‹ Étude Sur L'Évolution Intellectuelle De L'Italie De 1657 A 1750 EnvironChapitre 49 sur 77 · PRE RUE · texte numérisé non relu

PRE RUE

amis de concilier ce dernier avec les enseignements de l’Église. Vico nous l’affirme : encore vers 1686, on restait, en général, fidèle au philosophe français (1). En 1691, se rappelant la mise à J’Index de Descartes, Antoine Arnauld s’en indignait d'autant plus que Gassendi continuait à jouir de l’immunité, lui, dont les œuvres venaient de précipiter dans l’athéisme quelques jeunes Napolitains. Gianonne protestera plus tard contre cette accusation. C’étaient, selon lui, de faux bruits colportés à travers l'Europe par des moines furieux des échecs de la vieille école (2). — En 1710, le gassendisme comptait dans la même ville au moins un grand admirateur, l’avocat Nicolas Amenta (3).

Personne, plus que Sebastien Bartoli (4), n'avait contribué à y propager ce système; il l'enseignait à ses élèves en même temps que la médecine moderne. On sait comment il sut gagner à ses idées un jeune homme (5), Tremigliozzi, qui assistait par hasard à une de ses leçons. Le converti ne se borna pas à prêcher sa foi nouvelle à Naples, mais il la répandit encore à Bari, où il

(4) La Vila di Giambattista Vico, p.142, dans Autobiografie. Firenze Barbèra, Bianchi e C,1859. «Nel tempo, nel quale egli parti da Napoli, si era cominciala a coltivare la filosofia di Epicuro sopra Pier Gassendi :edueanni dopo ebbe novella, che la gioventü a tutta voga si era data a celebrarla : onde in lui ridestù voglia d'intenderla sopra Lucrezio. » Vico quitta Naples vers 1684. :

(2) Lettres de Messire Antoine Arnauld, Docteur de la Maison et Société de Sorbonne. Tome troisième. A Paris, MDCCLXXV, pages 395-396. — À M. de Vaucel. « Je ne m'étonne pas de ce que l’on me mande de Naples, que de jeunes fous sont devenus Athées et Epicuriens par la lecture des OEuvres de Gassendi. C'est ce qu'on en devoit attendre, sur-tout si on considere ce qu'il a écrit contre la métaphysique de M. Descartes, où il a employé tout ce qu’il avoit d'esprit à détruire tout ce que M. Descartes avoit trouvé de plus fort pour prouver l'existence de Dieu et limmortalité de notre ame. N’y a-t-il pas cependant de quoi admirer le grand jugement de MM. les Inquisiteurs de Rome, et le grand service qu'ils rendent à l'Eglise par leurs prohibitions? Ils ont laissé toute liberté à ces jeunes gens delire l’Auteur qui détruit, autant qu'il peut, les preuves les plus solides de l'existence de Dieu et de l’immortalité de l'ame (car il n'y à aucun des ouvrages de M. Gassendi qui soit dans l’Index), mais il ne leur à pas été permis de lire celui qui les auroit persuadés de ces vérités, pour peu qu'ils eussent l'esprit bien fait. »

(3) 1 Rapporti di Parnaso. Napoli, 1710, p. 8.

(4) Napoli-Signorelli. Vicende della coltura nelle due Sicilie,, vol. V, pag. 272. Napoli, 1811:

(5) Elogi Accædemici della Società degli Spensicrati di Rossano, descritti dal dottor Sig. D. Giacinto Gimma. In Napoli, MDCCILE, p. 156 et suiv.

did

résida en 1678. Par ses fréquentes discussions, il éloigna de Galien et d’Aristote le médecin Aurèle Salice qui fonda ensuite l'académie des Coraggiosi (1682).

Si l’on considère à la fois les diverses parties de l'Italie, c’est dans le dernier tiers du xvn° sièele que Lucrèce et Gassendi y jouirent de la plus grande fortune. Ensuite, la faveur alla plutôt à Descartes, en même temps que les champions de la foi religieuse se tournaient contre lui. Au contraire, entre 1670 et 1693, ils redoutèrent surtout l'influence des deux premiers philosophes nommés. Beaucoup, en effet, crurent l'impiété inséparable de la doctrine corpusculaire.

