‹ Étude Sur L'Évolution Intellectuelle De L'Italie De 1657 A 1750 EnvironChapitre 33 sur 77 · PE ALES · texte numérisé non relu

PE ALES

François Redi témoignait à Léonard la plus grande estime. En 1683, deux ans après le Parere, il l’encourageait (1) dans sa lutte vigoureuse contre les préjugés des ignorants. Il lappelait « un libérateur de l'esprit humain ». En 1688 (2), nous le voyons s’entremettre efficacement auprès de Cosme IIT pour obtenir une faveur au fils du savant napolitain. En outre, chargé de trouver un professeur pour la chaire de médecime: pratique à Pise, il songea à Léonard (3). C’est qu’il reconnaissait un peu ses propres idées dans le Parere. À une dame qui lui demandait une consultation, il conseilla d'éviter l’usage des médicaments. « Laissez, lui dit-il, agir la nature et surveillez votre régime. Prenez exemple sur les praticiens. Vous en trouverezbeaucoup qui ordonnent des drogues à leurs clients ; combien peu au contraire en emploient pour eux-mêmes (4) ! Elles ont été imaginées par des disciples de Galien intéressés à enrichir d'insatiables apothicaires? Entre elles, 1l ne faut employer que les plus simples, si du moins on ne les répudie pas toutes (5). »

Ces idées, s’il faut en croire Antoine-François Bertini, auteur de la Medicina difesa, étaient courantes parmi les gens instruits (6). En somme, Redi et les nombreux Italiens sur qui s’étendait son influence, étaient capables de répéter la réponse d’un médecin à Ferdinand IL C’est l’ancien secrétaire du Cimento, Magalotti, qui la rapporte, et il applaudit. Le grand-due demandait à certain Magiotti comment il pouvait, en conscience, accepter des honoraires, lui qui savait bien ètre étranger à la guérison de ses clients. Pour s’excuser, le personnage interpellé déclara faire payer non des soins, mais une œuvre de préservation. En ne répondant pas à

surés, diverses calomnies contre Aristote, Hippocrate, Galien. Le P. jésuite de Benedictis, dans ses lettres apologétiques, le traita d’ignorant, d'orgueilleux, d'impie. Léonard trouva des défenseurs en Constantin Grimaldi et en François d’Andrea. Son ouvrage n’en fut pas moins mis à l’Index par décret du 5 août 1693. Voir plus bas le chap. Il de la 2° partie,

(1) Lett. di Fr. Redi, ouvr. cité, t. IE, p. ae 21 décembre 1683. ) Lett. di Fr. Redi, ouv. cité, t. IL, p. 425. 4 mai. ) Id. t. EI, p. 142 al Sig. Francesco d'Anna! Napoli (sans date). PIECE 393, ‘alla Sie. N. N. (sans date).

Id. €. IT, p. 127, al Sig. Lanzoni. 18 avril 1694. )) Ouvrage cité, + 5 et suiv.

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l'appel de ses malades, il eût laissé la place libre à quelque Jeune homme qui les aurait peut-être drogués, c’est-à-dire empoisonnés (1).

Est-ce à dire que Léonard et ses plus habiles confrères, à la fin du xvn° siècle, en Italie, aient prédit à la médecine une perpétuelle et toujours égale impuissance? Non, puisqu'ils pratiquaient l'anatomie avec l'espoir de mieux connaitre le corps humain etle traitement qui lui convient. En réalité, ils voulaient mettre le public en garde contre la sottise présomptueuse des galénistes. Un des plus connus parmi ces derniers tenait à peu près ce langage. « Sans doute, je ne guéris pas tous les patients que je visite; mais la faute en est à la nature, non à moi, ni à mon art. Les anciens ont tout prévu. Celui qui connaît et applique leurs préceptes ne peut se tromper et ne doit rien au hasard. Il saura toujours identifier les diverses maladies ; les ayant ne il sera chaque fois en état de trouver la cure appropriée (2). »

Le scepticisme des Léonard ‘de Capoue et des Redi était donc purement relatif. L'école adverse supposait la ‘médecine depuis longtemps parfaite. Eux la jugeaient encore en enfance, mais espéraient que peu à peu elle s’améliorerait.

D'ailleurs, le parti des modernes, loin d’être pessimiste, croyait fermement au progrès continu des connaissances humaines (3).

Sans se libérer définitivement de l’esclavage péripatéticien, Daniel Bartoli fut néanmoins un des rares jésuites qui, déjà vers 1675, osaient penser quelquefois par eux-mêmes, en matière scientifique. Au premier livre des Simbolri (4), il use de la comparaison suivante : pour aller depuis la Cilicie jusqu'à Chypre, dit-il après Pline, les cerfs se réunissent en troupe,

(1) Page 131 des Lettere familiari del Conte Lorenzo Magalotti. Parte prima. In Venezia MDCCXLI. Presso Sebastiano Coleti. — Au même endroit se trouvent quelques preuves de la grande diffusion des ouvrages de Redi. Sur le peu de confiance de Magalotti dans la médecine, voir mème ouvrage, p. 125 et suiv.

