‹ Étude Sur L'Évolution Intellectuelle De L'Italie De 1657 A 1750 EnvironChapitre 22 sur 77 · HAS · texte numérisé non relu

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el qui compta dans son sein beaucoup d'hommes de valeur.

Pas de règlement : c'était une simple réunion d'amis qui se groupaient autour du plus puissant d’entre eux, pour cultiver l'astronomie, les mathématiques et surtout les sciences expérimentales. -

Néanmoins, leur président ne voyait pas dans ces études un passe-temps de dilettante. Ni lui, ni surtout peut-être ses collaborateurs ne dédaignaient la gloire qu’un savant est en droit d'attendre d’un travail original. Qu’on en juge. A la fin de 1638, un d’entre eux, Borelli, recevait une lettre du Français Thévenot. Celui-ci l’entretenait d’une société fondée à Paris (1) avec un programme semblable à celui du Cimento (2). Il

(4) « La France possédait aussi son Académie des sciences ; mais cette académie n'avait encore rien d'officiel ; c'était une société de savants et d'amateurs qui, depuis une trentaine d'années {c'est-à-dire depuis environ 1636}, se réunissaient chaque semaine, pour parler de leurs études et se communiquer leurs découvertes. Les assemblées s'étaient d’abord tenues chez le maître des requêtes Montmort ; elles eurent lieu ensuite chez Melchisedec Thévenot. Celui-ci, esprit d’une rare curiosité, s'intéressait à tout... A cette académie privée et libre ont appartenu Descartes, Roberval, Blondel, Mersenne, Gassendi, Blaise Pascal et son père. Hobbes y fut aussi présenté durant son séjour à Paris, en 1640, et c'est là que Mersenne le mit en relation avec Descartes ». Extrait de la p.10 de Les Académies d'autrefois. — L'ancienne Académie des sciences, par L. F. Alfred Maury, Paris, libr. académique Didier et Cie, 1864.

= «Il Sig. Thevenot i giorni addietro mi scrisse dell’ Accademia nuova

i Parigi, la quale concorre ne’ medesimi pensieri di cotesta, che si fa St gli auspici dei Serenissimi Principi di Toscana. Dice che hanno esaminato quel sollevarsi dell’ acqua sopra il suo ordinario livello, quando

s'immerge un sottilissimo cannello di vetro, e quando l'acqua è in una caraffa di collo sottile, e si alza tanto più, quanto più è sottile il cannello e il collo. Hanno similmente fatto fabbricare un vetro con una parte larga, e la sottile alla percossa si rompe in minutissimi pezzi. Queste in Italia, come sa V. À, sono materie un pezzo fa considerate. Se poi quei Signori Franzesi hanno trovato la vera cagione di tutto questo, allora ditd che abbiano preoccupato in cid il posto e la gloria agl ingegni Italiani. [1 Sig. Thevenot, comecchè è gentilissimo, ed altrettanto curioso e desideroso che si promuova la cognizione delle scienze naturali, si dimostra ansioso della communicazione con cotesti Signori. Ella dunque veda se vuole scrivergli addirittura, nominando in qualche maniera me, che io per altra parte informer detto Signore delle virtü e valore di V. A., acciochè riesca più grato il commercio, siccome avrà il sodo fondamento della virtù di ambedue lor Signori. Ora i 10 godo sommamente che da quei Signori in Francia si vada con nuove sperienze e speculazioni promovendo la natural Filosofia; ma ho anche qualche sospetto e gelosia, che dell’invenzioni e speculazioni dei nostri maestri, e di quelle che abbiamo trovato noi, Se ne abbiano secondo l’usanza vecchia a far autori e ritrovatori

