‹ Étude Sur L'Évolution Intellectuelle De L'Italie De 1657 A 1750 EnvironChapitre 37 sur 77 · LD · texte numérisé non relu

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la bibliothèque et cinq savants spécialisés dans l'astronomie, les mathématiques, la physique expérimentale, l’histoire naturelle, la chimie. Pour ne pas restreindre à une élite si peu nombreuse l’usage de telles ressources, on réunit à la nouvelle fondation l’Académie de philosophie. Elle comprit douze membres titulaires. Chacun, à tour de rôle, devait communiquer ses travaux à la société. Elle s’augmenta, en outre, d’un nombre indéterminé d’agrégés honoraires. Le 13 mars 1714, on inaugura l’Institut. Un des savants qui la composaient, don Hercule Corazza, fut chargé de prendre la parole, et proelama combien nécessaire est la liberté dans les recherches scientifiques.

Vingt-huit ans plus tard, Benoît XIV donnera une preuve insigne de sa bienveillance à cette maison. Il la dotera de toute une série d'instruments chirurgicaux, présent reçu par luimême du roi de France. La même année, il voulut que le docteur Pierre-Paul Molinelli, tout en jouissant du titre et des avantages de professeur à l’Institut, enseignât l'anatomie dans les grands hôpitaux della vita et della morte, où il aurait de nombreuses pièces à disséquer (1). La bienveillance du pape s’étendit aussi à la physique et à l'astronomie, car, en 1745, il fit venir de Paris ou fabriquer à Rome, puis parvenir à Bologne, beaucoup d'appareils utiles à ces sciences.

Ce n’était pas la première fois que les vrais savants se voyaient favorisés par les plus hauts dignitaires de l’Église. Onn'a pas oublié la bienveillance de Clément IX pour les défenseurs des saines méthodes. En 1674, chez le cardinal Chigi, se firent diverses expériences sous la direction, de Luc-Antoine Porzio (2). En 1677, Jean-Just Ciampini, qui jouit de nombreux honneurs dans la Curie, fondait, à Rome, l'académie dite #isico-Matematica. Les membres étaient au courant des derniers travaux relatifs à la géométrie, à

(1) Page 69 des Memorie Storiche sopra l'Università e l'Istituto delle Scienze di Bologna e sopra gli stabilimenti e à corpi scientifici alla medesima addetti. Compilate da Serafino Mazzetti Bolognese. Bologna 1840. — Nous ne citons que quelques traits caractéristiques de la bienveillance de ce pape pour les bonnes études scientifiques. On en trouvera d'autres dans l'ouvrage que nous venons de citer.

(2) CÉ. tome Il, p. 280 de Opera Lucae Antonii Portii Medici Neapoletani MDCCXXX VI.

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la mécanique, à l’anatomie, à la médecine, à la physique (1).

En 1714, le pape permit à son médecin, Jean-Marie Lancisi, de mettre généreusement à la disposition du publie 8000 volumes concernant ces mêmes sciences et, en outre, la botanique et la chimie. A ce don furent joints de nombreux instruments d'anatomie, des appareils précieux pour les physiciens et les astronomes. Un cadeau de 12 000 écus était destiné à l'achat de nouveaux livres et à l'entretien du personnel qui garderait ces richesses (2). L'année suivante, le 25 avril, Lancisi (3) prononçait, dans une salle attenante à la bibliothèque, un discours où il prêchait aux jeunes gens la modération et les mettait en garde contre l'esprit de parti ; il ne leur laissait du moins pas ignorer ses préférences pour les novateurs. Treize cardinaux et cinquante prélats étaient présents et applaudirent.

On voit par cet exposé que si, vers 1720, les amis des modernes n'avaient pu faire avouer à toute lItalie lettrée que, pour connaître la nature, il faut observer et expérimenter, du moins ils étaient en droit de compter sur une victoire prochaine.

Leurs ennemis exerçaient encore une grande influence par l’enseignement. Il était impossible de les atteindre dans les collèges dont ils avaient la libre propriété, mais on pouvait songer à leur enlever les chaires qui relevaient des pouvoirs publics. Contre eux on avait besoin d’une consécration officielle. Ce vœu ne serait-il pas rempli, le jour où les gouvernements chasseraient des universités Aristote et sa docte cabale, pour donner une place digne d'elles à l'anatomie, à la physique et à la chimie?

(4) Voir Notizie Istoriche degli Arcadi morti, Roma, 1720, tome [, p. 137. (2) Giornale de’ Letterati d'Italia, t. XVII, p. 32 et suiv.

(3) Id. p. 454. — Sur Lancisi, on pourra voir en outre Giorn. de’ Lett. d'Italia, €. H, 397; IV, 440; VIL, IX, 475 ; X, 114; XII, 448; XIV, 67, 435; XXI, 153, 162, 279, 291 ; XXIV, 392; — I. Carini, L'Arcadia; — Storia della medicina scritta da Francesco Puccinotti Urbinate già professore di Clinica medica nella L. e R. Università di Pisa, ed ora Professore di Storia della medicina nella medesima Università. Volume terzo. Medicina Moderna. Pisa, 1866.

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