‹ Étude sur l'extirpation de l'extrémité inférieure du rectumChapitre 3 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ce fut Lisfranc qui, en 1826, pratiqua le premier avec succès l'excision d’un rectum cancéreux. Longtemps avant lui elle avait été tentée, mais sans succès, puisqu'un chirurgien qui, du temps de Morgagni, l'avait entreprise, ne put la mener à bonne fin. Desault et Boyer la déconseillaient. Boyer la croyait constamment impossible ou nuisible. Desault ne croyait l’extirpation possible que pour les tumeurs bien circonscrites mobiles, dont il est facile d'atteindre tous les prolongements.

Cependant Faget, en 1739, avait excisé 1 pouce et demi

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en longueur de l'extrémité inférieure du rectum. Il est vrai que dans ce cas il ne s’agissait point d’une opération réglée, mais de la simple résection des parois de l’intestin, dénudées par un vaste abcès qui, successivement, avait occupé les deux fosses ischio-rectales. Malgré cela, le malade guérit parfaitement, et les fonctions he la défécation purent, après la guérison, s’accomplir régulièrement. Pinault, dans une excellente thèse soutenue en 1829, donna les résultats de la pratique de son maître. Il exposa avec soin les règles d’après lesquelles il avait vu procéder, et rapporte neuf observations qui sont toutes pourvues d’un grand intérêt. Lisfranc, quelque temps après, publia un mémoire inséré dans la Gazette médicale de 1832, qui n’est que le résumé de la thèse de son élève.

En 1839, Velpeau, dans son Traité de médecine opératoire, exposa une modification fort heureuse qu'il avait fait subir à l'opération de Lisfranc. Ii donne de plus les résultats de sa pratique personnelle, qui étaient relativement peu encourageants. Il rappelle les cas de cette opération qui avaient été publiés à l’époque où parut son livre.

En 1842 parut la thèse d'un des élèves de Récamier, Massé. Il donne une description détaillée de la façon dont Récamier pratiquait l’extirpation du rectum par la ligature permanente. Il rapporte de plus une observation intéressante que nous donnons dans le cours de ce travail.

La même année parut la thèse de Vidal (de Cassis) sur Le cancer du rectum. Ce chirurgien juge sévèrement l'opération de Lisfranc, et n’en conseille l'application que dans des cas très-rares. Il n’apporte, du reste, aucun fait nouveau, ne trouve les éléments de sa critique que dans ceux publiés jusqu'alors et dans quelques mensurations entreprises par lui pour vérifier les données de Lisfranc relativement à la hauteur à laquelle se trouve le cul-de-sac péritonéal.

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En 1854, M. Chassaignac appliqua à l’extirpation du rectum la méthode de l’écrasement linéaire.

En 1852 était paru un premier mémoire de Schuh sur le cancer papillaire du rectum qui renferme deux observations intéressantes d'extirpation de cette portion d’intestin.

En 1860, M. Maisonneuve faisait publier les résultats de la ligature extemporanée dans la thèse d’un de ses élèves, M. Cortès. Outre trois observations, ce travail renferme des détails précis sur la méthode employée par M. Maisonneuve. |

En 1865, M. Dolbeau inspira à M. Fumouze une thèse qui renferme, outre trois cas d’extirpation du rectum, exécutés suivant le procédé de Denonvilliers des renseignements très-circonstanciés sur son exécution.

A l'étranger, Schuh publiait un nouveau mémoire en 1861 sur le cancer du rectum et les diverses méthodes opératoires qui lui sont applicables. Enhardi par l'expérience et des résultats heureux, ce chirurgien essaie d'élargir le cadre des indications qui permettent l'opération. Depuis Lisfranc, du reste, aucune modificalion sérieuse n'avait été introduite dans le chapitre des indications ; on avait plutôt restreint qu'étendu le nombre des cas où l’on croyait que la chirurgie pût intervenir avec fruit.

En 1864 parut un mémoire de Nussbaum de Munich, dans lequel se trouvent discutées les indications de l’opération. Cet auteur rapporte quatre observations très-intéressantes, e£ qui dénotent chez ce chirurgien une hardiesse qui fut à plusieurs reprises couronnée de beaux succès. Nous aurons à revenir sur ces faits à diverses reprises.

M. Verneuil fit exposer enfin dans les thèses de deux de ses élèves, MM. Raymond et Desbuchère, les résultats de sa pratique, et en même temps les modifications si importantes qu'il a fait subir aux procédés ordinaires.

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