‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 36 sur 65 · I-pare, vingt-huit ans · texte numérisé non relu

I-pare, vingt-huit ans

Affection cardiaque secondaire à une crise de rhumatisme articulaire aigu. Bassin un peu étroit.

7 octobre, 21 h. 15.— Rupture de la poche des eaux.

8 octobre, 6 heures. — Premières douleurs.

Malgré la mise en place d’un ballon, les contractions cessent complètement.

9 octobre. — Malgré sulfate de quinine, les contractions restent faibles.

10 octobre. — Les contractions qui étaient devenues un peu plus fortes s'arrêtent à nouveau.

Injection de o cmc. 6 de pituitrine, à la suite de laquelle se produit,une minute après, une contraction longue et forte à laquelle succèdent, toutes les trois à huit minutes, pendant une heure, d’autres contractions dont la force va toujours en diminuant jusqu’à ce qu'elles cessent complètement.

11 octobre, heures -— Injection de o cmc,8 de pituitrine. Insuccès complet.

15 heures. — Nouvelle injection de o eme. 4.

Les battements du cœur fœtal sont très ralentis. La patiente se plaint de bourdonnements d'oreilles, de palpita-

tions, de vertige, d’oppression.

Application de forceps.

Immédiatement,collapsus très grave avec arrêt complet du

= #99" pouls et de la respiration qui ne reviennent que peu à peu et très lentement.

Suites de couches normales.

Malgré ces observations, l'auteur emploiera encore la pituitrine, mais seulement à la période d’expulsion; et il recommande de surveiller attentivement les battements du cœur fœtal, et d’exeminer avant l'injection le cœur et les reins de la mère.

Spaeth a employé le vaporole dans sept cas:

6 sommets et 1 siège, chaque fois, après quelques minutes, apparurent des contractions très énergiques séparées par des intervalles de repos très courts, et qui amenèrent l’accouchement très rapidement dans 6 cas. Une seule exception chez une primipare où il fallut faire une application de forceps. L’exirait a été employé quatre fois à la période de dilatationet trois fois à la période d'expulsion: la durée de la période de dilatation fut diminuée de beaucoup, l'expulsion énormément accélérée.

Un cas typique chez une multipare de quarantetrois ans, n’ayant pas eu d'enfant depuis seize ans. Le travail a débuté trois jours avant et les membranes se sont rompues tout au début. Malgré tous les moyens y compris la mise en place d’un ballon, le col rigide ne s’efface pas. Le soir du troisième jour, on constate que le col est long de 4 cenlimètres et perméable à peine à undoigt. La tête est mobile au-dessus du détroit supérieur. Une injection

-de o gr. 2 de vaporoleest faite, et deux heures après l'accouchement est terminé.

Dans quelques cas,un ralentissement des bruits du cœur fœtal peut-être observé, mais non pas un affaiblissement. Et l’auteur ne saurait dire si ce phénomène est dû à l’action du médicament ou à l'intensité des contractions. Toutefois les enfants naissent tous bien vivants, sauf dans un seul cas où l'enfant mort-né présentait plusieurs circulaires du cordon. De faibles inerties ont été constatées après la délivrance ; la sekakornine y remédie facilement.

D’après les diverses publications à ce sujet et ses observations personnelles, l’auteur pense que l'extrait pituitaire constitue l’agent ocytocique si nécessaire -et si désiré ; et il pense que les expériences futures viendront confirmer celles qui ont précédé. Naturellement, ce médicament ne constitue pas une panacée et ne solutionne pas toutes les difficultés de l’accouchement. Et, d'autre part, des insuccès sont possibles. À

Calmann a employé le vaporole dans Ô cas et quaire fois a pu suivre l’action du médicament jusqu’à la terminaison de l’accouchement. Dans l’un de ces cas, la mère eut de forts bourdonnements d'oreilles, vingt-quatre heures après l'accouchement.

Dans un autre cas (que nous citons après) il se produisit un ralentissement des bruits du cœur fœtal, mais ce ralentissement était déjà commencé avant l’injection de l’extrait pituitaire.

— JL —

OBSERVATION XXIII (Obs. IV de Calmann.)

Il-pare. Bassin étroit.

Au premier accouchement, Calmann avait dû faire une application de forceps après soixante-huit heures de travail.

Cette fois il s’agit d’une présentation du siège. Vingt heures après le début du travail, la dilatation est de 5 marks; cinq heures après, le siège est engagé. Pas de changement. Les battements du cœur fœtal sont très lents.

Injection de vaporole.Une heure après le siège apparaît à la vulve.

