‹ Étude sur l'extirpation de l'extrémité inférieure du rectumChapitre 14 sur 20 · OBSERVATIONS ET DOCUMENTS A CONSULTER · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS ET DOCUMENTS A CONSULTER

Nous donnons dans ce dernier chapitre les observations que nous avons pu recueillir sur le sujet que nous traitons. Plusieurs sont inédites ; certaines sont empruntées à la littérature étrangère : Les autres enfin nous ont été fournies par les recueils et publications françaises.

(1) Communication orale.

Nous ne donnons que des extraits de ces dernières. Leur publication complète nous eût fait sortir des limites

que nous devions imposer à ce travail.

VIIIe Osservarion, personnelle (Labbé). — Inédite.

Homme de 55 ans, d’une constitution nerveuse, à sensibilité un peu exagérée, a toujours joui d’une bonne santé jusqu'en 4851, époque à laquelle il contracta une syphilis. Les accidents secondaires furent vraisemblablement très-bénins, car le malade, qui a bien souvenir du chancre, à perdu la mémoire de ce qui en fut la conséquence.

Il y a un an qu'il s'aperçut pour la première fois que ses selles devenaient difficiles. Il n’éprouvait d’autre souffrance qu'une difficulté plus ou moins grande dans l’expulsion de ses garde-robes. .

Ces accidents, pris d’abord pour de la constipation simple, furent combattus par des laxatifs, et ce ne fut qu'après avoir constaté à plusieurs reprises la présence du sang dans ses selles qu'il se décida à consulter un médecin.

Divers moyens furent conseillés (bains froids, bougies camphrées, pommades astringentes, etc.) qui porteraient à croire que l'affection fut prise d’abord pour des hémorrhoïdes.

Peu à peu les selles devinrent douloureuses et de plus en plus difficiles. Depuis quatre mois, le malade qui, au prix de grands efforts, pouvait encore auparavant vider son intestin, ne peut plus exécuter celte fonction qu’à l’aide de laxatifs qui ramollissent ses matières. En dehors des selles, il prétend aujourd’hui ne souffrir aucunement.

[1 a maigri considérablement depuis quatre mois (époque à laquelle il a commencé à souffrir); son appétit est cependant suffisamment conservé et lui permet de prendre des aliments en quantité à peu près équivalente à ce qu’il consommait en état de santé.

Il n’a point éprouvé de coliques ni de phénomènes d’obstruction intestipale.

Ïl ne ressent aucune gêne de la miction. Il se fait par l’anus un écoulement séropurulent assez abondant pour tacher largement son linge.

Extérieurement, on ne constate aucune lésion ni aucune déformation. Le toucher rectal est extrêmement douloureux et jette le malade dans un état d’excitation telle que cette manœuvre exploratrice ne peut être pratiquée que pendant le sommeil anesthétique.

Le doigt franchit l'anus avec facilité et pénètre dans l'extrémité inférieure du rectum qui semble avoir conservé ses dimensions normales, mais

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dont les parois sont complètement indurées, de sorte que cet intestin se trouve transformé en un tube rigide dans lequel le doigt ne peut sentir aucune bosselure, aucun noyau faisant une saillie quelconque vers l'intestin où en dehors de ses parois. La muqueuse a conservé son intégrité ; le doigt ne constate à sa surface aucune inégalité qui décèle une ulcération ou une perte de substance quelconque. A la partie supérieure de cette portion indurée de l'intestin, à environ 5 ou 6 centimètres de l'anus, le doigt arrive sur un rétrécissement circulaire où la dernière phalange se trouve serrée et qui paraît bien limitée par en haut.

Nonobstant cet état local grave, et malgré l’amaigrissement qu’il amène, le malade est encore doué d’une vigueur notable et ne présente aucun des attributs de la cachexie cancéreuse.

L'opération est décidée et pratiquée par M. Labbé, qui remplaçait à cette époque M. Richet.

