‹ Étude sur l'espace et le temps [microform]Chapitre 67 sur 145 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LE TEMPS ET L ESPACE EN MÉCANIQUE

tion uniforme près, et à mesurer les temps au moyen d'un mouvement-unité strictement déterminé. Les partisans du mouvement et du temps absolus peuvent voir un succès dans ce résultat; mais les adversaires des mêmes conceptions sont fondés à soutenir que la relativité du mouvement et du temps n'en subit aucune atteinte.

Dans ce qui précède, nous avons généralement admis que le mouvement diurne de la terre fournit exactement la mesure du temps qui correspond aux lois dynamiques simples ; or, il est fort probable que la rotation de la terre éprouve, par rapport au mouvement-unité théorique, un certain ralentissement par suite du frottement des eaux de la mer et peut-être du noyau liquide central ; d'autre part, il est bien certain que les étoiles dites fixes se déplacent les unes par rapport aux autres, leurs distances angulaires variant très lentement. Il est donc intéressant d'indiquer comment peuvent se définir et se déterminer les axes et le mouvement-unité théoriques ; c'est ce qu'a fait M. Goedseels avec une grande précision. On admet qu'il existe au moins une manière de mesurer le temps et un système d'axes tels que les corps de l'univers se meuvent conformément à la loi de la gravitation universelle, à la loi de l'égalité entre Faction et la réaction et à la loi de l'indépendance des forces. Partant de là, on détermine comment les astres doivent se mouvoir par rapport au système d'axes, et l'on rencontre dans ces calculs des constantes et une variable indépendante t. Si n est le nombre des constantes, on fait n-h?n observations à m époques différentes, et l'on obtient ainsi n -^ m équations entre les 71 constantes et les m valeurs de ^.

Si ces équations sont incompatibles ou ne fournissent pas, pour /, m valeurs croissant avec l'ordre des observations, les hypothèses faites sont absurdes; si elles fournissent, au contraire, des valeurs convenables pour

les inconnues, il est possible que les hypothèses répondent à la réalité, mais il faut encore qu'on puisse faire croître t de manière à faire concorder à chaque instant l'univers calculé avec l'univers réel.

Tous ces calculs sont faits à l'avance par les bureaux des longitudes et consignés dans les éphémérides; jusqu'à présent on a pu réussir à maintenir l'accord entre la théorie et l'observation, grâce aux corrections de réfraction, d'aberration, etc., et cela avec une mesure du temps différant extrêmement peu de celle qui résulte de la révolution d'une étoile quelconque. La mesure théorique du temps est donc celle que donnent les éphémérides calculées en se basant sur l'hypothèse de la gravitation universelle*.

Voilà pleinement réalisée la conception théorique due au génie de Damascius ^.

En terminant ce chapitre, nous n'ajouterons qu'un mot au sujet des théories nouvelles qui tendent à renverser la notion d'une masse constante et qu'on pourrait être tenté de considérer comme sapant par la base, par la proposition qu'il ne peut y avoir de mobile animé d'une vitesse supérieure à celle de la propagation de la lumière, toute théorie considérant comme indiscernables deux

(1) Annales de la Société scientifique de Bruxelles, aimée d893-94, 4" part., pp. 9 et 10.

(2) On sait que Cari Neumann, après avoir fait ressortir l'inanité du mouvement absolu, a formulé, k titre de premier principe de la théorie de Galilée et de Newton, la proposition suivante : « En une région inconnue de l'univers, il existe un corps également inconnu (qu'il appelle le corps Alpha), qui est un corps absolument rigide, un corps dont la figure et les dimensions demeurent invariables au cours du temps » et auquel, ajoute-t-il, on doit rapporter les mouvements. Puis à la question de savoir si ce corps est doué d'une existence réelle et concrète, il répond que cette existence peut faire l'objet d'une supposition aussi légitime, aussi certaine que l'hypothèse de l'éther lumineux, ce qui, d'après M. Duhem, signifie pour Neumann, comme pour lui-même, que le corps Alpha est une conception mathématique abstraite, dépourvue de toute existence objective et concrète.

isSBSS^^IS^^IÇ^S^^Ï^P^;?

Page 1