CHAPITRE VI
LA GÉOMÉTRIE DE NOTRE UNIVERS
M. Poincaré répète volontiers que nos expériences ne nous font connaître que les rapports des corps entre eux, nullement ceux des corps avec l'espace ou les rapports mutuels des diverses parties de celui-ci. Ceci, comme on le verra dans le paragraphe III du présent chapitre, n'aboutit à rien moins qu'à la négation de l'existence de relations spatiales déterminées entre les corps. Pour nous ces relations existent, mais l'espace, comme nous essaierons de le montrer, n'est qu'un système de relations entre ses points, et ceux-ci ne sont réalisés que dans les corps ; dès lors ce ne sont que les phénomènes présentés par ces derniers qui peuvent nous éclairer sur les relations de fait pouvant exister entre les points de l'espace, lesquels n'ont pas de réalité propre. La critique de la portée réelle de ces expériences reste sans doute à faire ; mais nous ne saurions admettre la négation de l'existence de relations spatiales formulée a priori par M. Poincaré.
Réservant cette critique de l'expérience que nous mentionnions à l'instant, nous admettrons l'identité de ce qui paraît identique à nos sens et admettrons par suite la possibilité de déplacer des solides sans déformation. Nous commencerons d'ailleurs par la question qui peut recevoir la réponse la plus précise, celle du nombre des dimensions de l'espace.
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