Parfois, on ne peut déterminer si c'est de Lucrèce ou de Gassendi que se réclament les Italiens ainsi soupçonnés d’incrédulité. Tel est le cas de certain étudiant de Bologne. Dans une thèse, vers 1665, il avait avancé que les principes matériels des choses sont les atomes. Un moine l’attaqua comme hérétique, mais fut sévèrement blâmé par le cardinal légat (1). Nommons aussi Elie Astorini (2). Né en 1651 à Albidona, dans la province de Cosenza, il avait, dès l’âge de seize ans, revêtu l’habit des carmes. À la mort de son père, on lui permit de se retirer quelques mois dans sa famille. Peu-satisfait de la routine péripatéticienne, il mit à profit sa liberté pour étudier Lucrèce, Galilée, Gassendi, Descartes, Hobbes et le Père Mersenne. Retourné parmi ses confrères, ordonné prêtre et nommé professeur de philosophie et de théologie à Cosenza, il y enseigna

(1) « Viemmi in acconcio il raccontare a V. A. cid, che accadde pochi Anni addietro nello studio medesimo di Bologna, e che a me fu riferito dal Fracassati mentr’ era in Pisa. Espose al Pubblico uno scolare alcune sue Filosofiche Conclusioni, fra le quali una vi si era che asseriva 1 principi materiali delle cose esser gli Atomi. La vide un frate pure scolare, e parendogli di far gran cose ne fe stampar subito un'’altra, nella quale si vantava di sostenere, che la detta conclusione era Éreticale, o almeno in Fede pericolosa. Seppe cid l'Eminentiss. Cardinale Legato, e fatto a se venire il Frate, e bravatolo, e minacciatolo di severissimo gastigo se avesse mai più avuto simil ardire, se ne fe dare tutte le copie, e gliele fece tutte abbrugiare in Pubblico. » P. 33, de la Risposta apologetica dell Avvocato Francesco Marchetti. — Le père de ce Marchetti rapportait ce fait en

(2\ Elogi À ccademici della Società degli Spensicrati, p. 387 el suiv.

les théories corpusculaires. Le visiteur général de son ordre fut frappé par sa facilité à improviser des leçons à la fois élégantes et très nourries. Il l’engagea à la prudence : il fallait craindre les murmures des gens timorés et les critiques des envieux. Au contraire, Astorini répandit ses idées d'autant plus volontiers, qu’elles séduisaient les nobles. On l’accusa d’impiété; on le soupçonna de pratiquer la magie, car un tel talent et des connaissances si vastes ne semblaient pas naturelles chez un si jeune homme. Il quitta Cosenza; on le trouve à Bari en 1683. Si le parti des modernes l’y accueillit presque avec enthousiasme, Astorini y fut, en revanche, l'objet de, nombreuses tracasseries ; il conçut même de telles craintes pour sa liberté, qu'il crut prudent de passer à l'étranger. Après diverses aventures, il fit amende honorable à ses supérieurs et put rentrer en [talie. En 1690, il enseignait la philosophie à Sienne.

Voici maintenant des exemples d'attaques dirigées de façon très nette contre le gassendisme en particulier. À Rome, sous le pontificat d'Innocent. XI (1), il avait tant progressé que divers médecins mirent tout en œuvre pour le faire condamner. Le pape réunit quelques membres du Sacré-Collège et leur soumit le cas. Le cardinal d’Estrées était alors chargé des affaires de France. Il se rappela ses rapports amicaux avec le chanoine de Digne. C’est lui qui avait, en 1648, amené la réconciliation de celui-ci avec Descartes. Il soutint qu'il était injuste d'attaquer un cathohkque intègre, tandis qu’on recom-

(4) « Nonnulli Medici in numero eorum erant, qui novos philosophos de labefacta religione accusabant. Ii sublimitate doctrinae, qua pollere dicebantur, cum magnam gloriam potissimum apud Romanos essent consecuti.. id sunt conati ut auctoritate Pontificis Maximi opera Petri Gassendi, ac ceterorum philosophorum contra Aristotelem sentientium proscriberentur. Delata causa ad selectos judices ex Cardinalium Collegio, in medium protulerunt indicem ejusmodi librorum. Intercessit Cardinalis Etraeus, atque apud Collegas contendit, injurium esse improbare Gassendi opus, hominis integri animi, Galli, Catholici, et licentiam permittere legendi, sin minus approbare Aristotelis idolatrae libros, quibus complures contineri errores et falsas opiniones ex eodem Gassendo cognosci plane ad veritatem polerat, atque inter cetera mundum aeternum esse, el cum corporibus simul animos interire. Hac ratione Sapientissimi Patres adducti, consiliis accusatorum obstiterunt. Itaque decreto Innocentii XI cautum fuit, ne quisquam auderet voce scriptoque reprehendere censoria auctoritate eas sententias, de quarum falsitate pronunciatum a Sede

Apostolica non esset judicium. » P. 628-629 de Historiae Acad. Pisanae OAI :

mandait Aristote, un idolâtre dont Gassendi lui-même dénoncçait

les idées scandaleuses sur l'éternité du monde et la mortalité > a & . ; É ;

de l’âme. Innocent XI, après avis de la commission, déclara

que personne ne devait blâmer des doctrines toujours tolérées

par le Saint-Siège.

