sont déterminés les uns par les autres, et que les états déterminants sont dits, par définition, antérieurs aux états déterminés, chaque état étant, d'ailleurs, à la fois déterminé et déterminant, suivant qu'on considère sa relation à l'un ou à l'autre des divers états. Il est bien vrai que, dans la théorie mécaniste, au sens étroit qu'attribuent à ce mot MM. Boutroux et Poincaré, les mouvements d'un système matériel sont réversibles, en sorte qu'il serait impossible de distinguer les états déterminants des états déterminés, du moment qu'on ne peut emprunter au temps le principe de cette distinction. Mais nous avons vu, dans le chapitre iv, que la mécanique peut n'être pas conforme au système en question, ni satisfaire au principe de réversibilité, et que, le fût-elle, on disposerait encore d'un principe de distinction, puisque le sens inverse de celui que