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vivipares, de femmes qui mirent au monde un éléphant, ou un serpent, ou un lion, ou cinq chiens à la fois. Mais il s’en prenait moins aux narrateurs anciens qu'aux modernes : c’est surtout dans les écrits de ces derniers qu’il cueillait ces étranges fantaisies (1).
ou
Sauf le cas d’une opposition complète avec les lois de la nature, Redi et les ennemis de la crédulité ne rejettent a priori ni les récits des divers voyageurs, ni ceux des anciens : ils se contentent de suspendre leur jugement; avant de se prononcer sur les faits rapportés, ils veulent les soumettre à un contrôle sévère : leur doute n’est que provisoire.
Cependant, on accusa l’un des plus connus parmiles novateurs de secomplaire, au moins en ce qui concerne la médecine, dans un entier et décevant scepticisme. Il la croyait, disait-on, condamnée à une perpétuelle stérilité. Voici l'origine de ce grief. Don Octave Caracciolo de Forino était mort dans la force de l’âge, empoisonné par de l’antimoine absorbé sur le conseil d’un galéniste peu versé dans la chimie. Des murmures s’élevèrent; on demanda au vice-roi de protéger à l'avenir l’existence des Napolitains. Pourquoi ne convoquerait-il pas une commission des plus compétentes ? Celle-ci fixerait des règles à suivre dans l'emploi des remèdes. Dorénavant, on aurait des praticiens parfaits. Chargé de donner suite à ce vœu, le premier médecin réunit quelques confrères, au nombre desquels se trouva Léonard de Capoue. Entre tous les avis exprimés, c'est le mémoire de ce dernier qui parut le meilleur (2) pour la doctrine et l’éloquence. On résolut de l’imprimer. Le titre en est déjà par lui-même instructif : Parere del signor Lionardo di Capoa divisato in otto Ragionamenti
(1) Voir pag. 20 à 38 dans Considerazioni, ed Esperienze intorno alla generazione de’ Vermi ordinari del corpo umano, fatte da Antonio Vallisnieri. In Padova, nella stamperia del Seminario, appresso Gio. Manfrè, 4710.
(2) Voir l'extrait de la Difesa della Filosofia di Lionardo di Capoa par Francesco d'Andrea, publié par Giul. Capone et Salv. Marano dans Un
poeta satirico del X VIT secolo, p. 16 (ouv. cité). — Voir aussi la préface de Buragna, citée plus bas.
ne quali partitamente narrandosi l'origine el Progresso della Medicina, chiaramente l'incertezsa della medesima si fa manifesta (A).
Sur Ja portée exacte des intentions de l’auteur, nous sommes renseignés par la préface signée de Charles Buragna (2). En parcourant, disait-il, cette sorte d'histoire, les personnes judicieuses et réfléchies seraient frappées par la variété des opinions qu'ont émises, au cours du temps, les médecins des différentes sectes, par la diversité et souvent la contrariété des traitements qu'ils ont adoptés. On découvrirait combien sont ridicules ceux qui prétendent trouver des principes sûrs dans une science si flottante. On constaterait quels risques on court, en se livrant aux mains d'hommes qui la jugent parfaite. L’ouvrage serait utile aux jeunes gens; ils y verraient ce qu'on peut attendre au juste de l’art de guérir.
Une anecdote complète ces premiers renseignements sur l’état d'esprit de Léonard de Capoue. Appelé un jour au chevet d'un certain avocat Parrilli qui souffrait de grands troubles intestinaux, 1l se contenta de lui indiquer le régime à suivre, sans parler de remèdes. Le malade en réclama un. — « Je n’en ai pas à vous ordonner. — Je vais donc mourir ? » — Léonard se fit alors apporter de quoi écrire et dit : « Nous tâcherons de vous prescrire quelque chose qui ne vous nuise pas, car je ne connais rien pouvant vous être utile. » Parrill se soumit et bien lui en prit (3). La doctrine de Léonard pourrait se résumer ainsi: « Peu nombreux sont les cas où notre art agit avec certitude. 11 devra viser le plus souvent à empêcher que la nature ne soit contrariée. Mon expérience ne me permet pas d'adopter les médicaments compliqués que recommandent trop de mes confrères. Tout au plus emploierai-je quelques simples, pour le moins inoffensifs (4). »
(1) Napoli. — Bulifon MDCLXXXI.
(2) D. Carlo Buragna a’ lettori.
(3) Nous résumons ici la p. 24 de la Vita di Lionardo di Capua napoletano, detto Alcesto Cillenneo (Vite degli Arcadi Illustri, Roma 1710, tome Il).
(4) Encouragé par la reine Christine de Suède, Léonard de Capoue. réédita, en 1689, son Parere, en ÿ joignant trois nouveaux discours sur l'incertitude des remèdes. Il vit se dresser contre lui plusieurs adver-
saires. Jacques Lavagna lui reprocha des erreurs de langue, des plagiats, une connaissance et une compréhensiôn insuffisantes des systèmes cen-