Sauvé cette fois, le gassendisme fut de nouveau mis en cause, au début de 1693. Un jésuite bien informé écrivait alors à Viviani qu'au Saint-Office on se préoccupait vivement de prohiber les œuvres de tous les auteurs de « physiques modernes ». En tête de liste on inscrivait comme surtout dangereux Gassendi et deux autres célèbres ennemis des péripatéticiens. Les prineipaux personnages appelés à se prononcer étaient des religieux qui, à d’autres moments, avaient fait effort pour obtenir une telle mesure. Or, les circonstances actuelles les favorisaient, ils sauraient en profiter : l'Inquisition retenait, en effet, sous les verroux des malheureux qui, disait-on, s'étaient servis des livres visés, pour répandre leurs erreurs (1). Nous ne voyons pas que ces menaces aient été suivies d'effets.

Comment s'expliquer que plusieurs fois, en Italie, on aitinvoqué les intérêts de la religion contre le philosophe français ? Etait-ce une simple calomnie forgée par dès routiniers aux abois ? ‘On sait quelle réforme introduisit Gassendi. Traitant les dix catégories d’inepties et la doctrine des propositions de futilité, il rejeta dédaigneusement le péripatétisme. Puis, ayant redressé les légendes relatives à la vie d'Épicure (2), il entreprit

(4) « Tutta Roma sta in arme contra i Matematici e fisico-matematici. Si sono fatte e si fanno Congregazioni Straordinarie de’ Cardinali del S° Offizio, e avanti al Papa, e si parla di fare proibizioni generali di tutti gli Autori di Fisiche moderne, e se ne fanno liste lunghissime, e tra essi si mette in capite Galileo, il Gassendo, il Cartesio, e come perniciosissimi alla Repubblica letteraria e alla sincerità della Religione. 1 principali a dare giudizio d’essi saranno Religiosi, i quali in altri tempi hanno fatti sforzi per far uscire tali proibizioni ed al presente si sapranno ben prevalere della buona congiuntura che ne hanno per la causa di alcuni Medici e Legisti di Napoli, ivi, e qui carcerati dal S° Tribunale i quali si dice che si prevalessero di tali dottrine e libri per aprire la strada a i suoi errori. » Lettre du P. Baldigiani à Viviani (25 janvier 1693), publiée pour la première fois à la page 155 des Miscellanea Galileiana inedita. Studi e ricerche di Antonio Favaro. Venezia, 14887. — Le P. Baldigiani occupait lui-même des fonctions au Saint-Office.

(2) De vita, moribus et doctrina Epicuri libri octo. Lyon, 1647. — De vita, moribus ét placitis Epicuri, seu animadversiones in Hbrum X Diogenis Laertii. Lyon, 1649.

de réhabiliter les idées de ce dernier en les corrigeant et les épurant. Le titre même de son principal ouvrage prouve quelles intentions il voudrait se faire attribuer : Gassendi S'yntagma philosophiae Epicuri cum refutationibus dogmatum quae contra fidem christianam ab eo asserta sunt. — Certes il ne suffirait pas, pour accuser Gassendi d’impiété, de Jui reprocher ses théories atomistiques. Une grande différence le sépare d'Épicure. Pour ce dernier, il y a sans doute des dieux, mais ils vivent oisifs et le monde n’est pas leur œuvre; à part eux, rien n'existe, sinon le vide et les atomes solides, étendus et doués de mouvement. Le hasard seul préside à la rencontre ou à la séparation de ces éléments. Une de ses combinaisons a produit l'univers actuel, une autre pourra le détruire. Quant à l’âme, il la juge une réunion de corpuscules plus légers et plus rapides. Gassendi, au contraire, est un prêtre catholique, et son Église enseigne que Dieu a tiré le monde du néant où il le fera retourner à son gré. Aussi le philosophe français enlève-t-1l aux atomes l'éternité. Notons cependant que, malgré ces apparences, son orthodoxie n’est aucunement démontrée. Ne faut-il pas le considérer comme un esprit habile qui acheta, au prix de quelques prudentes concessions faites aux spiritualistes, le droit d'enseigner un matérialisme déguisé? Même de nos jours, ce problème n’est pas résolu, bien qu’on puisse l’aborder avec une sérénité dont étaient moins capables les contemporains ou les hommes qui vécurent peu de temps après eux (1).

Si Gassendi excita la défiance de beaucoup d’Italiens, on conçoit qu'à plus forte raison Lucrèce les ait effrayés. Ils n’estimèrent pas assez robuste la foi religieuse de leurs concitoyens pour permettre qu’on facilitât à ces derniers la lecture du Le natura rerum. De là leur colère contre Alexandre Marehetti.

Depuis 1659, il appartenait au corps enseignant de l'Université pisane (2). A partir de 1677, il occupa la chaire de mathé-

(1) Francisque Bouillier, dans son Histoire de la philosophie cartésienne t. [, ch. XI; Albert Lange, dans Geschichte des Materialismus, t, 1, 1873, p. 234, considèrent Gassendi comme un matérialiste. L. Mabilleau, Hist. de la philos. atomistique, p. 405, déclare que c'est trop s'avancer. Ph. Tamizey de Larroque, Documents inédits sur Gassendi (Revue quest. hist. 1877, 2), n'hésite pas à voir en Gassendi un spiritualiste.