Le malade anesthésié est mis dans la position de la taille. Deux incisions semi-lunaires sont pratiquées de chaque côté de l'anus, et la dissection est continuée du côté de l'intestin et dirigée par l’index de la main gauche, introduit dans sa cavité, tandis que le pouce tend et soulève les parties à isoler. ‘

La dissection fut poussée jusqu'aux limites de la dégénérescence, et l’intestin fut incisé au moyen de forts ciseaux courbes sur le plat.

Il ne s'écoula que médiocrement de sang, malgré les prévisions de M. Labbé, dont l'intention primitivement était de procéder à l’incision des parties malades, à l’aide de l’écraseur. Au moment de la section de la production pathologique, quelques artères de petit volume furent divisées; des lotions froides suffirent à arrêter l’hémorrhagie, et aucune ligature ne fut nécessaire. ’

La plaie résultant de l’opération fut remplie de bourdonnets de charpie qui furent maintenus par un bandage en T.

Les huit premiers jours qui suivirent l'opération, le malade éprouva un bien-être des plus remarquables. Hi se produisit des selles abondantes qui vidèrent les matières accumulées dans le gros intestin, ét cela sans douleur notable.

Le malade a toujours uriné facilement, il n’a éprouvé aucune douleur abdominale qui ait pu faire un instant penser au développement possible d'une péritonite. mA

La plaie fut, matin et soir, débarrassée des matières qui la souillaient par des ablutions d’eau phéniquée ; les choses, de ce côté, marchèrent avec régularité. Elle formait une sorte d’entonnoir profond, à face intense, hérissée de bourgeons charnus de bonne nature.

Le quinzième jour après l'opération, le malade commença à ressentir de légères douleurs abdominales.

L'écoulement des matières alvines, qui jusque-là s'était fait régulièrement, en raison de leur fluidité et en dehors de toute intervention du malade, devint plus difficile. Peu à peu le ventre se ballonna, et des signes d’une véritable obstruction intestinale se manifestèrent.

On tenta de rétablir le cours des matières en introduisant un sonde œs0phagienne dans le rectum; mais celle-ci se trouvait arrêtée à une faible distance du nouvel anus par une coarctation qui ne se laissait pas traverser. On put cependant, à l’aide d’une sonde de moindre volume, faire parvenir dans l'intestin des lavements qui, à plusieurs reprises, amenèrent de véritables débâcles.

Cependant, et malgré tous les moyens qu’on put employer pour les prévenir, les phénomènes d’obstruction intestinale s’accentuèrent de plus en plus. Le malade s'éteignit trois semaines après l’opération, après avoir eu pendant quatre jours des vomissements fécaloïdes.

A l’autopie, on trouva le gros intestin rempli de matières fécales. Un peu au-dessus du point seclionné, le rectum était rétréci circulairement par une infiltration squirrheuse de ses parois. Il était du reste entouré par une masse néoplasique qui le fixait aux tissus voisins et s'étendait jusqu’au niveau du cul-de-sac péritonéal. On distinguait de petites plaques pathologiques jusqu’à quelques centimètres au-dessus du cul-de-sac recto-vésical.

La section transversale, qui avait séparé l’extrémité cancéreuse du reste du rectum, avait cependant porté sur un tissu sain. Il existait une double production pathologique, séparée par un intervalle limité où l'intestin était resté sain. Ge cas, ainsi que le fait observer M. Labbé, peut donner uue idée des difficultés que l’on a souvent pour apprécier exactement les limites du mal, et conséquemment pour affirmer qu'on en puisse, en pareil cas enlever la totalité.

IX Ons. (Verneuil). — Inédite,

Dame de 67 ans, très-grasse, emphysémateuse depuis très-longtemps; atteinte autrefois, à plusieurs reprises, d’eczéma ou de lichen.

Elle se plaignit au commencement de 1870 de cuisson et de douleurs lancinantes en allant à la selle.

Trois mois après l'apparition des premiers symptômes, je constate un épithélioma limité, envahissant le bord de l'anus et remontant à un peu plus de 2 centimètres sur la face latérale gauche du rectum. La production morbide occupe à peu près le quart de la circonférence de l'intestin.

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