(2) Marcelli Malpighi philosophi, etc., ouv. cité, 2 conclusio.

(3) Nous ne parlons pas de connaissances d'ordre métaphysique.

(4) De’ Simboli trasportati al morale. Libro Primo e Secondo. In Roma MDCLXX VII. Y voir la p. 291.

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l'un posant la têle sur la croupe de celui qui le précède. De la sorte, ils exécutent tous ensemble ce dont chacun pris à part serait incapable. « Les générations successives de savants, ajoute-t-il, se prêtent un mutuel appui du même genre; constituer la science, c’est former une longue chaïne et, si je ne me trompe, celle-ci n’en est pas au dernier anneau, »

L'illustre Viviani ne se contentait pas de traduire en termes si généraux son optimisme. Il s’exprimait à peu près ainsi (1) : «Quand j'ai lu, pour la première fois, les plus anciens géomètres, entre autres Archimède, je ne croyais pas que la méditation pût aller au delà des bornes qu'ils atteignirent ; continuant mes études, je me suis aperçu que ces théorèmes si profonds sont devenus aujourd’hui de simples corollaires d'autres théorèmes plus généraux. Mais, pour arriver à ces derniers, il fallait commencer comme-a fait Archimède. Qu’aurait dit ce bon vieillard, s’il avait constaté les progrès de cette science au temps de Pappus? Et ce dernier, supposez-le contemporain de Torricelli, qu’eût-il pensé ? Moi-même, j'ai eu la chance de découvrir, en quelque sorte, un océan inexploré; j’ai mis le pied sur un très vaste continent que personne jusqu'ici n'avait soupçonné; mais je le considère comme une petite île, à côté des immenses espaces jusqu'ici inconnus aux humains ».

Magalotüi, rapportant ces réflexions, ajoute, non à tort, que si un savant à pu parler en ces termes de la géométrie, une réserve encore bien plus grande s'impose à ceux qui cultivent la physique. Que pouvaient peser les découvertes déjà faites à côté des phénomènes innombrables encore à expliquer ?

S'élevant contre ceux qui déclaraient toute porte désormais close aux nouveautés dans les sciences expérimentales, Muratori écrivait, en 1741, que le royaume de la nature aura jusqu'à la fin du monde des pays inexploités et intéressants (2).

Idée exprimée aussi en 1729 par Charles Taglini, profes-

(1) Lett. familiari del Conte Lorenzo Magalotti, ouv. cité, p. 124.

(2) P. 206, 2% partie delle Riflessioni sopra il Buon Gusto nelle scienze e nelle arti, di Lamindo Pritanio. Venezia MDCCXLII. — Mais cette idée se trouvait déjà dans l'édition de 1721.

HÉTOTE

seur ordinaire à l’Université de Pise. Célébrant l'éloge de Galilée, il rappelle que les disciples ont obtenu des résultats non inférieurs à ceux du maître et il ajoute que l'avenir rectiliera et complétera leurs travaux, si dignes soient-ils de louanges (1).

De cette croyance au progrès parmi les savants italiens, les preuves indirectes sont encore plus nombreuses. Si elle était sincère, elle devait logiquement aboutir à deux résultats. D'abord, malgré toute leur admiration pour les grands hommes qui avaient renouvelé la science, des esprits vraiment libres ne pouvaient les croire sur parole, ni supposer leur œuvre définitive. En fait, le naturaliste Antoine Vallisnieri (2) les prit comme guides dans le premier tiers du settecento, mais il ne leur sacrifia en rien son indépendance. Il contrôla d’abord la description anatomique du ver à soie donnée par Malpighi, son professeur. Il la reconnut fort exacte. Il reprit ensuite toutes les recherches de Redi sur la manière dont les insectes sont engendrés. Il découvrit qu’à ce devancier quelques détails avaient échappé, d’autres étaient apparus sous un aspect faux. Se défiant toutefois de ses propres yeux, il sollicita l'avis d’un homme expert, le docteur François Mattardi. Celui-ci expérimenta et conclut dans le même sens que lui. Cest alors seulement que Vallisnieri publia son étude (3). Elle plut à Bellini et à d’autres amis de Redi. Lorsqu’en 1712, on réunit les divers ouvrages de ce dernier, l'éditeur crut devoir donner place à ces améliorations (4). Dans son compte rendu, le Giornale de’ Letterati d'Italia déclara que si lillustre naturaliste était en vie, lui-même applaudirait, sachant bien qu’un homme ne peut tout voir dans un pays qu'il est le premier à explorer (5).