(2) Voir dans le Giornale de’ Letteratti d'Italia, tome XXI, page 213, Elogio del Signore Alessandro Marchetti. — Sur l'audace de Marchetti dans

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maliques restée vacante après le départ de Borelli, son maître et ami. Son antipathie contre les péripatéticiens s'était manifestée dès l’époque où, simple étudiant, il leur avait appris à redouter les traits de ses piquantes satires. Devenu professeur, il ne sut jamais prendre sur lui de les ménager, dans les cercles, et même en plein cours publics. Il ne se bornait pas à vanter, en toute occasion, la méthode expérimentale; il propageait l’atomisme. On connaissait son faible pour Lucrèce qu'il a traduit en vers encore très estimés aujourd'hui (1). Il avait commencé ce travail avant 1664; en 1669, il se mit à le repolir et y apporta la dernière main (2). C’est à Cosme II qu'il rêvait de le dédier.

En 1670, il avait déjà traité avec un éditeur et fait imprimer le frontispice, lorsque le cardinal Léopold de Médicis lui ordonna de renoncer à son entreprise; pour le consoler, il lui conseillait de déposer à la bibliothèque du grand-duc deux copies de l’œuvre manuscrite : de la sorte il resterait trace de celle-ci. À quel mobile obéit le prince ? En cette même année, les péripatéticiens de Pise dénoncèrent plusieurs professeurs comme initiant les jeunes gens à la philosophie de Démocrite et, par suite, disaient-ils, comme les entraînant à l’impiété. Marchetti, on s’en souvient (3), répondit au nom de ses collègues : s’il reconnut le fait, il nia la conséquence. On enseignait, disait-il, l’atomisme, en le purifiant de ses impiétés. Mais ne se contredisait-il pas, en voulant mettre à la portée de tout ie monde un exposé complet du système, sans l'accompagner d'aucun commentaire destiné à en combattre certaines parties ? Il fournissait ainsi des armes à ses accusateurs. Le cardinal jugea l'ouvrage dangereux pour les croyances spiritua-

ces discussions, voir Vita e poesie d'Alessandro Marchetti da Pistoia, Venezia 1755, pages 23-24, avec les lettres de Malpighi à Marchetti (4 janvier 1661) et de Borelli à Marchelti (13 janvier 1667).

(4) Pour la valeur de cette traduction et les oppositions qu'on lui fit au point de vue littéraire, voir la préface de la traduction de Lucrèce de Marchetti, édit. Barbèra, 1864. Elle est de Carducci, et reproduite dans les Primi Saggi de cet auteur (Bologne 1889) — Cf. aussi Cesare Ghetli, Notizie su la vita e le opere di A. Marchetti con appendice di poesie inedite. Fermo, 1900.

(2) Crescimbeni, Commentari intorno all Istoria della Volgar poesia. Venezia, 1731, t. I, page 395.

(3) Voir plus haut p. 125-126.

listes ou de nature à paraître vraisemblablement tel (1). Plus tard, il consentit à lever son interdit sous deux conditions : d’abord Marchetti supprimerait de son manuscrit tout ce qui pouvait nuire à la foi chrétienne, ensuite, il le soumettrait au Saint-Office à Rome. Le traducteur considérait que corriger ainsi Lucrèce, c'était le défigurer ; pour ce motif, on ne pouvait rien supprimer notamment au troisième livre relatif à la matérialité de l’âme (2). Aussi n’opéra-t-il à son œuvre que des changements superficiels qui ne parvinrent pas à satisfaire les inquisiteurs (3). Sa plus grande preuve de condescendance fut une préface où il reconnaissait qu’en beaucoup d’endroits le poème de Lucrèce combat les vérités surnaturelles. Mais, disait-il, il n'avait pas cru pécher en le revêtant d’une parure toscane, puisque ni le texte latin, ni la version française n'étaient prohibés. D'ailleurs, la plus solide philosophie et la plus robuste poésie recommandent le De natura rerum; 1 ne contient que des erreurs manifestes et grossières au point de ne pouvoir séduire personne. Toutefois, par pure précaution, une croix signalerait les passages scabreux (4).

(1) Risposta XII, p 32 (dans la Risposta apolog. dell Avv. Francesco, Marchetti, ouv. cité). « Si credon forse questi sgraziati, che per pigliare alcun di noi di Democrito qualche Dottrina, e si neghi con esso lui la Providenza, e si dia l’arbitrio del mondo al Caso, si creda l’anima mortale ed altre simili stolidezze, o sciocchezze sue, le quali tutte son da noi, non solo come empielà, ma anco, come cose pazze, e ridicole rigettate. »

(2) Voici un passage de lettre de Marchetli, cité p. 54 par C. Ghetti, Notizie sulla Vita e le Opere di A. Marchetti. « Il terzo libro il cui argomento è tutto empio, pigliando a provare in esso principalmente che l’anima non è immortale, castrato diverrebbe oscuro. »

(3) Voir C. Ghetti, ouv. cité, p. 56, comment Marchetti ne put s'entendre avec le reviseur romain.

