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lée par maints auteurs, et à laquelle la sekakornine remédie facilement.
D'autre part, pour certains auteurs, les contractions utérines trop fortes peuvent mettre l'enfant en danger.
Par contre, la suppression de l’emploi du forceps dans nombre de cas constitue un grand progrès réalisé, les chances d'infection étant ainsi moindres, surtout en clientèle privée où l’asepsie est nécessairement moins rigoureuse qu’à l'hôpital. Pour toutes ces raisons l’extrait d’hypophyse est un médicament non pas passager, mais qui doit demeurer et est appelé à être de plus en plus employé.
Kehrer, de Dresde, dans le service de qui Vogt a recueilli ses observations, estime que l'extrait pituitaire est le meilleur agent ocytocique et que son action peut être renforcée par la mise en place d’un ballon.
Le Dr Marek, de Prosnitz, qui a employé avec succès l'extrait d'hypophyse dans sa clientèle privée, estime que c’est là une heureuse conquête de la thérapeutique obstétricale, alors que jusqu’à présent le traitement de la faiblesse secondaire des contractions utérines dans l'accouchement était une question complètement insoluble, et que les quelques moyens, à la disposition des praticiens pour la stimulation de ces mêmes contractions, étaient incertains et peu énergiques.
Roemer a employé le pituglandol dans 17 cas, et malgré quelques insuccès, il conclut comme les
R. Vayssières 7
auteurs précédents et estime que l'extrait d'hypophyse constitue un bon agent ocytocique et qu'il est à recommander.
A doses faibles le médicament n’a aucune conséquence fâcheuse, et jamais l'auteur n’a observé de phénomènes accessoires. : ‘
Schirmer rapporte deux observations d’emploi de la pituitrine avec succès, Dans l’une le résullat fut, dit-il, étonnant. Il s’agissait d’une femme épuisée chez qui fut faite une injection de 1 centimètre cube de pituitrine alors que le col n’admettait encore que deux doigts. Une minute après l'injection se produisirent des contractions qui devinrent de plus en plus fortes et amenèrent l'accouchement spontané au bout de trois heures.
Voll relate de même 3 observations dans lesquelles la pituitrine eut un effet brillant. Dans les deux premières, l’injection fut faite à la période d’expulsion ; dans la troisième, une première injection faite, la dilatation étant d’une paume de main, compléta la dilatation en une heure, et une seconde amena en quinze minutes l'expulsion de l'enfant. Dans les trois cas, la délivrance se fit rapidement et sans grande perte de sang.
A la séance du 11 novembre 1911 de la Société: d'Obstétrique et de Gynécologie de Franconie, à Erlangen, Haeberle rapporte 30 cas d’emploi de la pituitrine avec succès à la clinique de Wurtzbourg. Seitz fait remarquer que l’action du médicament ne dure que de une heure à une heure et demie, et
conseille par suite l'emploi des petites doses répétées, qui ont, en outre, l’avantage de ne pas déterminer de contractions trop violentes, ce qui pourrait être nuisible à l'enfant.
Zinsser fait le rapport suivant à la séance du 7 décembre 1911 de la Société des médecins de la Charité de Berlin. L’extrait hypophysaire semble être l'agent ocytocique recherché depuis longtemps. L'importance de ce nouveau médicament n’est pas à dédaigner, car il permettra de diminuer le nombre des interventions et épargnera à la malade bien des souffrances. Jusqu'ici on employait la sekakornine, la quinine et l’adrénaline. Mais ce qu'il faut, c’est un tonique de l’utérus amenant des contractions conformes au type des contractions normales, c'est-àdire des contractions énergiques avec périodes de repos compiet, avec caractère rythmique. La sekakornine produit des contractions très énergiques, mais ces contraclions sont prolongées, et la tétanisation utérine est chaque fois à craindre. C’est pourquoi l’ergot doit être exclusivement réservé à la période post-partum où il rend de grands services, et c’est une faute de l’employer avant l'expulsion de l'enfant. L'emploi de la quinine à doses répétées de o gr. 50 ne présente pas de danger, mais son action est faible et irrégulière, et généralement le résultat est nul. C’est plutôt un moyen de consolation pour la patiente.
L'adrénaline ne doit pas être employée pendant l'accouchement à cause des contractions violentes
Ce
qu’elle provoque et de son passage rapide dans l'organisme. Son emploi doit également être exclusivement réservé à la période post-partum.