Cie

souhaitait des échanges d'idées entre les deux académies. Borelli transmit ce vœu au prince Léopold. Il ne savait quel parti conseiller : sans doute, Florence ne pouvait que gagner à connaître les recherches poursuivies à Paris ; mais, d’un autre côté, accueillir les offres de Thévenot c'était s'engager soimême à faire part aux Français de quelques renseignements inédits. Or, l'Italie avait tout à craindre de la convoitise des étrangers. Au contraire, suivant un élève de Torricelli, Michel- Ange Ricei, il ne fallait pas hésiter à établir les relations proposées : l'intérêt du pays les réclamait. Faute de publier ses découvertes en temps voulu, l'académie florentine risquerait d'en perdre le bénéfice. Mais si on les annonçait sans retard aux savants de Paris, ceux-ci ne pourraient, le cas échéant, se vanter d'une priorité qui ne leur appartiendrait pas. Pour plus de sûreté, le Cimento n'avait qu’à communiquer ses conclusions, en cachant les voies suivies pour y atteindre (1).

Léopold de Médicis accepta en principe, mais resta dix-huit mois sans entamer la correspondance à laquelle on l'invitait. Il hésitait, 1l regrettait peut-être sa réponse favorable. C’est ce que lon crut à Paris. Enfin, le 5 juillet 1660, Magalotti, secrétaire de la société scientifique italienne, écrivait à Ricci et le priait de transmettre à Thévenot le résultat d'expériences

gli stranieri. Questo rispetto mi fa andar ritenuto ad attaccar questo commercio con quei Signori dell’ Accademia Parigina, poichè non si pud far di meno nello scrivere di non comunicar loro qualche cosa ; e l'istesso dubitare dà campo a quegl' ingegni pellegrini di ritrovar le cose, tratto delle ragioni non dell’ esperienze.... Ho risposto ambiguamente per ora al Sig. Michelangelo Ricci, e avuto che avrd il comandamento di V. A. gli scriverd con risolutezza. Sto attendendo i libri del P. Mersenne, i quali senza dubbio ivi bisogneranno ». — Lettere inedite di uomini illustri per servire d'appendice all Opera intitolata Vitae Italorum doctrina excellentium. In Firenze MDOCCEXXIL nella Stamperia di Francesco Moucke, t.1, p. 115. al Principe Leopoldo. — De Pise 11 novembre 1658.

(A) Sig , M. A. Ricci mi replica questa settimana; con molle ragioni ed efficaci procura mostrare quanto pregiudizio si faccia alla nostra Accademia ed all Italia tutta con il nostro tacere, e non serivere à quei signori di Francia. Vorrebbe egli insomma che si palesassero le conclusioni da noi ritrovate e dimostrate, tacendo perd ed occultando le ragioni e le dimostrazioni. In questa maniera polremo esser sicuri che non ci possa esser tolto il primo luogo dell invenzione preoccupata e palesata da noi. » — Lettre de Borelli au prince Léopold, du 1° décembre 1658, publiée par Caverni dans Storia del Metodo sperimentale, ete., t. 1, page 19%.

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faites par celle-ci (1). De son côté, entre 1660 et 1662, le cercle français tint plusieurs fois le Cèmento au courant de ses travaux (2).

Que son académie fût pour le Mécène l’objet de soins continuels et empressés, on ne le conclut pas seulement des défiances et des lenteurs que nous avons rapportées. Il ne put la faire vivre dix ans que grâce à son habile diplomatie, tant il lui fut malaisé de maintenir l'harmonie entre ses collaborateurs. Dans une lettre sans date, il déplore leur mésintelligence qui, jointe à son manque de loisirs, l'empêche de mettre à profit le bienveillant appui du grand-duc, pour accomplir une œuvre importante (3). L'année même où il fonda le Cèmento, l'accord n’y régnait déjà pas. L’un des membres, tout au moins, n’était qu'un péripatéticien déguisé. De son cerveau ne sortaient que des monstres et des chimères étranges. Par là il indignait et irritait notamment son collègue Borelli (4).