(4) Telle est, en résumé, cette protestation au lecteur, telle que la donne le Giorn, de’ Lett. d'It. t. XXI, p. 242-243. « T. Lucrezio Caro nacque Gentile, e fu di setta Epicureo, onde non dee alcuno maravigliarsi, che egli in molti luoghi del suo Poema, e particolarmente nel terzo libro sia contrario alla religione. lo non per tanto non ho stimatc male il tradurlo, si per essere egli Autore di già permesso non solo nel proprio suo idioma latino, ma nel francese, e si ancora molto più, perchè in esso fra le tenebre di pochi errori si veggono da per tutto lampeggiare raggi vivissimi d'un’ ingenua, e saldissima Filosofia, e d’una nobile, e robustissima Poesia. Senza che le ree, e malvage cose, ‘che vi son dentro, e che a’ lor luoghi con questo segno + si noteranno, sono al mio credere manifestissimamente false, onde non pub al certo in niun modo la pietà, nè la fede d'alcun Cristiano restarne offesa. » Le texte publié par Rolli, en

En 1680, Marchetti avait perdu tout espoir et il écrivit, Le 2 décembre, à Magliabechi (1) : « Quant à mon Lucrèce, je n’en parle plus ». Mais il y avait alors dix ans que les exemplaires manuscrits circulaient fort nombreux. S'il faut en croire le fils de l’auteur, depuis la découverte de l'imprimerie, aucun livre ne fut aussi souvent reproduit à la main (2). On exprimait partout le désir de le connaître. Michel-Ange Ricei demandait à Marchetti, le 20 septembre 1670, deux copies destinées l’une à lui-même, l’autre à un des prélats les plus en vue de la cour pontificale. De Bruxelles, l’internonce, Monseigneur Antoine Davia, écrività François Redi (3), en 1689, le priant de lui communiquer cette œuvre; de toute part, en effet, lui revenaitle bruit que la beauté du poème latin était encore accrue par l’élégance de la version. Redi lui-même faisait Le plus grand cas de celle-ci, il la jugeait digne d’être imprimée en caractères d'or (4). Le prince Jean-Gaston, fils de Cosme IE, récompensa l’auteur en le faisant élire à la Crusca. François-Marie de Médicis et César d'Este voulurent, eux aussi, lire le Lucrèce de Marchetti (5). Enfin, un long passage en fut inséré dans un roman pastoral de Crescimbeni, où celui-ci attestait qu’un très grand nombre d’Arcadiens s'étaient enthousiasmés pour la

fameuse traduction (6).

1717, n’est pas pareil, bien que le sens soit à peu près le même. On y lit notamment : « Sappi perd ch’ io talmente abborrisco gli empi suoi Dogmi intorno all’ anima umana ed al sommo Iddio, e si fattamente gli detesto, che per difesa de’ loro contrari sarei prontissimo non solo ad impiegare tutto l’ingegno e le forze mie, ma anco a spargere tutto il mio sangue, avvengachè io mi pregi veramente d’esser Filosofo ; ma più mi glori d’esser Cristiano. »

(1) Carducci, (préface citée), tire ce renseiguement de lettres inédites de Magliabechi.

(2) Vita d'Alessandro Marchetti scritta dall Avvocato Francesco suo - Figliuolo, page 34. — Elle se trouve dans Vita e poesie d’Aless. Marchetti.

(3) Lettere di Francesco Redi, tome |, page 217.

(4) Lettere di Francesco Redi t. 1, p. 128. Lettre à Lanzoni.

(5) Vita d'Alessandro Marchetti, ouvrage cité. On trouve d'autres témoignages d’admiration rendus à l'œuvre de Marchetti dans le Giornale de’ Letterati d'Italia, t. XXI, p. 244 et suivantes. — Voir aussi CG. Ghelti, ouv. cité.

(6) L'Arcadia del Canonico Gio. Maria Crescimbeni Custode della medesima Arcadia. In Roma, per Antonio de’ Rossi, 1711. — Marchetti es mort en 1714. Le passage rapporté (p. 56 et suivantes de l’Arcadia) est celui où Lucrèce explique les causes de la peste, en général, et décrit la fameuse peste d'Athènes.

A Naples, elle se répandit d'autant mieux que, pendant trente ans environ, les partisans des modernes y jouirent d’une grande liberté. En 1661, les nobles s'étaient révoltés contre un certain Piazza, député par le pape pour les affaires du Saint- Office (1). Installé dans un couvent, il y recevait les avis des dénonciateurs et enquêtait contre les gens suspects d’ hérésie. Ayant incarcéré un religieux coupable d'avoir prêté à un ami un livre jugé peu orthodoxe, il mit le comble à la colère : publique. Le vice-roi dut faire relaxer la victime et pria Piazza de quitter Naples sans délai.