Le même périodique, deux ans plus tard, nota que, sans

(1) P. 205 de la Lettera Filosofica scritta all Illustriss. Sig. Marchese Ab. Gabbriello Riccardi. In Firenze MDCCXXIX.

(2) Son éloge dans Le Giornale de’ Letterati d'Italia, tome XXXIX, art. XII ett. XL, art. V.

(3) Tome I, partie X, page 297; tome III, partie IX, p. 289; partie XI,

p. 149 de la Galleria di Minerva.

(4) Opere di Francesco Redi, ouv. cité, tome 1. Miglioramenti e correzioni d'alcune Sperienze ed Osservazioni del Sig. Redi, fatte dal Sig. Ant. Vallisnieri, e registrate dal Sig. Dottor Girolamo Gaspari, Veronese. (5) T. IX, p. 42. In Venezia MDCCXII.

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affaiblir en rien l'autorité de Galilée, on avait redressé deux erreurs assez graves commises par ce maître incomparable.

Cette remarque se trouve dans un article où, répondant aux critiques du Français Parent contre le traité de Borelli De motu animalium, on en contestait plusieurs, on reconnaissait toutefois la justesse de quelques-unes. L'ancien membre du Cimento, disait-on, était mort trop tôt pour mettre la dernière main à son livre; d’ailleurs, les mathématiques, après lui, avaient tant progressé (1) !

Que nous sommes loin de la sotte opiniâtreté des péripatéticiens! Par une telle indépendance, les vrais savants ne croyaient pas faire injure à la mémoire des fondateurs mêmes de leur parti. Il leur semblait que la véritable admiration doit être historique.

Aussi plusieurs d’entre eux se gardaient-ils de tout mépris pour l'antiquité. Suivant l'exemple de Telesio (2) et de Galilée, ils parlaient d’elle sur un ton fort modéré. Les Aristote et les Pline étaient de grands hommes par rapport à leurs prédécesseurs et à leurs contemporains ; rien ne prouve que, vivant au xvu° siècle après J.-C., ils se fussent enrôlés parmi les amis de la routine.

Ainsi pensait l’auteur d’une sorte de nouvelle allégorique lue, à la fin du xvu* siècle, dans l’académie romaine des Humoristes (3). L'œuvre emprunte sa forme aux ARagquagli di Parnaso de Boccalini. Une patrouille dirigée par le poète

(1) Riflessioni Apologetiche e supplementi sopra qualche proposizione della prima parte del Libro del moto degli animali di Giannalfonso Borelli. Del Sig. Bernardino Zendrini. Giorn. de’ Lett. d'Italia, tome XVIIL, spécialement aux p. 105-107 et 126.

(2) Voir t. I, p. 214-215 du Bernardino Telesio de Francois Fiorentino. Firenze. Suce. Le Monnier, 1872. — Voir en ce qui concerne Galilée, notamment sa lettre du 45 sept. 1640 à Fortunio Liceti, où il prétend que si Aristote revenait au monde, ce maitre le considérerait comme son disciple, en raison même de son indépendance, à lui, Galilée. Opere, t. XVIIL p. 248.

(3) Aristotile fatto prigione per la Lanterna proibita di Michele Milani, Romano. Amsterdam, sans date. — Le début indique que l'ouvrage a été lu en séance académique. — Ce récit est précédé de : La Luce Canzone di Gio. Michele Milani, Romano Accademico Umorista. Dedicata alla sacra Real maestà di Cristina Regina di Svezia. Aggiuntevi in fine alcune poche annolazioni dello stesso Autore. In Amsterdam MDCXCVIIL. Appresso Henrico Starckio.

