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après leur opération (Dieffenbach), il n'existait ni rétrécissemement ni incontinence.
Cependant on rencontre toujours, au fond d’une dépression infundibuliforme du sillon interfessier, un orifice circulaire ou de forme irrégulière, suivant que les malades ont été soumis à l’extirpation totale ou partielle. Le rétrécissement qui constitue le nouvel anus est parfois dur et rigide, d’autres fois assez dilatable. La muqueuse rectale peut fairesaillie à travers cet orifice sous forme de bourrelet rosé. Dans la si intéressante observation de M. Verneuil, l'anus était réduit à une gouttière très-étroite, entourée par une masse dure et fibreuse, épaisse de plus de 1 centimètre et haute de 2, dont la lumière fort petite répondait à la portion de muqueuse normale qu'avait respectée l'opération,
Chez la malade de M. Péan, qui fut revue cinq mois après, la cicatrice était d’un blanc rosé, non douloureuse au toucher, souple à la pression. On sentait au niveau du bout inférieur du rectum une partie résistante en forme de bride. Il existait à 3 centimètres de l’anus, là où l’extrémité inférieure du rectum se continuait avec la cicatrice. de petites saillies transversales extensibles, mais déjà douées d’une certaine dureté, qui les faisait distinguer facilement des tissus périphériques.
M. Cruveilhier a vu à la Salpêtrière une malade qui avait été opérée longtemps auparavant par Lisfrane, L'examen de l'anus, dit l’'éminent professeur, montrait une cavité infundibuliforme, à base très-large, toujours béante et incapable de contraction. Il n'existait aucun suintement purulent. Cette malade était morte phthisique; il put s'assurer que les cinq derniers pouces de l'intestin rectum étaient complètement dépouillés de membrane muqueuse, que cette membrane se terminait en haut par un rebord circulaire coupé à pic, libre, décollé, sans aucune
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continuité avec la surface sur laquelle la muqueuse avait été détruite. Du reste, iln’yavait aucune trace de sphincter, ni même de parois intestinales dans l'infundibulum qui terminait en bas le rectum.
La malade était restée dans l'impossibilité de retenir ses matières fécales, qui tombaient quelquefois par fragments pendant la marche.
Chez un malade opéré par lui d’une récidive, M. le professeur Richet (1), quatre ans après l'opération, constata que le rectum était collé sur sur les côtés du bassin. Si on introduisait un doigt dans l'anus, on le faisait sans rencontrer d'obstacles ; pendant les efforts du malade, on ne sentait aucune constriction.
Maintenant que nous avons jeté un coup d’œil sur les résultats de l’extirpation du rectum, au point de vue anatomique en quelque sorte, voyons quelles en sont les suites au point de vue fonctionnel.
Les matières peuvent-elles encore être retenues dans le rectum, et comment le sont-elles? La défécation est-elle possible et facile ? Voyons d’abord ce qui se passe à l'état normal : Personne n’admet plus aujourd’ hui avec 0’ Beirne que les matières intestinales qui doivent être expulsées s'accumulent dans V'S iliaque. L'examen des cadavres, les constatations nombreuses sur le vivant par le epinire vaginal et rectal démentent formeliement ces assertions.
Les matières s'accumulent avant leur expulsion dans le rectum et particulièrement dans cette partie dilatée de lintestin qui est située au-dessus des sphincters. C'est grâce à la force tonique dont est doué le double anneau musculaire à fibres lisses et à fibres striées qui le clôt par en bas, que les matières sont retenues jusqu'au moment où la contraction du diaphragme et des muscles larges de
(1) Ce malade, opéré d’abord par Marjolin au moyen du bistouri, le fut par la ligature permanente suivant le procédé de Récamier.
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l'abdomen d’une part, celle des fibres longitudinales de l'intestin et des releveurs de l'anus agissant en sens contraire d'autre part viennent vaincre leur tonicité, et, à travers ce rétrécissement normal, forcer le passage qu’elles doivent parcourir. |
Ce sont done bien les sphincters et en particulier le sphinceter externe qui empêchent la béance de l'extrémité inférieure du rectum et conséquemment les matières de sortir au moment où elles arrivent dans l’ampoule rectale.
Examinons maintenant ce qui arrive chez les malades qui ont subi l’extirpation de l'extrémité inférieure du rectum. Tout d'abord, que l'opération qu'ils ont subie ait été partielle ou totale, ces malades ont tous, sans exception, une incontinence absolue les jours qui suivent, Ceux que nous avons pu interroger à ce sujet nous ont tous dit qu'ils n'avaient aucune sensation du besoin d’aller à la garderobe, que leurs matières sortaient sans qu'ils s’en aperçussent aucunement, Cette incontinence persiste souvent un temps plus ou moins long après la guérison. Plus tard les choses se modifient au point de vue des résultats définitifs.
Plusieurs cas peuvent alors se présenter. Certains sont frappés d'une incontinence absolue, comme cela était pour la malade de Lisfranc, observée plusieurs années après l'opération par M. Cruveilhier, ou pour celle de M. Dolbeau {thèse de Fumouze). D’autres peuvent conserver leurs matières solides, tandis que les liquides passent involontairement. C’est presque toujours là, il faut le dire, le genre d’incontinence dont sont affectés les opérés. Enfin, dans plusieurs observations, il est mentionné que les sujets retiennent également bien les matières solides, les liquides, voire même les gaz. La défécation s’accomplit chez eux volontairement et régulièrement.
Un grand nombre de ceux qui n’ont pas d’incontinence
doivent cependant se présenter très-vite à la garde-robe, sitôt que le besoin le leur commande, sous peine de vider involontairement le contenu de leur rectum.
Comment sont donc conservées les matières, puisque l'extrémité de l'intestin manque, et que l'anneau museulaire qu'on y rencontre est censé faire défaut.
Ici, plusieurs opinions sont en présence. C’est ainsi que ie attribuait ce résultat à {a rétraction de la cicatrice et aux sinuosités qu'elle forme. M. Chassaignac pense, au contraire, que le rectum posséderait une propriété parti culière en vertu de laquelle ses fibres circulaires venant à s hypertrophier, il se constituerait ainsi une sorte de sphincter rudimentaire.
Dans une discussion qui eut lieu sur ce sujet à la Société de chirurgie (1), M. le professeur Richet fit observer que le fait n’était pas aussi général que M. Chassaignac voulait l'établir, et il cita l'exemple du malade de Marjolin, qu'il avait opéré pour la seconde fois. Depuis lors, les matières solides seules étaient retenues un certain temps, mais non les matières liquides.
Au point de vue qui nous occupe, on conçoit aisément les différences observées dans les résultats. La rétention des matières ne nécessite pas absolument les frais d’un sphincler complet ; et de plus, il peut exister des circonstances qui, en dehors même de l'existence d’un sphincter, si imparfait soit-il, peuvent arriver à obstruer suffisamment l'anus nouveau pour opposer un certain obstacle à l’incontinence.
Le sphincter ne jouit pas du seul rôle de maintenir fermé-par sa tonicité propre l'orifice de sortie de l'intestin. Son développement est en rapport avec d’autres fonetions qui, pour être accessoires, n’en exercent pas moins une
(1) Bulletins de la soc. chirurg. (4861).