Vers 1690, l’Inquisition (2), inquiète des progrès de la philosophie moderne dans cette ville, tente de s’y réinstaller. Elle y établit un de ses représentants, Gilbert, évêque de la Cava. Il exerce son office par des procès occultes el avec tant de rigueur que souvent il contraint des prévenus à se reconnaitre hérétiques, alors qu’ils sont coupables seulement de professer la philosophie moderne, et qu’on ne peut formuler contre eux aucun acte précis d’hostilité au catholicisme. Les personnages les plus accrédités se plaignaient. Le vice-roi, le comte de San-Stefano, après l'avis favorable du conseil dit collatéral, décida le départ immédiat de ce tyran, fit rouvrir les prisons dont ce dernier s’attribuait la propriété, et transporta les détenus dans les geôles de larchevêque (septembre 1691). Chargé par la cour d’Espagne de prononcer sur leur sort, ce prélat obligea deux d’entre eux, tout au moins, à confesser et à déplorer publiquement, le 16 février 1693, les erreurs qu'on leur attribuait. Nous ne savons s'ils méritaient l'accusation d'athéisme portée contre eux, mais il est curieux de constater quelles conséquences le cardinal Cantelmi attribue à leur liber- Unage et comment il croit pouvoir l'expliquer. Dans le discours qu'il prononça lorsqu'ils abjurèrent, il les dénonce comme les auteurs responsables des derniers tremblements de terre et des récents cas-de peste. Si ces fléaux ne s'étaient pas prolongés davantage, on le devait aux gens de bien : par égard pour eux, le ciel s’était montré clément. L'exemple de ces deux malheureux, ajoutat-1}, prouvait qu'il fallait fuir comme des serpents venimeux les livres infectés d’hérésie et d’athéisme, surtout le De

(1) Giannone, ouv. cité, tome IV, p. 120.

(2) Id, p. 140.

le

ñnaltura rerum et la traduction inspirée de Satan qui ne trouvait, hélas ! que trop d’approbateurs (1).

Plus tard, Baretti (2), dans sa Frusta, parlant du Lucrèce italien, en attribua le succès à ce qu'il combattait les bonnes mœurs et les commandements religieux. Faut-il done voir des athées dans tous les hommes illustres par leur naissance ou leurs dignités, qui désirèrent le lire ? Ou bien en fut-il de lui comme de beaucoup d'ouvrages prohibés ? L’interdit dont ils sont l’objet avive la curiosité de gens qui ne les approuvent pas toujours après en avoir pris connaissance.

En lout cas, si le poème toscan eut beaucoup d’admirateurs, l’entreprise déplut à divers esprits éclairés que n’effrayaient

(4) Voir Saggio di Stor. lett. del Sec. XVII, p. 74-75. La traduction « è stata censurata... da... gravissimi prelati, tra’ quali mi viene alla mente l’Eminentissimo Cantelmo, Arcivescovo di Napoli, il quale per essersi Scoperto nella predetta Città, che Gio. Andrea de Magistris, e Carlo Rosito speziale di medicina insegnavano l’Ateismo, prima della pubblica e solenne abiura degli errori da costoro professati, fece questo Prelato nella sua chiesa cattedrale il di 15 Febbraio 1693 un sermone, in un capitolo del quale leggesi quanto segue : «E per dar ora negli orrori di questo spettacolo qualche motivo di conforto agli animi vostri religiosissimi, vi metto in considerazione, come ora si rendono palesi quelle mani sacrileghe, le quali con irritare l’indignazione divina hanno posto fuoco alle mine de’ Terremoti scoppiati pochi giorni sono con tanto spavento, ed hanno più recentemente provocato il flagello della peste estinto miracolosamente per essere prevaluto il merito de’ buoni alla malizia de’ cattivi. Imperocchè sapendosi gli autori de’ mali si rende più facile il placare l’Ira Divina col troncar affatto le teste di quest’ Idra, e con l’applicazione de’ validi rimedi preservativi, principalmente coll imprimere negli animi di alcuni giovani mal consigliati, li quali non cognoverunt literaturam, pur ardiscono francamente introire in potentia Domini, coll imprimere, dico, negli animi di costoro la santa massima dell Apostolo non plus sapere quam oportet sapere in punti di religione, e rendendogli insieme persuasi della necessità indispensabile di fuggire come mostri velenosi i libri infetti d'eresia, e dell’ infame ateismo, e specialmente l'empio Lucrezio traslato per arte del Demonio in metro Italiano, pur troppo applaudito, e altri autori di simil farina, tanto più esecrandi, quanto che usciti in luce, mentre risplendeva il lume dell” Evangelio. » — Voir aussi Fabroni. Hist. Ac. Pisanae vol. IT, p. 627.

