‹ Étude sur l'espace et le temps [microform]Chapitre 68 sur 145 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

systèmes de repères ne différant que par une translation rectiligne et uniforme. Nous ferons simplement remarquer que ces théories expliquent et la variation de la masse et la limitation de la vitesse d'un mobile par la considération d'un éther supposé fixe et par rapport auquel sont estimés les mouvements des corps. Il est clair que ces mouvements n'ont aucune analogie avec des mouvements dans un espace vide. Nous ajouterons que certains savants, tout en niant la possibilité de vitesses supérieures à celle de la lumière, soutiennent l'impossibilité de déterminer aucune vitesse par rapport à l'éther, posant ainsi, au point de vue expérimental, un principe de relativité beaucoup plus étendu que celui que nous soutenons. M. Poincaré, qui est un partisan déclaré de ces nouvelles conceptions appuyées sur les expériences de Michelson et systématisées' par l'hypothèse de Lorentz et Fitz-Gerald, énonce sa pensée avec une remarquable précision : « Il est impossible, dit-il, d'échapper à cette impression que le principe de relativité est une loi générale de la nature, qu'on ne pourra jamais, par aucun moyen imaginable, mettre en évidence que des vitesses relatives, et j'entends par là non pas seulement les vitesses des corps par rapport à l'éther, mais les vitesses des corps les uns par rapport aux autres »^ On voit que, si les nouvelles théories tendent à ébranler la notion de masse, elles confirment le principe de relativité et même 1 étendent d'une façon qui limiterait l'investigation scientifique d'une façon bien regrettable puisqu'elle lui interdirait tout un ordre de questions dont la légitimité est indéniable pour tous ceux qui ne limitent pas la science à un objet purement pragmatique.

(1) Science et Méthode, p. 240.

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