HE
Nous ne voulons point nous arrêter plus longtemps sur ce point; car, malzré l'excellence de la méthode numérique en général, nous ne pensons pas qu’elle puisse donner 1c1 des résultats même approximatif.
Mais si nous ne pouvons procéder de cette façon nous pouvons rechercher tout au moins, dans les cas authentiques qui sont à notre connaissance, quelle a été la cause de la mort. Nous arriverons ainsi à nous faire une idée plus exacte de ce que peut en elle-même donner immédiatement l'opération quand elle est pratiquée dans des conditions déterminées.
Sur 9 opérés, Lisfranc en perdit trois :
Un succomba à une suppuration diffuse du petit bassin; un autre à l'infection purulente; le troisième à une péritonite suraiguë due vraisemblablement à une perforation du péritoine.
Velpeau en 1839 avait opéré 6 malades.
Le premier avait succombé à une phlébite ; le second à l'épuisement causé par l'opération, le troisième à l’hémorrhagie vraisemblablement, puisqu'il est dit qu'on trouva une livre de sang épanché dans le haut du rectum. Il est vrai que cette quantité ne saurait guère expliquer la mort, à moins de supposer que le malade n’en eût déjà perdu auparavant ou fût dans un état d’épuisement considérable.
M. Dolbeau opéra un homme originaire du Brésil, qui mourut le cinquième jour avec des accidents pernicieux.
Simon de Rostock perdit un deses malades de péritonite, sans qu'il y eût eu perforation du péritoine; il en fut de même pour une femme opérée par Nussbaum. Enfin Schuh et M. Verneuil virent succomber à une péritonile suraiguë deux malades chez lesquels on constata une lésion du péritoine.
On voit qu'à part les cas où les malades sont morts de
péritonite, complication toute spéciale à l'opération qui nous occupe, on ne trouve aucun accident qui ne puisse se voir dans la majorité des opérations pratiquées sur d’autres régions.
L’hémorrhagie est plus à redouter là qu'ailleurs, il est vrai; mais nous verrons en étudiant les complicationsimmédiates, que presque toujours elle peut être combattue avec succès par des moyens simples. Et du reste, les méthodes nouvelles mettent cornplètément à l'abri de cet accident, L'inflammation du tissu cellulaire pelvien n’est pas fréquente ; nous ne la rencontrons mentionnée que quatre fois. Quant à la péritonite c'est-elle qui évidemment constitue la complication la plus redoutable et encore ne la voit-on se développer que quand la séreuse à été intéressée ou que l'intestin a dû être excisé très-haut.
Cependant il faut observer que ces péritonites doivent être plus à craindre chez la femme que chez l’homme, si l'on réfléchit à ce fait que toute opération, si simple soitelle, pratiquée sur les organes génitaux, peut, dans des conditions mal déterminées, s’acompagner de cette inflammation redoutable.
Nous ne voyons rien en définitive qui au point de vue des résultats immédiats puisse faire rejeter l'extirpation du rectum. Elle ne constitue certainement pas une opération bien plus grave qu’une foule d’autres lésions chirurgicales qu'on n'hésite pas à produire dans le but de débarrasser, momentanément {out au moins, certains malades de productions aussi récidivantes que peut l’être le cancer du rectum.
Presque tous les cas de mort sont dus à des accidents qui peuvent être à la rigueur évités, C’est ainsi que la lésion du péritoine pourra l'être, si lon se borne à ne tenter l'opération que dans les cas où la production pathologique n’atteint pas une certaine hauteur. Quant
à l’hémorrhagie, nous avons déjà dit que le principal avantage des méthodes nouvelles est précisément de mettre en garde d’une façon presque absolue contre elle. Nous disons presque absolue, car on sait aujourd'hui que plusieurs fois l'emploi de l’écraseur linéaire n'a pas suffi pour l’éviter. Ces cas sont tout à fait exceptionnels cependant, et il n’en faudrait tirer aucune conséquence générale contre la valeur de cet excellent moyen, qui a donné tant de preuves de sa supériorité.
À part les accidents genéraux qui peuvent compliquer toutes les lésions chirurgicales ou accidentelles, et contre lesquelles on ne peut rien, on voit que les prineipaux inconvénients inhérents à l’extirpation du rectum se réduisent à peu de chose.
L'infection purulente elle-même, à laquelle prédisposent plus que toute autre solution de continuité, les opérations pratiquées sur l’extrémilé de l'intestin, peut être jusqu'à un certain point prévenue par lemploi de la galvanocaustique. C’est encore là une des raisons qui militent en faveur de l'excellence de ce moyen. Nous n'avons nullement l'intention de dire que les solutions de continuité déterminées par le fer rouge soient absolument préservées de cette terrible complication, mais tous les chirurgiens savent que néanmoins ce sont elles qui mettent le mieux à l'abri contre l’intoxication pyohémique, et cela pour des raisonssur lesquelles nous n'avons point à insister 101.