(2) La Frusta Letteraria di G. Baretti aggiuntovi Il Bue Pedagogo del Padre Appiano Buonafede. Milano, 1855. Vol. Il, p. 11 et 13, à propos du Saggio di Stor. Lett. Fior. de Nelli, Lucca, 1759. « Quell” Alessandro Marchetti il di eui nome sarebbe oggi poco meno che ignoto, se non fosse stampato in fronte all’ anticristiana {raduzione del poema di Tito Lucrezio Caro. … Nè quella traduzione avrebbe certamente lo spaccio che ha, se non fosse oggi la moda di gridar miracolo, tosto che si vede qualche libro contrario a’ dettati del buon costume, o ai comandi della religione. »

pas, en général, les tentatives faites pour ruiner l'école péripatéticienne. Tels furent, outre le cardinal Léopold de Médicis, Grandi (1), Nelli (2), Lami (3). De plus, lorsqu’en 1717, le livre fut sur le point de paraître à Londres, grâce à Paul Rolli (4), et qu'on chargea Muratori (5) de sonder le duc de Modène à qui on voulait le dédier, l'ambassadeur choisi dut accomplir sa mission avec peu de zèle, car il jugeait dangereux le De natura

(1) Remarquant qu'un poème philosophique projeté par Marchetti n'avait jamais paru, Guy Grandi ajoutait : « Nè perd è gran danno della repubblica lettéraria il rimanerne privati, non potendo cotal filosofia in versi esser altro che un rancidume di dogmi epicurei, già divulgati pur troppo nel suo Lucrezio, opera più degna della luce delle fiamme che di quella dei torchi, per l'empietà ed oscenità lasciatevi dentro invece di correggerla almeno con penna cristiana. » Niccold Ripardieri (pseudonyme de Grandi), Antilunario. Cauzatti, Dublino, 1711.

(2) Pieusement dévoué à la mémoire de Galilée ; d'autre part très hostile à Marchetti. Voir p. 83, n. 2, le titre de son livre sur Galilée.

(3) « Ognuno sa quanto giustamente ed utilmente la S. Chiesa Romana abbia proibita la versione di Lucrezio, poeta in verità gentilissimo ma empio al sommo, come deve essere un KEpicureo par suo. » (Novelle letterarie. Firenze, MDCCLXIL, t. XXII, p. 15). —- Lami dirigeait ce journal.

(4) Di Tito Lucrezio Caro, Della natura delle cose Libri sei, Tradotti da Aless. Marchetti Lettore di Filosofia e matematica nell’ Università di Pisa et Accademico della Crusca. Prima ediz. Londra, per Giovanni Pickard, MDCCX VIT.

Après le veto de Leopold et de Cosme IT, les amis de Marchetti et luimême s'étaient opposés de toutes leurs forces à ceux qui voulaient publier l'œuvre complète à Venise, à Naples ou hors d'Italie : ils redoutaient les foudres de Rome et de Florence. Voir Giornale de’ Letterati d'Italia, t. XXI, page 242.

(5) « Gloriosa per l'Italia è l’impresa a cui s’ è posto il nostro Sig. Rossi di pubblicare costi la famosa versione di Lucerezio, et io non mancai di promuovere subito l’affare della dedicazione al Padron serenissimo, nè ci volle gran fatica ad indurre l’Altezza serenissima ad accettare una cosa che per vari titoli ridondava in sua gloria. Ma tornato io dall Altezza serenissima di li a tre giorni, trovai con mio dispiacere mulato il pensiero. Fra l’altre cose che caddero nel ragionamento, si venne anche alla stampa della suddetta Opera Italiana, e alla dedicazione. Allora uno di questi più dotti cavalieri.. accidentalmente disse che in Italia non se n’era mai voluto permettere la-stampa : la qual proposizione ne tird seco dell’ altre, e si conchiuse che l’opera sarebbe qui tosto proibita. Su questo riflesso, mi disse l'A. Ser. che scrivessi a V. S. che avrebbe molto gradito il pensiero cortese del Rossi, che non potendone esser impedita la proibizione, e questa non potendo se non riuscire di poco decoro a $. A., percid V.S. il ringraziasse del suo buon animo, ma che non poteva accettare la dedica suddetla. Dissi io quel che seppi, ma non seppi dir tanto da far mutare cec. Sentimento. » Epistolario de Muratori t. V, Lettre 1650. « À Giuseppe iva in Londra Modena 24 Luglio, 1716. » .

rerum, original ou italien (1). Quant au prince, ilse laissa rappeler qu'on n'avait jamais autorisé l’œuvre à paraître dans la péninsule. Il redouta qu'à peine publiée, elle ne fût prohibée : un personnage de son rang ne pouvait recommander de son nom un livre destiné à un tel sort. Il refusa net (2). Il ne s’était du reste pas trompé; des malheureux, poursuivis devant l’Inquisition pour athéisme, reconnurent avoir lu le Zucrèce traduit. Il n’en fallut pas davantage pour décider le tribunal de l’Index à l’inserire dans sa liste, le 16 novembre 1718.

