‹ Étude sur l'hématocèle vaginaleChapitre 7 sur 22 · ENS · texte numérisé non relu

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d’amincir plus ou moins en quelques points la vaginale épaissie, et, d'autre part, l’ablation de ces fausses membranes vasculaires compromet la vitalité de ces tissus hypertrophiés et de nouvelle formation, de telle sorte qu'une intervention de ce genre ne saurait être mieux comparée qu'au grattage, au curage d’une cavité osseuse après l'extraction d’un séquestre alors qu'on enlève des vaisseaux, des éléments médullaires qui, par leur vascularité, entretiennent la vitalité de la paroi osseuse et sont appelés à jouer un rôle dans la réparation.

Nous n’avons pas encore parlé du liquide qui forme l’épanchement ; ce n’est pas toujours du sang pur que contient la poche. « Ce sang offre, en général, une « partie liquide et une partie molle, de la consistance « d’une bouillie, de couleur chocolat ou lie de vin, et « enfin des caillots assez semblables à ceux qui se « rencontrent dans les poches anévrysmales. L’étude « microscopique de ce contenu prouve qu’il est com- « posé de granulations moléculaires, d’hématosine et « parfois aussi de cristaux de cholestérine. » (1)

On y rencontre aussi des cellules endothéliales tuméfiées et des granulations graisseuses.

Que dirons-nous du testicule ? La plupart du temps il est sain, quelquefois aussi il est anémié et même atrophié.

Que la compression exercée par le liquide soit sufiisante pour produire l’anémie testiculaire et, dans la suite, l’atrophie de la glande, ou que cette atrophie

(1) Lancereaux. — Anat., Path. t. IL., p.359.

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soit produite par l'insuffisance d'irrigation, par déviation du sang vers la néo-membrane, nous ne pouvons trancher la question ; disons seulement que, dans certains cas, les moins nombreux, le fait est patent.

Quelquefois, on ne trouve plus de spermatozoïdes ; malgré cela, la glande ne serait pas perdue pour la procréation, d’après l’opinion de M. le professeur Gosselin, car les spermatozoïdes peuvent revenir après avoir disparu pendant quelque temps.

Nous avons dit qué nous prendrions comme point de départ l’hydrocèle simple, que nous avons décrite en commençant ce chapitre, et que nous chercherions à marquer les étapes qui peuvent, de là, aboutir à l'hématocèle telle que nous venons de la décrire.

L’hydrocèle procède généralement d’une inflammation chronique et, comme toutes les séreuses, soit par poussées successives, soit par persistance longue de l’inflammation, le tissu cellulaire sous-séreux va devenir le siège d’une prolifération active; de là, épaississement plus ou moins considérable de la vaginale, pouvant varier entre 1/2 millimètre et, d’après le professeur Gosselin, 1 centimètre 1/2.

Nous avons dit aussi que le liquide contenait de la fibrine tantôt déposée en mince réticulum sur la séreuse, tantôt en masse plus considérable. La réunion de ces deux conditions présente plus d’une analogie avec ce quise passe dans un vaisseau où s’est formé un caillot, et nous allons assister à la pénétration et à la résorption des couches profondes de la fibrine déposée par les bourgeons embryonnaires venus de la

séreuse.

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Dans cette couche néo-membraneuse, les jeunes vaisseaux à l’état embryonnaire se rompront sous l’influence du moindre traumatisme; du sang sera versé dans la cavité et s’y comportera différemment.

S'il est versé en petite quantité dans un liquide d’hydrocèle déjà abondant, il teindra le liquide d’une couleur plus ou moins foncée, mais pourra rester à l’état de dissolution sans déterminer, du côté de la poche, de réaction inflammatoire capable de la modifier. C’est ce qui se présente dans les cas que nous appelons : hydrohématocèles, et nous voyons, en effet, que l’épanchement une fois évacué, il peut arriver que les fausses membranes, toujours peu volumineuses, ne versent plus de liquide sanglant et que l’on soit revenu à une hydrocèle simple.

Si le sang est versé en quantité considérable et qu'il ne puisse pas se trouver comme à l’état de dissolution dans l’épanchement préexistant, ou bien encore, si le sang s’épanche d’une façon interstitielle dans l’épaisseur de fausses membranes précédentes, 1l s’y comportera comme dans les épanchements sanguins; il formera des dépôts fibrineux, stratifiés passant par tous les stades de désintégration de la fibrine et réagissant sur la séreuse en y provoquant une prolifération néo-membraneuse, dont le résultat final est l’hématocèle.

Il peut se faire aussi que, pendant une longue évolution, la séreuse continue à s’épaissir, passe à cet état presque cartilagineux que l’on a décrit, qu’elle perde toute élasticité, et que, cependant, il ne se soit jamais produit d’épanchement sanguin à l’intérieur. Ces cas

tr sont de ceux où l’hydrocèle récidive fatalement par les moyens simples employés pour la combattre. Nous verrons dans le chapitre suivant dans quel ne nous proposons de les classer.

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