(1) «Servirà inoltre il comunicarla per far credere a quei Signori vano il sospetto significatoci, che abbia l'A. S. revocato il pensiero del commercio letterario stabilito più mesi addietro, sentendo ora attribuirsi le cagioni del nostro indugio ad accidenti di mera casualità ». (Lett. ined. di uom. ill, t. II, p.88). — L'envoi produisit le meilleur effet à Paris. «Scrivo con questa occasione al Sig. Principe Serenissimo, e gli mando un piego del sig. Tevenot, il quale giubbila per la nuova del commertcio letterario delle due Accademie, che da tutti quei Signori di Francia era tanto desiderato. » Lettre de Ricci à Magalotti, Frascati 14 octobre 1660 (Lett. ined. d'uom. ill. t. 11, 104). — Déjà le 10 juillet, Ricci avait écrit au prince Léopold : « La protezione che la Serenissima sua casa in ogni tempo ha tenuta delle buone lettere e dei professori di quelle mi fece sperare di veder un giorno uniti col mezzo d’una virtuosa communicazione cotesti Signori intendenti delle cose naturali con quei della Francia; ed avendone più volte scritto, al Sign. Borelli per servire il Sig. Tevenot che me l’incaricava, ora sento finalmente che l'A. V. S. essendosi liberata dalle indisposizioni che l’impedivano, si degna di promuovere una (al opera, e vuole che si dia principio con trasmettere in Francia una gentile osservazione fatta da questi Signori, la quale appunto in quest ‘ordinario ricevo per parte di V. A. con le lettere del Sig. Lorenzo Magalotti. Non posso esplicare a V. À. quant’ io di cidè-m'onori, e quanto lo stimeranno quei Signori di Francia che ne vivevano ambiziosi » (Lett. ined. d'uom. ill. 1, 92).

(2) Lett. ined. d'uom. ul. LI, p. 110, 125. — Notizie degli aggrandim. delle sienze fisiche in Toscana, t. 1, p. 456.

(3) Lettere inedite di uomini illustri. LT, p. 130. — Al sig. Michel-Angelo

ticci. « L’accerto bene che se io avessi un poco più tempo e che fra questi

virtuosi non fosse entrata la discordia, sotto la protezione del seren. mo Gran Duca spererei con maggior applicazione di poterli dare aiuto tale da operare qualche cosa di buono. »

(4) AI Signor Paolo del Buono. (De Florence, 10 octobre 1657, p. 94,

Mas celui-ci fut lui-même grandement responsable des désordres qui se produisirent. Certes, sa rare valeur donnait à ce savant le droit de juger autrui avec sévérité (1). Né à Castelnuovo, près de Naples, en 1608, instruit dans les mathématiques, à Rome, par Benoît Castelli, c’est-à-dire par un élève de Galilée, Borelli s'était distingué à Messine comme médecin, en 1647, lors d’une violente épidémie. Attaché à l’Académie de Pise depuis 1656, il y devint lecteur ordinaire de mathématiques en 1665. Ce fut, en outre, un des membres les plus actifs du Cimento. On ne peut imaginer combien de dissections il fit pendant les douze années de son séjour en Toscane : poissons, grenouilles et autres bêtes de toute sorte, cadavres humains même, lui étaient fournis sans compter, grâce à la protection et aux largesses des deux princes florentins. Les études d'anatomie et de zoologie comparées le passionnèrent. Il fallait, à son avis, pour expliquer les phénomènes complexes de notre corps, considérer d’abord les faits qui, chez les autres êtres, y correspondent : des plus infimes, parmi ces derniers, il s'élevait par degrés jusqu’à l’homme. C’est dans cet esprit qu’il préparait, dès avant son départ de Toscane, son ouvrage De motu animalium (2) où, le premier, il tenta de déterminer les lois du mouvement chez les animaux, grâce à l'observation, à lexpérience et aux mathématiques.

Si ce traité constitue le plus grand titre de Fe de Borelli, il ne nous instruit pas complètement sur la valeur de ce savant

t. II. des Lett. ined. di tomini illustri.) «E prima intorno alla nostra Accademia, il male è che solamente vi si trovano i disordini : e questo dipende dalla troppa ambizione di alcuno degli Accademici, il quale essendo Peripatetico marcio e muffo, vuol comparire con una toga tolta in prestito di filosofo libero e sincero ; e perchè finalmente la botte versa quel vino del quale ella è piena, perd si vedono produrre da lui mostri e chimere stranissime ».