- Rolli avait représenté dans sa préface que si le poète latin semblait un ennemi dangereux de la foi, il ne fallait pas non plus épargner les autres classiques anciens ; tous en effet professent des maximes contraires à la religion chrétienne, mais, en réalité, sont également inoffensifs; on leur demande de nous procurer un plaisir esthétique et, en même temps, de nous documenter sur l’histoire de la pensée humaine. Il a beau dire ; quand on réfléchit à l’état des croyances spiritualistes en Italie, dans Le dernier tiers du xvu* siècle, on ne s’étonne pas des alarmes où la diffusion de l’atomisme jeta parfois des chrétiens sincères. Elle les inquiétait d'autant plus qu’elle coïncidait avec une incrédulité très répandue.

Sans doute, vers 1690, le médecin Joseph del Papa tentait de faire admettre par Cosme IIT qu’on pouvait adopter la théorie corpusculaire pour rendre compte plus clairement de certains phénomènes physiques, sans imiter en tout le vil troupeau

(1) Malgré le ton de la précédente lettre, qu'il savait destinée à être vue de l'éditeur Rolli, désigné ici sous le nom de Rossi, Muratori n’approuvait pas l’entreprise. Le 23 juillet 1717, il écrivit à Alexandre Pompée Berti : « Il Lucrezio e le Satire dell Ariosto sono indubitatamente state stampate in Londra, ma un brutto regalo al pubblico è quello di un Lucrezio si fatto. » Epistolario, L. V, lettre, 1650. — Plus tard, dans son traité Delle forze dell intendimento umans, Venezia, ae il ne cachera pas son aversion pour Lucrèce (ainsi, aux pages 238, 258). Aux p. 298 et suiv. il expose, afin de les combattre ensuite, les difhouliée soulevées par le poète latin contre l'immortalité de l’âme. A la p. 313, il adresse des conseils à ceux qui pourraient se laisser entamer par des auteurs impies, entre autres par Lucrèce.

(2) Saggio di Storia letteraria Fiorentina, page T5.

d'Epicure (1). De plus, voici l'exemple que Magalotti citait à la même époque pour montrer en quels cas lui-même et une partie des savants italiens recouraient à Démocrite. On voit l’'ambre attirer la paille. Affirmera-t-on, comme les péripatéticiens : c’est le résultat d’une sympathie, ou d’une vertu occulte ? Alors on n’éclaircira rien. Que faire donc ? S’aider de la doctrine atomistique et dire : si l’on ouvre les pores de l’ambre en le : chauffant ou en le frottant, il s’en échappe certains filaments

invisibles à cause de Leur extrême subtilité ; ceux-ci, rencontrant

des corps légers, s’y collent ou s’y accrochentet les entraînent

avec eux, en retournant vers les orifices très étroits d’où ils sont

eux-mêmes sortis (2). — Parmi les Italiens qui, à l’occasion, tenaient un tel langage, Magalotti ne croyait pas être seul à se

détourner de Luerèce pour résoudre les problèmes surnaturels.

Pourquoi la secte péripatéticienne jugeait-elle tous les atomistes

des impies ? Est-ce qu’elle-même suivait en tout point la doctrine

d'Aristote ? Non, elle était disciple de saint Thomas qui avait adapté cette philosophie aux exigences de la religion. Rien ne

prouvait qu'on ne pût rendre le même service aux théories

corpusculaires : un personnage éminent par son savoir, sa

vertu et sa dignité y avait même pensé (3).

Notons-le toutefois, si l’ancien secrétaire du Cmento professait que l’on peut être atomiste, tout en restant bon catholique, il n'allait pas jusqu'à nier que beaucoup, entre les parüsans de ce système, n’eussent perdu la foi. Il a composé contre l’athéisme 37 lettres que nous rapprocherons des témoignages portés par Salvator Rosa, Benoît Menzini, Paul

(1) Voir tome I, page XXXV des Consulti Medici del dottore Giuseppe del Papa Archiatro della Corte di Toscana. In Roma, MDCCXLII.

(2) « La parte più sana di quegli, che spiegano le cose naturali alla mente di Democrito, e d'Epicuro, non se ne slontana poi meno nelle soprannaturali, di quello che siano costretti i Peripatetici a slontanarsi dalla mente d’Aristotile nello spiegare gliarticoli più principali, che servono di fondamento alla Fede. » P. 11 des Lettere familiari del Conte Lorenzo Magalotti. In Venezia MDCCXI.

(3) Id. p. 99. « Sappiate, che un Personaggio grandissimo per dottrina, per virtü, e per dignità, che viveva, non sono ancora molti anni in Roma, mi disse una volla, aver Egli già posto mano a questa riforma, e promettersi, levata quella prima pelle di Lupo alla Filosofia di Democrito, di farla 6 apparire, o divenire una Pecora. » — S'agirait-il de Milani dont nous avons rapporté plus haut le projet? (Voir plus haut, p. 130, n: 3.)

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