Les battements du cœur fœtal sont très lents. L'enfant naît

profondément asphyxié.

L'auteur rappelle l'effet prompt du médicament, mais il ne l’emploiera plus qu'à la période d’expulsion, à cause de son retentissement sur les battements du cœur fœtal.

Calmann,a en outre,emplovyé l’extrait d'hypophyse dans deux cas de ménorragies, mais sans résultat.

Rüder a employé le pituglandol. Son impression est que lefficacité est d’autant plus grande que l'accouchement est plus avancé.

Il n’a pas constaté d’hémorragie post-partum, et est d’avis que le pituglandol ne convient pas pour

combattre ces hémorragies.

Tôpfer a employé trois fois la pituitrine à la

période de dilatation sans grand succès. Dans un cas, il fallut faire une application de forceps et la mère eut un peu d’oppression, de cyanose, avec rapidité du pouls. Dans un autre cas de grossesse gémellaire avec hydramnios, la femme eut une crise éclamptique avant l'accouchement ; l'urine recueillie alors se prenait en masse. Il fallut une application de forceps pour extraire le premier enfant, et le second était mort-né.

A la suite des observations qui viennent d’être relatées, M. Matthæi qui n’a pas encore employé l'extrait d’hypophyse ne le fera pas de sitôt. Les crises d’éclampsie le font réfléchir, de même que les inerties post-partum assez nombreuses et qui lui sembient explicables : après les contractions énergiques qui se produisent, il est naturel d'observer un affaiblissement de la tonicité utérine.

M. Lomer, qui n’a pas encore non plus employé l'extrait pituitaire, estime cependant que c’est là une conquête importante de la thérapeutique. Il a été frappé de ce que l'effet se produise au bout de quelques minutes. En ce qui concerne les crises d’éclampsie, il n’ose pas les attribuer comme M.Matthæï à l'emploi du nouveau médicament, parce que, d’une part, les femmes auraient très bien pu être disposées à l’éclampsie sans que l’extrait d'hypophyse y soit pour rien, et que,d’autre part,il lui semble étonnant que les reins aient pu être altérés si rapidement.

Le professeur Schickele, de Strasbourg, étudie l’action de l'extrait hypophysaire dans une revue

critique des progrès les plus importants faits dans lé domaine de l’obstétrique et de la gynécologie en rg11. Et, après avoir considéré les résultats des premiers expérimentateurs, le mode d'emploi et les indications du nouveau médicament, il conelut : « Il est impossible de nier l'efficacité de l’action de l'extrait d’hypophyse sur la musculature utérine. Nous verrons dans un an si ce produit a tenu ce qu'il a promis. »

Richter a employé l'extrait piluitaire dans 52 cas se réparlissant ainsi : 7 cas d’avortement et 3 cas de placenta prævia déjà vus ; 26 cas à la période de dilatation, 16 cas à la période d’expulsion.

Les observations à la période de dilatation concernent 18 primipares et 8 multipares. Chez les primipares, l'injection fut faite deux fois au début de la dilatation, seize fois alors que la dilatation était à peinè de 5 francs. Dans 14 cas une seule injection suffit, une seule fois il fallut faire trois injections. L'effet se produisit au bout de cinq à dix minutes, les contractions étant fortes et revenant à intervalles réguliers. Une seule fois il se produisisit une contraction tétanique qui dura dix minutes ; après quoi, les contractions reprirent leur caractère rythmique. Les battements du cœur fœtal qui s'étaient d’abord ralentis, revinrent bientôt au chiffre normal. L'injection eut un résultat particulièrement heureux dans un cas de procidence du bras avec contractions faibles: les douleurs devinrent fortes, le sommet s'engagea, et l'accouchement se fit spontanément. La durée de l'accouchement après l'injection varia,

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selon la puissance des contractions et l’état des parties molles, de deux à six heures. Dans les 2 cas où l'injection fut faite au début de la dilatation, l’accouchement dura seize heures ; les contractions s’affaiblirent au bout de deux heures mais ne cessèrent pas, ce qui rendit inutile une deuxième injectiou. Dans 4 cas, il fallut faire une application de forceps : trois fois à cause de l’affaiblissement des battements du cœur fœtal ; une autre fois pour vaincre la résistance du périnée, l’extrait ayant au préalable achevé la dilatation.