(1) Sur sa valeur comme savant, voir F. Colangelo : Storia dei Filosofi e dei Matematici Napoletani e delle loro dottrine. Vol. KE. Napoli, 1834. — Storia della Medicina scritla da Francesco Puceinotti Urbinate, Vol. terzo, medicina moderna. Prato, Tipografia F. Giachelti, 1866., p. 105 et suiv. — Histoire de la Médecine et des doctrines médicales par E. Bouchut. Paris, Librairie Germer Baillière, 1873. Tome II, p. 240-244. — Giuseppe Züno : G. A. Borellimedico e Igienista, dans le recueil intitulé CCCL Anniversario della Università di Messina, Messina 1900.

(2) Romae, Barnabd, 2 vol. 1680.

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qui étudia aussi les phénomènes digestifs, fut l’initiateur des travaux sur la capillarité, décrivit tour à tour les anneaux de Saturne, une éruption du Vésuve, une épidémie qui dévastait Pise, composa même des vers : homme vraiment remarquable par la diversité de ses aptitudes (1).

Malheureusement, il était d'humeur si difficile que Magalotti, qui admire ses œuvres, a pu lui reprocher un caractère presque absolument insupportable (2). A la suite d'expériences sur la manière dont se propage le son et sur la vitessse des projectiles lancés par un canon, il devint l’ennemi irréconciliable de Viviani (3). Que lui reprochait-il? D’avoir démontré l’inconsistance d’un raisonnement dont lui, Borelli, était l’auteur. En pleine séance académique, ils échangèrent de violentes invectives que le président eut beaucoup de mal à interrompre, faisant appel au calme qui devait régner dans une assemblée de philosophes.

Viviani, de sen côté, en voulait à Borelli depuis l’année 1658. Ce dernier avait vu, parmi les manuscrits des Médicis, un volume rédigé en arabe. Grâce aux figures illustrant le texte, ïl reconnut un traité du mathématicien Apollonius de Perga. Le grand-duc et son frère lui facilitèrent les moyens d'aller à Rome, pour déchiffrer, avec l’aide d’un orientaliste, le précieux ouvrage (4). Viviani éprouva un vif dépit, car il travaillait lui-même à reconstituer, par une sorte de divination et à

(4) Dans la Nuova Antologia, 3° série, vol. XXXIV, 1891, p. 301. P. Mantegazza a bien marqué cette diversité.

(2) « Uomo fastidioso e presso ch’ io non dissi affatto intolerabile » Lett. ined. di uomini illustri, t. 1, p. 295.

(3) Sur les faits qui suivent, voir Saggio di Storia letteraria….. scritta da Clemente Nelli, p. 118 et suiv. — De plus, Historiae Academiae Pisanae vol. I, p. #k1 et suiv.

(4) Dèsle 12avril 1656, Borelli écrivait au prince Léopold : « Se si potesse avere qualche Frate o schiavo intendente di lingua Arabica, potrei col suo aiuto tradurre e spiegare i desideratissimi 4 ultimi libri de’ Conici di Apollonio ». — Il entretient le prince des progrès de la traduction, le 21 septembre et le 6 octobre 1658. Voir Lettere inedite di uomini illustri tome |, pages 91, 100 et 145. — A La page 281, voir une lettre de A. Marchetti à Magliabechi du 12 octobre 1680, relative à Borelli: « Dak medesimo (granduca) fu più volte regalato di varie cose, ed anche di grosse somme di danaro e particolarmente quando tradusse dall Arabo i conici di Apollonio ». — L'ouvrage de Viviani parut en 1659 : De matins el minimis, Geometrica Divinatio in quintum conicorum Apollenii Pergaei adhuc desideratum.

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