Ces derniers temps, l'extrait d’hypophyse, sous forme de pituitrine ou de pituglandol, a été conseillé comme moyen de provoquer au cours de l’accouchement des douleurs conformes au type des contractions physiologiques. C’est Hofbauer qui, se basant sur les expériences de Dale et de Frankl-Hochwart chez le lapin, l'a recommandé le premier dans la pratique de l’accouchement. Quantité d'observations recueillies dans différentes cliniques ont été publiées et en ont signalé les bons effets. |
Personnellement, nous l’avons employé quatorze fois dans notre clinique à la période d'expulsion. L'injection faite fut de 1 centimètre cube de pituitrine : dans quelques cas, une seconde injection de o cmc. 5 fut nécessaire. L'effet n’est pas durable et s’arrête après une demi-heure ou une heure. Jamais nous n'avons observé de tétanisation utérine. Nos succès furent moins décisifs à la période de dilatation et plusieurs fois l'emploi du forceps fut nécessaire. Cela tient peut-être à la crainte que nous avons eu de renouveler l’injection,bien que plusieurs auteurs aient employé jusqu’à 8 injections de 1 centimèire cube. |
Reste à savoir si ce nouveau médicament agit aussi bien sur l'utérus gravide que sur l'utérus eu douleur, c’est-à-dire s’il est capable d’interrompre la grossesse, ce point ayant une importance sociale
énorme.Jusqu'ici on a constaté que dans les premiers mois de la grossesse, l’utérus demeure réfractaire. Nous n’avons pu nous-même provoquer l’avortement par injection de pituitrine dans un cas de grossesse au troisième mois et dans un autre de grossesse au sixième mois.
Hofbauer rapporte qu’à la fin du terme de la grossesse, alors que l'utérus est très sensible à toutes sortes d’excitations, il a pu provoquer l'accouchement à l’aide de 3 injections. Nous-même l'avons essayé dans 5 cas de grossesse à terme ; 3 injections furent faites chaque fois, mais sans aucun succès.On peut donc conclure que l'extrait hypophysaire agit sur l’utérus au cours de l’accouchement, mais n’a aucune aclion sur l’utérus gravide au repos.
Nous espérons,messieurs, pouvoir vous démontrer le prompt effet du médicament par l'observation présente.
Et, séance tenante, Zinsser fait une injection de 1 centimètre cube de pituitrine chez une primipare dont le col est effacé, l’orifice dilaté comme 50 centimes, les membranes non rompues et qui n’a qu’une faible contraction tousles quartsd'heure.Cinq minutes après l'injection, de violentes contractions se produisent, et l'accouchement s'effectue spontanément
une heure dix après.
A la séance du 9 janvier 1912 de la Société d'Obstétrique de Hambourg, furent communiquées les
observations suivantes concernant l'emploi de l'extrait d'hypophyse en accouchement.
Schneider-Sievers n’ose pas encore affirmer l’efficacité constante du médicament ni son innocuité absolue. Dans un cas, il se produisit des bourdonnements d'oreille accompagnés d’une sensation d'angoisse et d’oppression,symptômes rappelant une crise d'éciampsie au début et qui furent d’ailleurs très passagers.Les battements du cœur fœtal peuvent descendre jusqu’à 80 etmêmeGoet monter jusqu’à 176. Jamais il n’a été constaté d’hémorragie post-partum. L'auteur n’a pas été entièrement satisfait de l'effet produit, les contractions se produisant la plupart du temps promptement,mais étant parfois tempétueuses, et disparaissant vite si bien qu’une deuxième injecpeut être nécessaire. L'examen de l'urine et de la pression artérielle de la mère est important. Schneider relate alors le cas suivant:
OBSERVATION XX \ (Obs. I de Schneider-Sievers.)
J-pare, trente-huit ans.
Bassin normal. Myocardite mal compensée ; œdème surtout de la partie inférieure du corps. Urines normales.
Présentation du siège.
Rupture prématurée des membranes. Une demi-heure plus tard apparaissent de très faibles douleurs. Mise en place d’un ballon. Injection de o cmc. o2 de pantopon. L’orifice est largement ouvert. Les douleurs ont complète-
ment cessé.
Injection de o cmc. 6 de pituitrine. Immédiatement se produisent de très fortes douleurs qui ne durent qu’une -demi-heure.
Deux heures après, injection de o eme. 4 de pituitrine.
Trente-six heures après le début des douleurs, accouche- --ment spontané d’un enfant légèrement asphyxié.
Trois heures de sommeil. Puis à une demi-heure d'intervalle se produisent deux crises d’éclampsie typiques. La
malade, transportée à la maternité d’Ependorf, guérit.
OBSERVATION XXI (Obs. II de Schneïder-Sievers.)
l-pare, vingt et un ans.
18 juin. — Rupture prématurée des membranes.
19 juin, 7 h. 30. — Apparition des premières douleurs.
10 heures. — Tête mobile. Col long de 3 centimètres. Mise en place d’un ballon. Injection de o cmce. or de morphine.
Cinq heures après, les contractions étant faibles, injection de o cmc. 6 de pituitrine.
De fortes contractions se produisent mais en même temps les battements du cœur fœtal varient de 76 à 176, pour ensuite revenir peu à peu à un chiffre normal. On n'ose pas, par suite, faire une deuxième injection.
16 heures. — Trois fois, en trois heures, on donne o gr. 50 de quinine per os.
Le succès est meilleur.
20 juin, 3 heures. — Accouchement spontané d’une fille
normale.