‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 17 sur 65 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La médication hypophysaire dans la provocation de l'accouchement.

L'extrait pituitaire a été employé dans l’accouchement :

1° Pour provoquer le travail dans une grossesse à terme ou non;

2° Pour réveiller les contractions, en cas de rupture prématurée des membranes ;

3° Pour accélérer le travail au cours de la période de dilatation ou au cours de la période d’expul- - SiOn.

Ce sont là trois cas bien distincts et qui nous

paraissent devoir être envisagés séparément.

io P our provoquer le travail.

R. Stern semble avoir été le premier à rechercher

Prose

si l'injection d'extrait hypophysaire était susceptible de provoquer le travail. « Comme, éerit-il, l'appréciation de la valeur excitatrice des contractions laisse toujours à l'opinion subjective de l’observateur une certaine latitude, il y avait grand intérêt à rechercher si la pituitrine était capable de provoquer des contractions dans le cas où ce travail n’a pas encorecommencé, et par conséquent s’il est possible de provoquer l’accouchement et de le conduire à sa terminaison à l’aide seulement d’injections de pituitrine. »

Dans un cas de grossesse gémellaire, à la trentedeuxième semaine, une première injection de o gr. 6 de pituitrine détermina des douleurs et des contractions fortes et régulières qui cessèrent après trois heures de travail, mais reprirent sous l'influence de la deuxième injection pour s’éteindre définitivement au bout d’une heure. Le troisième jour l’orifice était dilaté comme 3 marcks. Deux nouvelles injections faites à 9 h. 30 et 11 heures du matin suflirent pour amener à 6 h. 30 du soir l'expulsion du premier enfant, à 6h. 40 l'expulsion du second.

Dans un second cas de néphrite grave avec menace d’éclampsie, àlatrente-deuxième semaine, R.Stern fit, en quatre jours, six injections de pituitrine de o gr. 6 chacune et une de o gr. i; chaque injection détermina une période de douleurs durant de une à plusieurs heures. Les périodes de repos furent de six heures environ. L’orifice externe, qui était perméable à un doigt le premier jour, l'était à deux doigts le

deuxième jour. Le troisième jour, la dilatation était de 3 à 5 marks. Le quatriéme jour, la dilatation était d’une paume de main.Et l'accouchement se termina le jour même par une version faite à dilatation complète et qui permit d'extraire un enfant vivant. a délivrance fut normale, les suites de couches bonnes, et l’albuminurie disparut rapidement.

Enfin, dans un troisième cas, à la trente-deuxième semaine également, deux doses successives de -o gr. 60 restèrent sans effet. Elles furent suivies de 7 injections de o gr. 10 qui déterminèrent de faibles contractions, et d’une huitième à o gr. 30 qui détermina d’assez fortes contractions. En trois jours le résultat avait été seulement de rendre le col perméable à un doigt. Les injections furent arrêtées à cause de la faiblesse de la malade, et le quatrième jour R. Stern se décida à employer la métreuryse qui resta aussi sans effet. Une nouvelle injection de o gr. 10 fut alors faite, le ballon restant en place. Quatre minutes après l'injection, les contractions devinrent énergiques, et au bout de onze heures le ballon fut expulsé. En même temps se produisit une procidence du cordon nécessitant l'extraction de l’enfant qui se présentait par le siège.

H. Fries, assistant de la clinique gynécologique de Greifswald, dans > cas, n’obtint que des douleurs insuffisantes pour provoquer l'accouchement, mais dans 2 autres cas obtint un succès plus frappant.

Hager, de Stettin, relate une seule observation. Une tertipare ayant eu ses dernières règles le

25 janvier,n'aencore aucune douleur au 15 novembre. Une première injection de o gr. 60 est suivie de courtes douleurs. Six heures plus tard une deuxième injection de o gr. 60 détermine de fortes contractions, la rupture des membranes, et, une heure quirze après, l'accouchement se fait spontanément.

Krœmer, de Greifswald, ne fut pas aussi heureux. Dans un premier cas,deux injections de o gr. 60 et de 0 gr. 80 déterminèrent des contractions régulières ; mais après cinquante-neuf heures, l’accouchement -dut se terminer par une craniotomie suivie d’une inertie utérine sur laquelle la pituitrine n'eut pas d'effet. L’hémorragie fut arrêtée par o gr. o2 de sekakornine.

Dans un second cas, une première injection de 1 gr. 3 de pituitrine détermina, au bout de dix minutes, des contractions qui durèrent six heures trente. Le lendemain, une deuxième injection de -0 gr. 70 détermina de nouvelles contractions assez fortes, mais insuffisantes pour provoquer l'accouchement.

Schiffmann, dans 3 cas de grossesse à terme, vit l'injection sous-cutanée de o cmc. 7 de pituitrine amener au bout d'un quart d'heure des contractions utérines énérgiques, se succédant à des intervalles rapprochés et réguliers. Les résultats furent moins salisfaisants dans l'accouchement prématuré. Dans trois faits de cette catégorie, la médication appliquée lorsque le canal cervical était encore fermé échoua ; mais dans 2 de ces cas, après dilata-

tion artificielle suffisante du col, l’action ocytocique de l’extrait hypophysaire injecté sous la peau, à la

dose de 1 centimètre cube et de o cmc. 7, se mani:

7; festa parfaitement ; chez la troisième femme, le médicament resta sans effet, même après dilatation du: canal cervical.

Schæfer est d'avis que l'extrait pituitaire, à la fin de la grossesse, donne d'excellents résultats dans ia provocation de l'accouchement, alors que les résultats sont nuls dans les grossesses peu avancées et douteux dans les grossesses de six à sept mois environ.

Tel n’est pas l’avis de Fischer, de Hirsch ni de Harnm. Hamm,sur 11:cas d'accouchement prématuré, n’a eu que le succès. déjà signalé chez une multipare de sept mois. Il obtint, par contre, un renforcement net des contractions provoquées par le métreurynter. Et il conclut, en ne conseillant pas l'emploi de la pituitrine dans les accouchements prématurés : « Les succès de Stern dans l'emploi de Ia pituitrine pour la provocation de l’accouchement prématuré sont les seuls à signaler ; ils invitent à d’autres recherches. »

A la suite des auteu:s précédents, d’autres médecins ont également tenté la provocation de l’accouchement par injection d'extrait hypophysaire.

Gœbel, de Worms, en signale une observation.

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