Chez les multipares, six fois l'injection fut faite à la fin de la période de dilatation ; l'effet se produisit au bout de cinq à dix minutes, et l’accouchement se fit spontanément trois heures après. Dans tous ces cas, une seule injection suffit ; dans un autre cas de grossesse pas tout à fait à terme, et où la, première injection fut faite au début de la période de dilatation pour accélérer l’accouchement à cause dela fièvre, il fut nécessaire de faire une deuxième injection. Une autre fois, malgré 3 injections, le résultat fut négatif. Ce fut le seul insuccès sur les 26 cas; les 4 cas où le forceps dut être employé ne doivent pas être considérés comme des insuccès puisque de fortes contractions suivirent toujours l'injection.

Les 16 cas de la période d'expulsion concernent 9 primipares et 7 multipares. Une seule fois chez les. primipares il fallut faire une deuxième injection et l'accouchement s’effectua spontanément trois quarts d'heure après. Dans deux autres cas, il fallut faire

une application de forceps. Chez les multipares, l’accouchement s’effectua toujours dans la demi-heure qui suivit l'injection, sauf dans un cas où on fit une version, une procidence du cordon s'étant produite lors de la rupture de la poche des eaux.

Tous les enfants sont nés bien vivants, sauf dans un Cas où l'enfant asphyxié ne put être rappelé à la vie. Mais Richter ne croit pas qu'il faille ici incriminer la pituitrine,les battements du cœur fœtal n’ayant pas été modifiés après l'injection. Jamais il n’a observé de troubles dans la période post-partum ni dans les suites de couches. Il recommande de faire spécialement attention quand les battements du cœur fœtal sont déjà ralentis, et conclut de ses observations que l'extrait piluitaire est un excellent agent ocytocique.

Anderes, de Zurich, a employé l'extrait d’hypophyse (pituitrine et pituglandol) dans 50 cas, soit à la période de dilatation, soit à la période d’expulsion. L’eifel se produisit généralement cinq à dix minutes après l’injection sous forme d’une véritable tempête de contractions qui s’apaisa bientôt pour faire place à des contractions fortes,régulières,avec des intervalles de repos de trois à cinq minutes. Jamais il n’y eut de tétanisation utérine, mais dans un casil se produisit une contraction qui duratrois minutes.Les battements du cœur fœtal furent généralement ralentis sans que dans aucundes cas l’enfantait présenté de symptômes d’asphyxie. Jamais il n’y eut d’insuccès complet ; par conire, il arriva que, l'effet élant épuisé au bout

d’une heure où deux, il fallut répéter l'injection. La condition capitale pour obtenir de bons résultats, dit l’auteur, est que les contractions soient déjà présentes, et le meilleur résultat est obtenu quand l'injection est faite à la fin de la période dedilatation ou à la période d'expulsion. Anderes a eu autant d’insuccès que de succès dans l’avortement et les ménorragies, et préfère la sekakornine dans la période posi-partum. Il signale l’emploi de l'extrait pituitaire dans le placenta prævia en cas d’hémorragie, et son association avec la pose d’un ballon quand il s’agit de provoquer l'accouchement en cas de fièvre ou d’albuminurie. Il termine en recommandant l’extrait d’hypophyse qui n’a pas d’inconvénient et a sur la quinine deux avantages: 1° son action est plus sûre ; 2° il n’a pas d’action sur Ja température. D'autre part, il semble appelé à remplacer le forceps dans nombre de cas; par exemple, lorsqu'il est nécessaire de terminer rapidement l’accouchement et que le temps manque pour prendre les précautions d’asepsie obligatoire.

Fellenberg rapporte 5 observations. Dans 4 cas, il obtint un succès éclatant ; dans 3 de ces cas, entre autres, l'accouchement se serait certainement terminé par une application de forceps. Dans un cinquième cas,2 injections de 1 cmc. 2 et de o cemc.b de pituitrine ne déterminèrent que des contractions insuffisantes pour amener l’expulsion, et on dut employer le forceps pour terminer l’accouchement. La délivrance se fit spontanément et fut suivie d’une hémorragie

arrêtée par la sekakornine. L'auteur estime que dans ce cas l’effet médiocre de la pituitrine fut peutêtre dû à la position anormale de l'utérus accolé à la paroi postérieure et dont la face antérieure étaitrecouverte par la masse intestinale. Il pense que l'extrait

“pituitaire a également un heureux effet comme toni-

cardiaque quand la malade se sent épuisée et voit dans ce nouveau produit, qui n’a aucune nocivité aux doses faibles employées, un médicament qui a sa place dans la trousse d'urgence de l’accoucheur.

L'article suivant étant le seul article anglais que nous ayons pu trouver sur le sujet qui nous occupe, nous avons tenu à le publier intégralement.

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