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Berni fait une ronde à travers Le Parnasse, pour surprendre les rixes éclatées entre habitants du lieu. Tout à coup on voit fuir un petit homme à l'épaule déviée. On le poursuit, on l’arrête. Il dit se nommer Aristote et c’est vrai, mais Berni n’en croit rien ; à une telle heure, un si grand philosophe courir les voies publiques comme un jeune débauché, c’est impossible. On le fouille, on lui trouve des papiers qu’on ne parvient pas à déchiffrer et un globe formé de deux morceaux juxtaposés ; il contient une lanterne. Jusqu'à plus ample informé, on jette l'homme en prison : s’il demande à manger, on ne lui servira que la matière première des péripatéticiens. Le lendemain, un niais nommé Simplicio cherche en vain Aristote, pour boire en sa compagnie, comme à l'ordinaire, une tasse de chocolat. Il apprend la mésaventure de son ami. Encore tout ému, il rencontre Galilée, au bras de Jean-Baptiste de la Porta. Le vieillard tousse : signe de moquerie, se dit le benêt qui le poursuit de ses invectives. La foule s’amasse. Le bruit attire Apollon. Il entend les impertinences des disciples d’Aristote; il en rend leur chef responsable. Ille condamne à s’effacer désormais au profit des modernes auteurs de découvertes. Alexandre le Grand intervient. Il obtient qu’on juge régulièrement son ancien maître. Le plaidoyer de l'avocat ne manque pas d'intérêt. Il adresse un appel pressant à la tolérance. Diverses routes peuvent, dit-il, conduire à. la vérité; on la therche même parfois sans jamais la rencontrer, et tel est sans doute le cas d’Aristote. On doit faire un mérite aux hommes non pas tant de l'avoir découverte que tenté obstinément de l’apercevoir. L’accusé trouve son défenseur trop long; il lui coupe la parole et se révèle comme un ami des modernes : « On me connaît mal, affirme-t-il : je suis une victime de commentateurs ignares ; on m'attribue en outre des œuvres non authentiques. Quant aux partisans de la routine, ils ont tort de se réclamer de moi. Cette nuit, lorsque l’on m'a emprisonné, je venais d’une académie où je me suis attardé, séduit par un convaincant exposé du système de Copernic. Les papiers saisis sur moi reproduisent justement des calculs faits autrefois par Galilée. » Apollon rend hommage à l'intelligence du philosophe. Il le nomme lecteur au Parnasse.

Le ton n’est pas moins bienveillant dans les dialogues que

Vallisnieri suppose aux enfers entre Pline le naturaliste et Malpighi (1). Les savants de l’antiquité, dit-il, méritent l’indulgence ; leur infériorité tient, en partie, au manque des appareils que le xvn° siècle manie avec tant d’habileté. Souvent aussi, on croit prendre en défaut les Grecs et les Latins, parce que l’on comprend mal leur langage concis et obscur. Sans doute, ils pèchent, en général, par absence de critique, mais on ne peut même pas dire que la curiosité leur ait toujours été inconnue. Pline n’a-t-il pas trouvé la mort en voulant observer de trop près une éruption du Vésuve ? Quant à discréditer l’ensemble de leurs œuvres pour quelque bévue relevée dans une d'elles, on ne peut le faire sans tomber dans un ridicule excès.

Ramazzini, professeur à l'Université de Padoue, observait et recommandait la même modération. Dans son discours au début de chaque année scolaire, 1l ne ménageait certes pas les encouragements aux modernes (2). Celui de 1700, par exemple, est comme un hymne en l'honneur des admirables découvertes du siècle. Néanmoins, dans celui de 1705, il regrette que des médecins s’obstinent encore à dédaigner, de parti pris, tout ce qu'ont écrit les plus vieux maîtres ; on y recueille parfois de précieux renseignements.

De même, s'il reconnait la supériorité de ses contemporains dans les sciences de la nature et les mathématiques, lhelléniste Antoine-Marie Salvini leur recommande toutefois d’épargner les anciens. On leur doit une profonde reconnaissance pour avoir ouvert le chemin où l’on s’est avancé si loin. On ne peut sans injustice oublier qu'eux aussi ont désiré atteindre la vérité (3).

(1) Dialoghi del Signor dottor Antonio Vallisnieri, Medico Fisico Scandianese, Cittadino di Reggio, sopra la curiosa origine di molti insetti. Dedicati all’ Eccellentiss. Sig, Dottor Lodovico Testi, Medico Fisico. In Venezia MDCC. Per Girolamo Albrizzi. — L'œuvre avait d'abord paru dans la Galleria di Minerva.

(2) Oraliones iatrici argumenti, quas in Patavino Gymnasio pro anniversaria studiorum instauratione habuit Bernadinus Ramazzini Praticae Medicinae Professor. Patavii, ex typographia Viduae Frambotti, et Jo. Battistae Conzatti, 1708.

(3) Tome IV, discours LXXXIX, p. 146 des Discorsi Accademici di Anton- Maria Salvini. Bologna MDCCXXI. Presso Annesio Nobili. — Sur cette question, voir aussi tome IX, page 96, discours CLXXXV.

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De tels conseils prouvent que les détracteurs systématiques de l'antiquité ne manquaient pas. Ces derniers ne doutaient sans doute aucunement que les progrès à venir de la science ne fussent indéfinis, mais le premier leur semblait dater du xvir siècle. Que l’obstination des partisans aveugles de l'autorité ne fût pas moins opiniâtre, nous en avons déjà vu des signes. Dès lors, est-il surprenant que les uns aient parfois nourri contre les autres une rancune violente, les poursuivant de leurs moqueries, voire même de leur haine ?

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